Version imprimable l'Un est l'Autre

ou alors c'est exactement le contraire

"Ineffable lever du premier rayon d'or,

du jour éclairant tout sans rien savoir encor!"
Victor Hugo, La Légende des siècles.



La France se pose des question:s
y aura-t'il des métros, des bus, des trains? Du gaz à tous les étages, de l'eau dans les lavabos, de l'électricité pour recharger son Ipod?
Le monde en bref continuera t'il de tourner?
Malgré les menaces d'arrêt de travail censées faire barrage aux menaces contre le début du travail?


Pouvoir jeter un regard nouveau sur la vitrine du monde

Le sujet du jour serait qu'on ne veut pas commencer à travailler si le travail en question n'est pas éternel (sachant que l'eternité a une fin: c'est la retraite).

Sans négliger les injustices, comment ne pas regretter que devant la mondialisation la jeunesse française -pas si défavorisée à l'échelle globale- manifeste tant de réflexes de petits vieux?
S'il est vrai que sa situation est souvent plus dure que celle des générations précédentes, il est aussi vrai que la pyramide des âges jouera en faveur des moins de trente ans d'ici très peu.
Et alors que la société humaine change, que les besoins évoluent pourquoi, si l'on ne trouve pas de travail qui nous plaise ne pas en inventer, comme ça se fait à peu près partout dans le reste du monde?

Pourtant la majorité envisage d'être employée, salariée, casée, mise en pilotage automatique travail/vacances/augmentations/évitement de plan social/retraite plutôt que de se lancer dans ce qui devrait être la meilleure valeur ajoutée à l'avenir de la jeunesse: la création d'entreprise, actuellement la plus grosse galère française, qu'un peu moins de peurs et de règlements devrait changer en ambition satisfaisante et réalisable.

Ne devrait-elle pas se concentrer sur tout plutot que perdre sa vie en s'installant dans une dépendance économique envers l'Etat, n'utiliser son énergie qu'à mettre les freins, des batons dans les roues de ce qui marche ou faire de l'anti-tout dans lequel s'amalgameront très vite amertumes et pathétiques jalousies?

L'avenir ne pousse pas tout seul

Malgré les beaux discours, ici comme ailleurs chaque strate sociale se protège de celles qui sont juste en-dessous.
Cela ne se limite pas aux riches: longtemps les syndicats ont refusé de considérer les chomeurs; longtemps les employés on refusé de considérer les intérimaires, longtemps les précaires ont refusé leurs droits aux immigrés.

leblase est un faux? Mais le monde social, politique, évènementiel à l'échelle nationale est encore plus faux.
La Nation, le pays, l'Etat sont des notions et réalités fausses, dépassées et dangereuses.
L'être humain n'a pas à être réduit à l'état de citoyenneté, de couche sociale, d'élément d'une foule (fut-elle électrice), d'une masse, d'un agrégat.

L'être humain est Un.


Il n'est pas vous, il n'est pas moi, il est chacun.
Celà n'est pas confiné au virtuel, mais est relié à l'humanité réelle de chacun de nous ou avec la promesse contenue dans le regard, le coeur et la sensibilité de chacun de nous .
De quoi demain s'agira t'il alors?
Faut-il vraiment que l'avenir dépende sans cesse d'un présent trop collé aux illusions passées?
Le passé est-il soluble dans la réflexion détachée?
Le présent n'est-il pas la seule constance, aussi vraie que paradoxale: toujours éphémère et permanent?)

Commentaires

Ah ben puisque c'est comme ça...

Cher ami, camarade, Monsieur le Président, Monsieur le Ministre,

Si j'avais su que vous pondriez un tel article, c'est ici même que j'en aurais mis une couche.
A défaut, je renvoie vers le lien:

Bien cordialement,

Archi 1er, Prince déchu

 

Archignac | Le 20/03/2006 à 17:08 | [^] | Répondre

Re: Ah ben puisque c'est comme ça...

Archidécalégnac,
je propose que tu postes à nouveau ton commentaire, et que tu le fasses sur ce billet.
Celà permettra à ceux qui le veulent (dont ma pomme!) de t'y répondre.

 

leblase | Le 20/03/2006 à 18:22 | [^] | Répondre

Archi bégaie

Leméthodeblase, merci pour ta suggestion mais ton billet appelle d'autres réactions que quelques lignes sur le CPE, simple goutte dans l'océan d'interrogations que tu déverses... Je le reposte quand même.


Le CPE s'invite chez Leblase, c'est bien le seul endroit où on pouvait y échapper, par la classe de Laseine et la grâce d'Elle...

Que ce sujet intéresse bien plus de monde que la traîte des femmes, à laquelle Laseine faisait justement allusion plus haut, n'a rien d'étonnant. On touche au quotidien des gens et chacun regardera d'abord ce qu'il y a dans son assiette avant de regarder ce qu'il y a dans celle du voisin, encore qu'il finira toujours par regarder dans cette dernière pour lui en piquer le contenu.

Déposés là ces quelques mots qui en disent long sur la vigueur de mes dernières illusions sur l'homme et sa grande générosité ;)) (Leblase, c'était pour la réflexion sur la nation), quid de cette affaire villepinesque...?

Plus de souplesse dans le droit du travail, pourquoi pas... Notre économie est administrée, notre marché du travail est administré, par exemple, le corps d'inspection du travail est porteur d'une idéologie qui lui est propre, cette existence politique de corps entiers de l'administration est d'ailleurs une des caractéristiques du fonctionnement de notre belle bureaucratie et soit dit en passant, un dysfonctionnement important de notre belle démocratie.

Le CPE arrive toutefois dans un contexte particulier: une absence de cap gouvernemental depuis 2002, un gouvernement qui ne concerte pas tout en disant qu'il concerte mais c'est normal, Villepin a cru qu'il pourrait ainsi s'assurer un ticket pour les présidentielles, ce qui en dit long sur son absence totale (il n'est pas le seul) de prise avec le terrain. Une jeunesse qui se sent complètement oubliée, voire sacrifiée, à juste titre et il n'y a qu'à se reporter au nombre hallucinant de postes supprimés dans l'Education nationale, sans tenir le moindre compte d'aspects qualitatifs... Une université, étranglée par un manque criant de moyens budgétaires, incapable d'assumer sa vocation démocratique, tandis que les écoles permettent à quelques uns de viser les meilleurs postes à la sortie du cursus d'études ... Etc.. etc...

Bref, la jeunesse de ce pays flippe et elle flippe d'autant plus qu'on ne lui donne pas espoir. On lui dit: ça va être de pire en pire, mieux vaut accepter la précarité de l'emploi plutôt que de ne rien avoir du tout. Et à ça, elle dit non.

Est-ce une minorité? Je ne le pense pas. Que des organisations syndicales, des groupuscules anarchistes, des partis de gauche, tirent les manettes, c'est vrai. Mais sans une envie massive de dire non, le mouvement ferait "pshiiitttt". Je causerais bien des petit bourgeois qui ont acheté une idéologie clé en main et qui prétendent depuis le 6e arrondissement de Paris causer de la précarité au nom de tous mais là j'ai pas envie.

Parlons de la jeunesse dans son ensemble, celle qui veut devenir fonctionnaire, tellement ce pays est incapable de lui donner l'envie et les moyens de prendre des risques.

Quant au CPE, je suis contre. Pourquoi? D'abord, parce que le service public de l'emploi ne peut pas l'assumer, il n'en a pas les moyens aujourd'hui. Aucune agence ANPE ne peut assurer réellement un suivi individualisé dès avant le licenciement et jusqu'à la réembauche. Il y a par ailleurs bien d'autres obstacles, par exemple l'absence de passerelles réelles entre branches d'activité, la primauté du diplôme sur la compétence, etc... Bref, on est loin de la "flexisécurité" à la danoise.

 

Archignac | Le 20/03/2006 à 18:42 | [^] | Répondre

Re: Archi bégaie

Archipasdu6èmearrondissementgnac,
C'est vrai, mon billet ne se réfère pas au CPE.
Mais les manifestations actuelles, si elles s'en réfèrent, ne font que l'utiliser comme prétexte.
Je veux parler d'une chose plus large qu'un simple texte de loi, qu'une simple disposition pour faciliter la création d'emplois.
Je veux parler d'une disposition à vivre.
D'une disponibilité à vivre sa propre vie, qui semble s'éteindre petit à petit mais de plus en plus vite
          
    dans une Europe oublieuse de son passé
                 glorieux mais meurtrier
,
une Union européenne qui se délite dans les égoïsmes suicidaires et myopes.

Archidéfenseurdesjeunesgnac, ton texte évoque les jeunes qui veulent devenir fonctionnaires," tellement ce pays est incapable de lui donner l'envie et les moyens de prendre des risques."
Mais ce n'est pas seulement au pays à leur donner l'envie du risque, c'est à eux à cultiver et chérir leur désir d'aventure.
Ceux d'entre eux qui veulent rentrer dans le service public parce qu'ils croient au besoin d'établir et défendre les cadres d'une justice et d'une égalité indispensables ont fait leur choix en êtres libres et responsables; ceux qui cherchent une planque de fonctionnaire comme un pis-aller sont des vaincus, succubes timides de leurs frilosités existencielles.
Les affres villepinesques sont des épiphénomènes mesquins au regard de l'Histoire: autant de classe que Bush ou Berluecetteconnerie, autant de stature que X, Y ou Z.
Je crois qu'un peuple ne se jauge pas, contrairement à ce qu'on dit, à ses dirigeants, mais dans son aptitude à s'en passer.
Tu as lu ma réponse à Fulca dans le billet précédent: tu sais donc ce que je pense de cette pénible étroitesse de vue et d'esprit qui frappe tant de jeunes gens si ardents à devenir aussi repoussants que les 68ards sont devenus.
C'est au-delà qu'il faut aller. au delà de ce qui est écrit, car ceux qui écrivent et légifèrent sont déjà grands mais toujours trop petits.

 

leblase | Le 21/03/2006 à 00:35 | [^] | Répondre

C'est quoi un jeune?

Leblaventurecélaventure,

"Mais ce n'est pas seulement au pays à leur donner l'envie du risque, c'est à eux à cultiver et chérir leur désir d'aventure."

Que te dire... Que certains bénéficient d'un capital naissance favorable, que d'autres, les mêmes souvent, connaissent l'immense privilège de voyager et de s'ouvrir au monde, qu'on leur a inoculé à un moment de leur jeunesse (conception, enfance, adolescence, inné, acquis) des trucs qui s'appellent la curiosité et l'envie de repousser par eux-mêmes les frontières de leur univers familier, par la-même la capacité à sortir des sentiers battus et à mettre en question ce que le commun des mortels considère comme certain...

Il n'en demeure pas moins que nous ne sommes pas égaux, que l'environnement joue un rôle prépondérant dans la trajectoire que l'on emprunte, que lorsque l'on naît dans une famille d'entrepreneurs, on pense à créer une entreprise, quand on naît dans une famille d'ouvriers au chômage depuis deux générations, on pense d'abord à trouver un emploi le plus stable qui soit. Ca s'appelle l'angoisse sociale et c'est on ne peut plus compréhensible.

Bien sûr, on peut relativiser par rapport au reste du monde. Lorsque l'on est comme toi, semble-t-il, un voyageur, l'Ethiopie, tu en parlais, on crève de faim... Dans n'importe quel pays d'Afrique pour ne parler que de ce continent, des gens qui se démerdent, faisant preuve d'une imagination étonnante pour créer les ressources suffisantes à leur propre vie / survie... Peut-on comparer de telles situations, dans des conditions de survie, dans un environnement peu normé à celles que l'on connait dans les pays dits riches? Principe de relativité. Quelle solutions pour des jeunes d'une même famille française dont les parents sont rmistes? Est-ce si rare ici penses-tu? Pour les Parisiens, quelques kilomètres suffiront en banlieue pour rencontrer le quart monde...

La jeunesse dont je parlais n'est pas celle, dorée, qui milite dans des groupuscules anarchistes ou à l'UNEF, pour faire comme les parents en 68, comme un loisir palliatif à leur ennui, à la recherche de sensations fortes. Ceux-là sont une minorité de priviligiés, qui feront peut-être de la politique, après avoir fait leurs premières armes dans le syndicalisme étudiant. C'est un autre sujet. Quelques arbres derrière lesquels se cache l'immense forêt de ceux qui ont au mieux le spleen, au pire la haine.

 

Archignac | Le 21/03/2006 à 10:23 | [^] | Répondre

Re: C'est quoi un jeune?

Archiarboristegnac,

Que te répondre...
Je sais ta conscience politique, ton bon coeur et ton souci de justice sociale: je t'en respecte d'autant plus que j'ai lu ici et là que tu as le courage de tes opinions, chose étonnament rare dans la soi-disant blogosphère.

Bien sûr que non, l'égalité de départ n'existe pas, mais elle ne tient lieu que de départ. En cours de route se manifesteront la motivation, l'envie, l'attitude face à la peur (peur qui est notre lot commun), le sens de la responsabilité de soi, etc.
Figure-toi qu'un des pires trucs pour moi c'est d'entendre rejeter ses propres lâchetés ou défauts sur ses parents.
Parce qu'alors on n'en sort pas: aux parents de rejeter à leur tour le truc sur les grands-parents, les arrières, arrière-arrière, etc et finalement c'est encore Adam et Eve qui s'en prennent plein la tronche.
On n'est ni des insectes, ni des oiseaux (et en ce moment c'est un avantage!) à ce que je sache!
Pas question de se réfugier sans cesse derrière des caractères innés ou acquis qui ne forment qu'une infime partie de ce qui constitue un être humain.
Quant aux avantages initiaux: j'ai rencontré pas mal d'héritiers ou de gens d'immenses talents naturels qui étaient totalement démotivés par ces cadeaux de naissance, et à l'inverse beaucoup de gens surmotivés par leur défauts, inadéquations ou infirmités initiales.
Je viens moi-même d'une famille nombreuse et constate que mes frères et soeurs en sont toujours à reprocher à leurs parents de n'avoir pas été parfaits, ce qui expliquerait leurs propes faillites et justifie leur refus d'avancer.
Eh bien non, cher ArchiLouiseMichelgnac,
"Possum si volum".
Je comprends l'angoisse sociale, mais j'ai plus de sympathie pour l'angoisse existencielle, l'angoisse de l'âme.
"lorsque l'on naît dans une famille d'entrepreneurs, on pense à créer une entreprise, quand on naît dans une famille d'ouvriers au chômage depuis deux générations, on pense d'abord à trouver un emploi le plus stable qui soit" dis-tu.
C'est vrai, et c'est nul.
Qu'est-ce que c'est que ces ambitions qui consistent à faire comme papa, ou mieux que papa?
Etre soi avant d'être le produit de ses géniteurs me paraît le minimum d'ambition qu'un individu devrait fixer comme motto devant son miroir.
Tu reprends l'exemple de l'Ethiopie, aussi me permettras-tu cette observation: dans un camp de réfugiés, dans une colonne de fuyards, il y a ceux qui suivent et ceux qui cherchent les voies de sortie. Il y a aussi les leaders, qui ont toujours le sens du sacrifice (des autres) pour le bien de l'ensemble. C'est étonnant mais c'est comme ça, et on le remarque tout de suite.
           
Derrière l'arbre se cachent la forêt, le lac, la montagne
                 mais aussi le ravin et le désert..

Sans aller jusqu'en Ethiopie, on distingue déjà dans la foule revendicatrice des manifestants d'aujourd'hui les opportunistes qui s'érigent en porte-paroles ou pseudo-leaders et que les politiques identifient instantanément comme ceux "avec qui l'on peut s'entendre".
Et roule la pierre un nouveau tour..
Cela dit, je ne méconnais pas la frustration , la colère devant l'injustice de certains jeunes et j'en suis très heureux.
Mais ce que je préfère c'est la rage de certains, qui ne s'épanchera pas avec le retrait du CPE, lequel sera de toutes façons mis en place par un politicien plus doué que Galouzeau de Villepin.
Et cette rage, si elle ne devient pas aveugle, sera la source de la création d'artistes, d'inventeurs, d'humanistes, d'entrepreneurs, etc.

 

leblase | Le 21/03/2006 à 12:30 | [^] | Répondre

Re: Re: C'est quoi un jeune?

Bien sûr que non, l'égalité de départ n'existe pas, mais elle ne tient lieu que de départ. En cours de route se manifesteront la motivation, l'envie, l'attitude face à la peur (peur qui est notre lot commun), le sens de la responsabilité de soi, etc.

J'entends bien ton discours sur la responsabilité mais j'ai la conviction (ancrée empiriquement) que cela ne suffit pas. Il y a une étape essentielle: la prise de conscience et c'est là que l'environnement est essentiel. Un exemple parmi d'autres: un jeune mec né dans une famille telle que je l'ai décrite plus haut (chômedu etc....), spontanément, ira d'abord vers des études courtes immédiatement professionnalisante, c'est le déterminisme social, puissant moteur de reproduction des inégalités. Peut-être a-t-il le potentiel de faire des études plus longues, pourquoi pas sciences-po (si tant est que ça soit l'apanacée)?? Il ne se sera même pas posé la question...

Je comprends l'angoisse sociale, mais j'ai plus de sympathie pour l'angoisse existencielle, l'angoisse de l'âme.

Une différence essentielle entre nous Lefreudblase, moi c'est le contraire, bien que je ne parlerai pas de sympathie mais plutôt d'empathie. L'angoisse existencielle est un luxe. Mais c'est vrai que je la pense d'abord comme un regard narcissique et complaisant porté sur soi-même.

Tu reprends l'exemple de l'Ethiopie, aussi me permettras-tu cette observation: dans un camp de réfugiés, dans une colonne de fuyards, il y a ceux qui suivent et ceux qui cherchent les voies de sortie. Il y a aussi les leaders, qui ont toujours le sens du sacrifice (des autres) pour le bien de l'ensemble. C'est étonnant mais c'est comme ça, et on le remarque tout de suite.

Le leadership est un grand mystère. Peut-on l'acquérir?... En tous cas, pour quelques leaders, beaucoup de gens simplement "normaux" et on en fera pas tous des leaders.

 

Archignac | Le 21/03/2006 à 13:18 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: C'est quoi un jeune?

ArchirefusduMoignac
"L'angoisse existencielle est un luxe. Mais c'est vrai que je la pense d'abord comme un regard narcissique et complaisant porté sur soi-même."
Tu prends les bons éléments mais j'ai l'impression que tu les assembles mal: comme bien des penseurs sociaux d'Occident, tu crois que le désir de luxe est réservée aux riches (pour moi c'est vraiment une pensée de riches qui n'ont jamais vécu avec des gens persuadés d'être condamnés à la misère à vie).
figure-toi que même les pauvres préfèrent une rolls à une 404 cabossée!
Et que si l'angoisse existencielle est un luxe, elle n'est pas réservée aux riches.
Depuis quand en effet la pauvreté matérielle induirait-elle obligatoirement et automatiquement la misère spirituelle, intellectuelle, existencielle? L'étroitesse de l'être?
Pourquoi est-ce que je te sors ça?
Parce que tout commence par l'individu: les masses ne sont que des stats' aveuglantes.
Entreprendre commence par une volonté personnelle: c'est cette volonté personnelle qu'il faut favoriser, quitte à multiplier celà par millions: non seulement ça coutera moins cher que des camemberts budgétisés, mais ce sera plus efficace, car celà jouera sur la seule vraie valeur: la volonté d'une personne.
A chaque fois.
Non, ne te méprends pas mon bon: de la même manière que penser aux autres n'est pas penser à leur place, faire le constat de ce qui leur manque ne permet pas de savoir ce qu'ils désirent.

 

leblase | Le 21/03/2006 à 13:41 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: C'est quoi un jeune?

Lantipeugeot404blase,

Non je les ressens différemment mais on ne parle pas tout à fait de la même chose...

En fait, mea culpa, je n'aurais pas dû reprendre cette différenciation entre angoisse sociale et angoisse existencielle, elles sont parfaitement liées et c'est idiot de les dissocier.

Entre ça: "Depuis quand en effet la pauvreté matérielle induirait-elle obligatoirement et automatiquement la misère spirituelle, intellectuelle, existencielle? L'étroitesse de l'être?"
Et ça: "même manière que penser aux autres n'est pas penser à leur place, faire le constat de ce qui leur manque ne permet pas de savoir ce qu'ils désirent."
Tu me gâtes!
Bien sûr que je n'imagine pas qu'un "pauvre" n'a pas d'angoisse existencielle, encore moins de vie spirituelle ou intellectuelle, qu'est ce donc que ce procès d'intention???...

Elle n'est probablement pas de même nature que celle d'un "riche", qui se paie trois consultations de psy dans la semaine pour trouver enfin une réponse à une question qu'il a oubliée et qui, pour oublier qu'il a oublié la question, se drogue quotidiennement au prozac... C'est en ce sens que je parlais de luxe. J'ai souvent plus envie de mettre un coup de pied au cul, à commencer par le mien parfois, lorsque j'entends des gens qui ne manquent de rien dire: "que je suis malheureux, que je suis malheureux, que je suis malheureux...", je n'ai pas grande "sympathie" pour reprendre ton terme pour ce type d'autovictimisation permanente.

Je carricature exprès quoique... mais je comprends mal le fait que tu minimises autant l'importance du facteur social.


 

Archignac | Le 21/03/2006 à 14:36 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: C'est quoi un jeune?

Archiavocatgnac
Pas de procès d'intention particulier, mais il s'agît d'un placard définissant assez bien mon approche personnelle sur ce que l'on appelle le social.

              
Type de poster entièrement fait main, pas cher et lavable
Sachant que parler du social c'est toujours UNE personne parlant d'un groupe.
Et je ne te gâte pas: je profite au contraire de cette sensibilité que tu ne veux pas te reconnaître;)

 

leblase | Le 21/03/2006 à 18:58 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Re: C'est quoi un jeune?

Letitilleurblase,

Je ne suis pas un grand fan des approches sociologiques éthérées, ni de celles moins éthérées d'ailleurs, je n'ai jamais lu Bourdieu (clin d'oeil à Elle), je me méfie de ceux qui ne raisonnent qu'en macro... non, je ne faisais, je pense, que décrire un ressenti lui-même tiré de faits bien tangibles, du genre de ceux que l'on vit au quotidien, lorsqu'on a les mains dans le caca... Ce qui m'intéresse, ça n'est pas tant "parler du social" que d'agir. Rien tant ne me passionne que l'individu mais l'individu n'est pas seul.

 

Archignac | Le 21/03/2006 à 19:42 | [^] | Répondre

Un jeune..

Vous avez soulevé tout le problème de l'influence de l'environnement sur l'individu.

Je crois que l'entourage façonne en quelque sorte une partie de l'avenir de la personne.
être né et avoir grandi dans un certain environnement permet une certaine évolution.
Par exemple, une famille où les parents lisent souvent, poussent l'enfant, par imitation d'enfant, à faire de même.
Ce qui est au début est une habitude peut devenir  une passion. Et donner un prodige! ;)
Et les exemples sont divers pour un certain épanouissement de l'individu : lecture, sport, écriture, musique, ... toute activité en dehors du labeur quotidien

Ce même environnment, qui permet l'épanouissement de soi, peut jouer un rôle déterminant dans l'avenir d'un jeune.
Je prends un nouvel exemple. Les Grandes Ecoles d'Ingénieur ou de Commerce en France. (et par extension les autres écoles comme Science Po et Cie)
Ces écoles ont encore (jusqu'à quand? ) une certaine importance au sein du marché du travail en France. Elles constituent aussi un tremplin idéal pour accéder à quelques postes clés au sein du gouvernement ou dans les entreprises françaises (il n'y a qu'à voir les cabinets de ministre)
Ces écoles là sont une preuve de la reproduction d'une certaine classe : les enfants de Cadres ou de personnes bien placées, ou enfin des personnes ayant, de par leur expérience, compris que l'avenir serait garanti pour leurs enfants à travers un passage au sein de l'élite.

Rares, sont les étudiants qui sont de classes pauvres.. (je n'aime pas cette classification).
Soit parce que les parents n'ont pas les moyens pour permettre des frais élevés (les écoles de commerce en France restent inaccessibles), soit enfin, parce qu'elles n'ont pas la culture de cette importance, par manque d'exemples de l'entourage qui permettent de voir d'horizons plus larges.

Ce sont malheureusement des facteurs assez déterminants.
Cependant, l'être humain n'est pas conditionné par son environnement seulement.
A partir d'un certain âge, (que je situe autour de 12 - 14 ans) , la personne commence à avoir une certaine sensibilité qui dépasse les limites de la famille, les amis ou même l'école.
Et c'est là, ou l'être humain diffère de l'animal , car il peut développer les moyens d'influencer son destin grâce à la seule force de la volonté.
Il peut se développer, changer, se corriger... se parfaire...
Pour atteindre un certain objectif.

Donc.. Oui, l'environnement influence grandement l'avenir de l'être humain.
Mais la beauté de l'Homme est qu'il n'a pas de limites...

J'espère avoir été clair.

Pour revenir au CPE.
à vrai dire, je ne sais pas comment me prononcer.
Ce n'est pas le CPE qui me dérange... c'est cette culture en France qui règne et qui est décevante.

  • Une banque qui ne prête qu'aux riches... pour ne pas prendre de risques!
  • Un propriétaire qui veut avoir la preuve que l'on va rester chez lui pendant un an, parce qu'il a peur... (alors qu'à Londres, on loue à la semaine!!! Quel preuve de dynamisme)
  • Un étudiant qui cherche à faire un parcours tout tracé... parce que c'est bien.
    Pourquoi pas au sein du service public, parce qu'il n'y a pas de problèmes d'argent et l'on a 5 semaines de vacances (dire que les Japonais ne les veulent même pas ces vacances)
Une certaine moutonisation de l'étudiant... !

Et enfin, cette culture du présent aussi... de manque de foi en l'avenir.
Et dire qu'à l'école française, l'on apprend aux gens des histoires où certains ont sacrifié leurs vies pour des idéaux ....pour l'avenir! Des scientifiques, des hommes politiques, des écrivains.....

Tiens, je vais ajouter du Hugo... dont l'oeuvre est sublime
J'avais publié un passage de 93 sur mon blog (rarement lu par les visiteurs)
en voici quelques bribes...
[Gauvain]
- O mon maître, voici la différence entre nos deux utopies. Vous voulez la caserne obligatoire, moi, je veux l'école. Vous rêvez l'homme soldat, je rêve l'homme citoyen. Vous le voulez terrible, je le veux pensif. Vous fondez une république de glaives, je fonde...
Il s'interrompit:
- Je fonderais une république d'esprits.
Cimourdain regarda le pavé du cachot, et dit:
- Et en attendant que veux−tu?
[Cimourdain]
- Ce qui est.
- Tu absous donc le moment présent?
- Oui.
- Pourquoi?
- Parce que c'est une tempête. Une tempête sait toujours ce qu'elle fait. Pour un chêne foudroyé, que de forêts assainies! La civilisation avait une peste, ce grand vent l'en délivre. Il ne choisit pas assez peut−être. Peut−il faire autrement? Il est chargé d'un si rude balayage! Devant l'horreur du miasme, je comprends la fureur du souffle.
Gauvain continua:
- D'ailleurs, que m'importe la tempête, si j'ai la boussole, et que me font les événements, si j'ai ma conscience!
Et un autre fragment
Cimourdain reprit:
- Société plus grande que nature. Je te le dis, ce n'est plus le possible, c'est le rêve.
- C'est le but. Autrement, à quoi bon la société? Restez dans la nature. Soyez les sauvages. Otaïti est un paradis. Seulement, dans ce paradis on ne pense pas. Mieux vaudrait encore un enfer intelligent qu'un paradis bête. Mais non, point d'enfer. Soyons la société humaine. Plus grande que nature. Oui. Si vous n'ajoutez rien à la nature, pourquoi sortir de la nature? Alors, contentez−vous du travail comme la fourmi, et du miel comme l'abeille.
(Nos jeunes!!!!)Restez la bête ouvrière au lieu d'être l'intelligence reine. Si vous ajoutez quelque chose à la nature, vous serez nécessairement plus grand qu'elle ; ajouter, c'est augmenter ; augmenter, c'est grandir. La société, c'est la nature sublimée. Je veux tout ce qui manque aux ruches, tout ce qui manque aux fourmilières, les monuments, les arts, la poésie, les héros, les génies. Porter des fardeaux éternels, ce n'est pas la loi de l'homme. Non, non, non, plus de parias, plus d'esclaves, plus de forçats, plus de damnés! Je veux que chacun des attributs de l'homme soit un symbole de civilisation et un patron de progrès ; je veux la liberté devant l'esprit, l'égalité devant le coeur, la fraternité devant l'âme. Non! Plus de joug! L’homme est fait, non pour traîner des chaînes, mais pour ouvrir des ailes. Plus d'homme reptile. Je veux la transfiguration de la larve en lépidoptère ; je veux que le ver de terre se change en une fleur vivante, et s'envole. Je veux...
et enfin :

Un certain temps se passa ainsi. Cimourdain lui demanda:
- A quoi penses−tu?
- A l'avenir, dit Gauvain.
Désolé si j'ai été long....

Ayoub... au Passé Simple
www.kingstoune.com

 

ayoub | Le 21/03/2006 à 23:55 | [^] | Répondre

Re: Un jeune..

Ayoub

Tu crois en l'Homme et je crois en toi.
J'y crois d'autant plus que ton message est fait de la conscience de l'injustice (c'est vrai: dès les petites classes l'enfant de parents incultes ne trouvera pas d'aide pour ses leçons comme il en trouverait si ses parents étaient universitaires ou historiens. L'étudiant obligé de payer ses études et de dormir dans un foyer aura moins de facilité matérielle à accomplir son cursus que le fils choyé de grands bourgeois qui lui payeront la sérénité matérielle suffisante pour rejoindre la coterie des grandes écoles que tu cites).

          
                   Eusebio et son père Filomeno
   "Les derniers Hommes avant le fantôme des Andes"


Et que ton message est subversif, car il est surtout plein du potentiel de l'être, pour peu que l'individu soit exigeant.
C'est d'ailleurs pour éviter une telle remise en question de l'Ordre Social que les Sarkozy Affiliates et un laboratoire de l'INSERM n'ont pas trouvé mieux que de suggérer le dépistage des comportements associaux des individus dès la crèche,!
Mieux que Brazil, mieux que 1984: en plein dans le monde des non-A

 

leblase | Le 22/03/2006 à 00:40 | [^] | Répondre

Ayoub a le troisième oeil

Ayoub merci pour ton commentaire si lucide, et oui le temple des grandes écoles existe encore mais peut-être qu'il tombera aussi progressivement.
Il m'est arrivé une aanecdote qui m'a sidérée récemment.
J'ai vu un patron de PME d'une soixantaine d'années à qui je venais demander de l'argent pour mon association qui a pour but d' organiser des voyages dans la nature pour les enfants ( pétés de tune et défavorisés).
Et pour ces derniers il m'a répondu : "Oui mais alors il faut qu'ils aient vraiment compris que c'est exceptionnel parce qu'il ne faudrait pas qu'ils s'habituent"
Alors sidérée, je lui ai demandé pourquoi, parce qu'ils souffriraient trop, après ?"
Et voyant que ce monsieur ne répondait pas, j'ai été prise d'un léger malaise et je suis vite partie.
Effet de caste, chacun à son étage....
et oh comme j'ai apprécié que tu cites Hugo dont je suis en train de lire une de ses oeuvres magistrales : Les Misérables.
Il y faut Trois mois de lecture intense, et déjà, ce rythme change noyre façon d'aborder la lecture, en nous forçant à prendre le temps et à nous imprégner entièrement de cette cathédrale de mots.
Tu dis que les commentateurstrices ne viennent pas à Kingstooon, ils feront le chemin, j'en suis sûre, il faut faire un peu de marketing d'abord, maintenant c'est fait, tu m'as convaincue en ce qui me concerne.

 

marina | Le 24/03/2006 à 09:55 | [^] | Répondre

Re: Ayoub a le troisième oeil

à la question de leblase "oui mais l'esprit d'entreprise s'apprend-il. oui mais le désir s'apprend-il ?"
pour certains non, pour certains oui, et d'autres apprennent à l'apprendre parfois malgré eux.

quoi qu'il en soit, ça ne se décrète pas, et il n'est pas acceptable d'en faire un argument dans un sens ou dans l'autre : "ça ne s'apprend pas", "ils n'ont pas l'esprit d'entreprise", "il faut leur apprendre l'esprit d'entreprise".

et il n'y a rien de plus ridicule que ces chefs d'entreprise qui sont convaincus d'avoir l'esprit d'entreprise,
parce qu'ils l'auraient eu sans l'apprendre, ou parce qu'ils auraient eu la chance de bénéficier d'une formation qui aurait révélé ce talent. ils ont eu la chance de réussir ce qu'ils ont entrepris à un moment donné, et ont profité de la lancée.

et ça c'est accessible à n'importe qui. comme cette tendance à transformer une caractéristique insignifiante en un critère d'élitisme.

 

complex | Le 24/03/2006 à 10:49 | [^] | Répondre

Re: Re: Ayoub a le troisième oeil

Complex, je retiens ta dernière phrase, elle est essentielle. Pourquoi l'esprit d'entreprise serait le nec plus ultra dans une société qui me semble-t-il aurait surtout besoin de penser, de retrouver le goût de l'étude,  de la subtilité, de la lenteur et de la réflexion pour inventer et tenter de sortir de cette spirale de cynisme trop systématique dans laquelle on semble devoir se noyer tous. On ne nous fera pas croire qu'on existe que pour ce que l'on fait et pour l'état de notre compte en banque.
Ne nous souviendrons-nous pas de ce qu'on nous a donné, du temps que certains auront passé à nous éveiller, à nous révéler, à nous faire partager leur connaissances ou leur admiration.
Ne nous souviendrons-nous pas de ce que nous avons créé pour le plaisir et gratuitement, de la sagesse de certains "pauvres" qui semblent bien plus solides et forts que ceux qui le narguent du haut de leur coffre-fort.
C'est aussi une lutte quotidienne que d'affirmer haut et fort qu'à certains moment, on NE FAIT RIEN, par besoin et par plaisir.

 

marina | Le 24/03/2006 à 11:29 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Ayoub a le troisième oeil

une nuance : c'est le nec plus ultra pour ceux qui voient dans l'économie et la croissance les solutions. ok.
mais même de ce point de vue, c'est une caractéristique insignifiante, une affaire de circonstances, la médaille des chanceux.

qu'on soit fier d'années de travail ou d'études, c'est une chose. mettre en avant un "esprit d'entreprise" dont on n'est pas capable de montrer qu'il existe ... c'est de la métaphysique.

 

complex | Le 24/03/2006 à 11:55 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Ayoub a le troisième oeil

Ah bon?
L'esprit d'entreprise ne serait pas visible? Pourtant les résultats abondent d'initiatives réussies, parfois contre toute attente et malgré toutes les oppositions possibles.

 

leblase | Le 24/03/2006 à 12:09 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Ayoub a le troisième oeil

ce qui existe c'est le travail, le succès ou l'échec.
mais ce n'est pas un esprit d'entreprise en tant que consigne de ralliement autour de ceux qui ont eu la seule chance de réussir à un moment donné.

 

complex | Le 24/03/2006 à 12:15 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Ayoub a le troisième oeil

Complex, l'esprit d'entreprise n'est  pas élitiste, c'est le marketing de l'âme de tous les cadres moyens, petits boulons bien vissés des grosses entreprises qui attendent leur solde de fin de mois, qu'ils auront s'il ne leur est pas reproché d'en avoir trop fait.

Ensuite il y a le plaisir d'entreprendre, c'est autrte chose et ce n'est pas un esprit, c'est vrai.

 

marina | Le 24/03/2006 à 12:37 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Ayoub a le troisième oeil

marinouille
je vois qu'on est d'accord puisque je dis comme toi un peu plus bas mais à ma manière aussi légère que l'enclume volante, aussi subtile que le bulldozer qui twiste, aussi délicate que le bison qui bouse

 

leblase | Le 24/03/2006 à 12:44 | [^] | Répondre

Re: Re: Ayoub a le troisième oeil

Complex
"transformer une caractéristique insignifiante en un critère d'élitisme."
Vu comme ça, c'est un peu vague, même si la phrase est plaisante. Pouvez-vous préciser?

 

leblase | Le 24/03/2006 à 12:10 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Ayoub a le troisième oeil

et bien c'est très simple, beaucoup de gens se pensent capables d'apporter des solutions, d'imposer leurs vues, simplement par ce qu'ils seraient dotés d'un esprit d'entreprise qu'ils sont incapables de définir. ça va du petit patron inculte à l'énarque inconscient des réalités.

 

complex | Le 24/03/2006 à 12:17 | [^] | Répondre

I am watchin' You

J'adore l'année après ma naissance

Mais l'esprit d'entreprise peut être acquis , il suffit de faire un MBA :) :)

Il n'y a pas d'esprit d'entreprise... il y a la volonté (là je rejoins complex)
On croit à ce que l'on fait... on oeuvre et on regarde le résultat
C'est l'expérience qui permet à l'individu d'être de plus en plus conscient et capable de la manière de gérer... et de collaborer. (et de se corriger et corriger sa trajectoire (hein leblase ;) )
- Gérer parce qu'il y a plusieurs intérêts différents.. ds contraintes différentes... ce sont les échecs successifs, l'expérience, et l'expérience des autres qui l'injectent...
- Collaborer.... pareil

Mais d'abord.. faudra savoir gérer sa vie.... :)

Ayoub... bordel ambulant

 

ayoub | Le 24/03/2006 à 12:25 | [^] | Répondre

Re: I am watchin' You

Okay
ôtons un nom commun et remplaçons le par un verbe, puisqu'il s'agît d'agîr.
Oublions l'expression esprit d'entreprise et examinons la volonté de construire , l'esprit d'entreprendre, la décision d'initier, car c'est de celà qu'il est question, et je suis surpris que Complex s'arrête à une terminologie publicitaro-politique ou le réduise à de l'opportunisme.
Lorsqu'un besoin social (ou lorsqu'une tragédie a lieu) se manifeste, que ce soit un produit ou un service ou une urgence humanitaire, il y a une multitude de possibilités, mais on peut les réduire à:
attendre que ça se fasse tout seul
attendre que le président, le roi ou le bon dieu s'en occupe
attendre que quelqu'un nous dise comment le faire
ou décider de commencer à le faire.
C'est ça le truc: prendre l'initiative.

 

leblase | Le 24/03/2006 à 12:42 | [^] | Répondre

Re: Re: I am watchin' You

Ce qui tu me dis me rappelle ce que certains me racontaient quand je faisais certains choix bizarroides

Le gout du risque et de l'inconnu...

Je fus un temps SDF et j'ai découvert paris :) 
Comme quoi, c'est sympa être SDF (ne pas lire sans difficultés financières)
Mais les gens ne voient que tu n'aurais pas dû.

Waaaah.... je divague.

La vie c'est des choix... on choisit.. on évalue ce qu'on fait... et puis au pire, on fait marche arrière...
J'ai toujours cru qu'une mauvaise experience est une excellente expérience
Il suffit d'expérimenter...

Ayoub... cobaille :)



 

ayoub | Le 24/03/2006 à 12:48 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: I am watchin' You

Ayoub

YES!

 

leblase | Le 24/03/2006 à 12:58 | [^] | Répondre

Re: Re: I am watchin' You

je ne m'arrête pas à la terminologie. je parle de l'utilisation terminologique abusive de l'esprit d'entreprise.

ok, en dehors, prendre l'initiative plutôt qu'attendre que ça se passe, c'est bien, mais c'est une affaire d'individu, de circonstance, de parcours.

c'est quasiment une affaire psychanalytique. qui a eu la chance d'avoir confiance en soi, qui a eu la chance de n'avoir plus personne sur qui compter, etc.

 

complex | Le 24/03/2006 à 12:49 | [^] | Répondre

Re: I am watchin' You

l'entreprise, les grandes écoles, les décideurs ... rien de tout ça n'est détestable en soi. ce qui l'est, c'est de transformer un succès local en un critère universel, et en une auto-proclamation de sa supériorité.

à quand la lucidité d'un entrepreneur sur ce qu'il n'a pas eu le temps d'expérimenter, et qui vivrait ça comme un échec ?
à quand la lucidité d'un diplômé sur le décalage entre les aspirations qui l'ont guidé durant ses études et l'aspect tout à fait routinier de la haute fonction qu'il occupe ?
à quand des hommes politiques qui auront la même conscience du travail bien fait qu'un menuisier ?

 

complex | Le 24/03/2006 à 12:42 | [^] | Répondre

Re: Re: I am watchin' You

Complex
Tss Tsst
Vous tentez de botter en touche?

 

leblase | Le 24/03/2006 à 12:45 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: I am watchin' You

C'est quoi "botter" ?

Complex ... moi ce que j'aime dire ... pour dégouter ceux qui croient que le diplôme fait l'homme

"tu veux devenir riche ?: regarde ... les plus grandes richesses du monde, ce sont soit des emirs, soit des autodidactes .... ou se trouvent Polytechnique ou Hec ?.... à Matignon.. ou sur des sièges éjectables! "

Cette élite qui a accédé aux pouvoirs essaie tant bien que mal de le maintenir... à quand la fin de l'élitisme à la française, et la reproduction des classes ?

Ayoub... l'Emir pauvre

 

ayoub | Le 24/03/2006 à 12:59 | [^] | Répondre

Re: C'est quoi un jeune?

>ArchiBourdieu,

Quand l'ascenseur social est en panne, les jeunes doivent- prendre l'escalier de service, dit Leblase et se construire un avenir, parce qu'on est d'accord ça ne pousse pas tout seul.

et que les discriminations positives ne changent rien structurellement à l'affaire,

c'est quoi un jeune?

peut être quelqu'un d' arcquebouté dans le présent sous la dictature du  "tout et tout de suite" pour qui l'avenir n'est plus porteur de promesses , genre lendemains qui chantent de nos parents et grands parents.

 peut être quelqu'un qui ne sait pas s'extraire de sa propre particularité pour se projeter collectivement dans l'avenir.

C'est peut être ça "la fin de l'Histoire" quand on a plus cette capacité à donner du sens à demain,

( cf les débats sur le réferendum  Chirac/jeunes , ces derniers ramenaient les enjeux du débat à leur propre situation , "qu'est ce que ça va m'apporter à moi, jeune du 93 ou du 04, sur un plan personnel?")

l'incertitude  doit inciter à se poser des questions si possible en changeant nos modes de vision ,  car si on regarde  la réalité  avec les mêmes lunettes, il y a peu de chances d'en inventer une nouvelle,

prête leur tes lunettes Leblase,

Pourtant penser un avenir , mieux encore  le rêver ,c'est déja le changer!

Mais le rêve  n'est-il pas aussi en  panne?

,et finalement   la facilité  c'est de" se mettre en pilotage automatique" et que le défi des fabricants de projets politiques est bien là:  proposer une vision d'avenir

c'est pas toi qui veux te présenter aux élections?

alors fais -nous rêver!

 

Elle | Le 21/03/2006 à 12:49 | [^] | Répondre

Re: Re: C'est quoi un jeune?

Rien à ajouter... C'est pas toi qui te présente?

 

Archignac | Le 21/03/2006 à 13:20 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: C'est quoi un jeune?

Elle
Archilabelgnac
en répondant à jlb je vous ai en partie répondu: je fais une proposition, qui commence par une adaptation financière
Faites sautiller la banque!
au lieu de tenter de la faire sauter

 

leblase | Le 21/03/2006 à 13:32 | [^] | Répondre

Re: Re: C'est quoi un jeune?

Elle
Merci pour ce commentaire (j'adore la métaphore ascenseur/escalier de service: ça démontre une réflexion affinée, si tu me permets ce compliment) qui ouvre sur des possibles inexplorés et des constats si rarement formulés:
oui, les jeunes parlaient lors du débat avec Chirac de leur situation personnelle avant tout, et pour d'excellentes raisons.
Etant jeunes ils n'ont pas encore eu la disponibilité pour faire une synthèse qui est le travail d'observateurs.
Voulant agir ils se baent sur leur situation personnelle.
Et ils ont raison, car c'est bien en partant de ce principe qu'ils pourront faire évoluer cette situation.
Comme tu le dis:
"  car si on regarde  la réalité  avec les mêmes lunettes, il y a peu de chances d'en inventer une nouvelle"

Et oui, Elle: rêver un avenir c'est essentiel pour créer!

 

leblase | Le 21/03/2006 à 13:52 | [^] | Répondre

Re: Archi bégaie


Pardonnez l'ignorance du vieillard qui s'adresse à vous, ce n'est pas une critique de sa part, seulement le besoin de savoir si dans ce pays il existe encore des êtres humains, cela fait plus de huit ans que je suis à la recherche de cette race en voie de disparition.
Vous écrivez ! < un disfonctionnement important de notre belle démocratie > Le mot démocratie ne peut en aucun cas être attribué au système en vigueur danc ce pays. Nous sommes dans une dictature la pire qui soit, la dictature du fonctionnarisme, nous ne pouvons rien faire, ni rien entreprendre sans l'aval des fonctionnaires, qui exerce une oppression insoutenable sur le peuple. Je vous cite ci-après l'article 2 des droits de l'homme contenu dans notre constitution <  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescritibles de l'homme? Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.>
Pour faire court,  si cela n'est pas trop vous demander veuillez consulté mon site. http://papy-leproscrit.viabloga.com.  Après avoir pris connaissance de cette aberration si vous me faite part de votre opinion, cela me fera chaud au coeur. Le plus dur à supporté c'est le silence qui vous enveloppe d'un linceul.

 

Lepapy | Le 21/03/2006 à 15:07 | [^] | Répondre

Papy fait de la résistance

Papy, c'est bien de faire ta pub!
Dis-moi, t'as dû avoir un problème un jour avec un papier CERFA non??
Tu fais dans l'anti-juge à mort... Un anarchisme libertaire quelque peu haineux qui ignore tout de la réalité du travail quotidien des magistrats.
Mais sans rancune hein?

 

Archignac | Le 21/03/2006 à 19:56 | [^] | Répondre

Vive le changement

Vive l'avenir, l'incertain, le déséquilibre, l'aventure, le risque, l'abandon.

 

Stephane Lee | Le 20/03/2006 à 17:53 | [^] | Répondre

Re: Vive le changement

Stephane Lee
Oui, définitivement!

        
                    Vie non balisée: très incertaine


            
                 Vie balisée: que reste t'il d'évolutif?

Et si ça n'est pas une question d'âge, la peur des lendemains qui changent est tout de même plus dommage lorsqu'on est jeune

 

leblase | Le 20/03/2006 à 19:47 | [^] | Répondre

l'avenir n'est pas un défi

" La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent"
Albert Camus

                    Ce sont les manifestants d'aujourd'hui....

A quel Dieu ou  quel génie peuvent-ils se fier pour trouver le chemin de leur monde

La porte ouverte n'inspire pas confiance....

La traversée du désert semble être le seul échapatoire

Mais comment faire pour avoir le courage d'aller vers la différence

Et  rester vivant et jeune parmi toutes choses déjà mortes....

 

La duchesse | Le 20/03/2006 à 22:57 | [^] | Répondre

Re: l'avenir n'est pas un défi

Wow!
Duchesse!
Voilà un message bienvenu, et bien senti.
Une note illustrée de belle manière: oui, l'ouverture est peut-être finalement ce qui  fait le plus peur à une génération gavée de repères chiffrés, de temps de vie balisés, d'éspérances calibrées et certifiées conformes, légales et inévitables.
Comme Stéphane Lee vous plaidez pour l'inconnu; comme l'évolution de la Vie, vous appelez de vos voeux l'évolution dans le monde; la métamorphose, le mouvement dans votre vie, dans vos choix et le regard que vous portez.
Ces nénuphars géants que vous nous offrez, comme les âmes prometteuses de ceux qui n'ont pas peur d'une page blanche; ceux que l'orgueil ne terrifie pas au point de les rendre immobiles, muets au sein d'une foule qu'ils constituent, et qu'ils suivent.
D'une foule devenue troupeau.
Chère duchesse, le dessein de la vie est incertain: aujourd'hui existe à peine que déjà l'on voudrait voir finir demain.
Par peur?
Heureusement, il y a l'amour de vivre.

 

leblase | Le 20/03/2006 à 23:54 | [^] | Répondre

Présences d'esprits

Ce n'est donc pas le fait d'effets secondaires, ou alors nous consommons les mêmes substances car je ne suis manifestement pas le seul à trouver que ce monde ne tourne décidément plus très rond. C'est un paradoxe complet, comment cela ne frappe-t-il pas les esprits ? C'est violent ! Comment entreprendre quoi que ce soit dans une telle indisposition du monde ? Je le dis alors que Stéphane vient d'intervenir, lui qui est précisément engagé dans une démarche d'entreprise et qu'il relève cependant dans son dernier post tout le paradoxe de la situation actuelle. Poulette aussi, à sa façon. Je suis un homme d'entreprise, je n'ai fait que ça, des entreprises, et j'aimais ça, et pourtant aujourd'hui je n'ai qu'une seule question : comment réussir à entreprendre ensemble ? Même ce monde solidaire et social que je découvre, il est empêtré dans son paradoxe, comment en effet revendiquer l'autonomie vis à vis du pouvoir alors que l'on dépend de ses subventions et subsides pour exister ?

 

jlb | Le 21/03/2006 à 00:06 | [^] | Répondre

Re: Présences d'esprits

il y a eu depuis l'époque des grands aventuriers une formidable invention : l'assurance, assimilable à une forme de richesse.

 

complex | Le 21/03/2006 à 00:27 | [^] | Répondre

Re: Présences d'esprits

"Comment revendiquer l'autonomie vis à vis du pouvoir ....."

Vas t-on demander à l'état de gérer nos rêves ? Nos espérances , nos désirs, nos projets....Sommes nous des assistés d'un système qui nous guide dans nos moindres mouvements ?

Ne revendiquons nous pas la liberté de choisir même si le choix est imparfait, la liberté de prendre déjà notre propre dimension personnelle avant de pouvoir l'extérioriser , la concrétiser dans notre vie qui nous est unique.

La société,les pouvoirs publics ne doivent en aucun cas penser et organiser notre vie  ou alors nous sommes gérés par un régime totalitaire où l'individu cède la place à la collectivité... Il faut apprendre à naviguer à travers les mailles que la société tisse et aller chercher peut-être loin mais le chercher ce qui va remplir notre vie.

 

la duchesse | Le 21/03/2006 à 10:07 | [^] | Répondre

Re: Re: Présences d'esprits

 Votre interrogation : < ou alors nous sommes gérés par un régime totalitaire >  Oui duchesse nous sommes bien dans un régime ou règne en maître absolu le totalitarisme pur et dur.
Pour en avoir le coeur net et, prendre conscience de la réalité, visitez mon site :
 http://papy-le proscrit.viabloga.com.
En réalité dans la société actuelle de ce pays l'individu n'existe plus puisqu'il est possible de bannir un être que l'on dit humain.

 

Lepapy | Le 21/03/2006 à 16:11 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Présences d'esprits

Lepapy,

Bravo pour le coup de pub c'est bien plaçé...Mais nous ne sommes pas dans un pays totalitaire car vous ne pourriez pas vous exprimer librement ainsi dans ce blog.

L'injustice est homme  et il faut lutter en permanence pour qu'elle soit déjouée.Vous avez raison de vous exprimer et d'informer si vous avez des choses à dire , mais permettez que nous puissions  forger notre opinion .

 

la duchesse | Le 21/03/2006 à 21:43 | [^] | Répondre