Version imprimable Où est-je?

La carte bleue ne montre pas la mer


"Le fauve se termine par le champ, comme la nuit par le jour "

Léon Dropezaune, Vie du douanier Rousseau
 

Là je fouette. J'ai pas encore écrit un mot sur le sujet du billet, j'ai déjà peur. Je sens comme une immense responsabilité.
Y a de quoi: le dernier billet causait de la Nature, les tits zoizeaux, les sardines, un peu comme dans un skyblog.
Résultat?
Hmm?
BP.
Plus exactement Deepwater, pétrole, forage, catastrophe titzoizeaux tout sales, sardines dégueus, comme si les aimables employés de Brit Pet' avaient percé un gros comédon sur les flancs de Nature.
Pour l'instant dans un moment d'esbrouffe Obama et BP ont décidé de faire croire que le pétrolier allait payer 20 miyards.
Mais imaginons qu'au lieu de s'ennuyer à cocher les noms des mecs sur qui il va envoyer un drone au Pakistan, le Prix Nobel de la Paix décide que rien ne serait arrivé si le shplouc n'avait pas causé de la Nature? (si à ce stade vous pensez qu'il me faut des médicaments anti-parano, je peux vous promettre qu'une dose d'aspirine vous sera utile à la fin du billet)
Et qu'il dise: soit les Ets leblase remboursent la dette de BP, soit on les drone.
Vous je sais pas, mais moi ça me gâcherait les vacances des enfants, légitimes et naturels.
Devant une telle menace il importe d'avoir une bonne assise

D'un autre côté ce qui me sauve, c'est justement moi. Car la vraie question du 21ème siècle n'est plus qui suis-je, mais où suis-je?

Qui je suis c'est facile: à part Brice le Moite, n'importe qui peut consulter un moteur de truc et constater les milliers de références qui cachent la vraie mais me permettent tout de même de faire pression sur les SAV, les compagnies d'avion et les meilleurs restaurants de Berlin.
Qui je suis pour l'autre c'est selon son humeur, ma dette ou la sienne, s'il y a ou non une femme, un boulot, une place de parking entre nous. S'il y a prééminence ou juste éminence.

Mais où suis-je?
Ce ne sont ni les cartes de crédit, les GPS de mon telephone, les ip ou autres caméras de surveillance qui le diront.

En effet, où commence moi?
Dans ce lien de deux êtres?
Où finis-je?
Si l'on sait depuis Michelin que la carte n'est pas le territoire, depuis Platon que je n'est pas un, depuis Freud que je n'est pas ça ou comme Leibnitz que je n'est pas ici non plus, on ne sait pas encore si, comme dans un dessin de fix
ici dessin de fix représentant un lapin ivre besognant un tanard
je finis quand tu commences.
L'Autre est-il qui nous ne sommes pas ou ce que nous ne sommes plus?
Donc qui est nous, si ce n'est, précisément, ceux qui sont là?

Quand je dis moi, c'est toi aussi, bien sûr.
Ce toi exclut-il les autres comme le moi s'indivise?
Le mot couché sur un papier, la trace de lèvres rouges sur un col, le cratère de la bombe disent plus le passage du temps qu'un aperçu d'espace: ils sont un moi avant, mais pas un moi ici.

Ainsi commence Untel, à ce bord de moi-même.



Peut-on dire en regardant la Terre qu'un coin est vous? A vous? Ou que vous y êtes?
Si vous avez répondu oui à une des trois précédentes questions, avez-vous déjà vécu dans une salle capitonnée, vêtu(e) d'une chemise à manches looonnngues?
Lorsque vous tapez leblase sur mappy ou gouglemap, êtes-vous gratifié d'une photo?
Si oui, est-ce un lieu?
Sinon, un non-lieu comme disait la Cour?
Savez-vous que l'on investit des sommes folles pour cartographier non plus la planète, mais la Vie?
Qu'est-ce qu'un bon plan?
Et si l'Autre, c'était toujours l'autre centre du monde?





 


Version imprimable La Nature, c'est pas normal

le blanc ça fait propre



"Ne maîtrisant rien, j'étais libre de tout.
Comprenant tout, je n'y connaissais rien"


Xavier-Stéphane leblase
,
Pour une société naturellement gazéifiée,Ed.Barnes & Noble,1823
 
Je l'avoue, je me suis forcé pour écrire un nouveau billet: tout a été dit depuis le premier soupir de satisfaction de la première femme; tout a été écrit depuis le premier mot de désespoir du premier écrivain.

Donc pour trouver un sujet, bonjour.
Parce qu'ici dans le Shplouc les aléas et circonstances, les anecdotes et les on-dit, l'actualité humaine et l'approche de la fin du monde ont été largement publiés sous formes de révélations mystiques, démonstrations philosophiques, sinuosités littéraires, propositions politiques, modifications aux Saintes Zécritures, addenda réglementaires.
Vous et moi avons déjà commenté tout ce qui pourrait élever l'Homme, et la meuf comme on dit quand on n'a pas encore la carte vermeille.

Reste la Nature.

Le bio, qu'est durable.
L'environnement, qui serait fait de ce qui nous entoure mais qu'est pourtant pas simple.
L'écologie, qu'est aussi politiquement correcte qu'historiquement assez mal portée (totalitarismes divers, rigidités répétées, simplismes et courtes vues).
L'écologie, indispensable pour les p'tits mouflets qui accumuleront autant qu'ils ramasseront nos poubelles. L'écologie, obligatoire pour vendre la même chose qu'avant mais plus cher (genre les pétroliers pleins d'essence si pure les ou vendeurs de voitures: les hybrides OK, mais pourquoi tant de CV vapeurs?).


Aujourd'hui, tout doit être Vert
 
En gros hein.
Je sais, parler du bio c'est saoûlant, lénifiant, gnan gnan et en plus ça coûte du fric qu'on pourrait dépenser en diamants ou en manteaux de fourrure.
Mais chaque chose en son temps, on causera de la guerre et du divorce dans un prochain numéro.

Donc, la Nature.
Les choses n'iraient pas de soi, qu'on en juge:
l'Occident, déterminé à préserver son niveau de consommation mais conscient que ça salit, propose aux Chinois, Indiens et autres Brésiliens qui se développent, d'y aller mollo. C'est vrai, ils sont bêtes ou quoi? Ne voient-ils pas qu'au lieu de faire comme nous, ils feraient mieux d'écouter nos conseils?


Sans avions, on fera comment pour aller voir leurs oiseaux?
Donc un conseil du shplouc, breveté FMI: croissez, ne (vous) multipliez pas et envoyez vos bénéfices dans nos banques d'affaires afin que leur taux nous permette de vous payer pour votre travail.
Bien sûr, nous sommes conscients qu'à force de se taper dans les rues de Beijing, Sao Paulo ou Mumbay nos réclames de gonzesses rachitiques en décapotables devant la piscine sur la Côte, ça crée des tensions.
Mais c'est très surfait tout çà

Le bon air c'est corrosif

Tentons maintenant une approche personnalisée de la vie bio naturelle de l'environnement durable écolo, à but non lucratif cette fois.
Au fait, ça ne vous a jamais paru bizarre l'expression "Retour à la Nature"? Genre, la Nature dénaturée peut-elle être naturelle?

Faut-il des blogs pour causer de ça, alors qu'un blog après tout c'est une longue chaîne polluante?
leblase porte-t'il des sandales birkenstocks?
L'humain étant un être on ne peut plus adaptable, la Nature brute est-elle bonne pour lui? Nécessaire? Saine?
Qui parmi vous a vu la Nature?
Si oui, avec quels yeux? Qui lui a causé, l'a touchée, en a mis dans son sac?
Peut-on posséder la Nature ou de la Nature?
Qui peut la décrire ou même, la définir?
Ça commence où, ça finit quand la Nature,hmm? Dites-voir.

J'oubliais: qu'est-ce qu'un besoin naturel?


Version imprimable brûler le verbe

taire l'esprit



"L'outrance est la mesure de la liberté"



Aure Lalloit, Confessions en robe




Quand apparemment se trouve à la tête de l'Etat une bande d'amateurs crasses mêlés à des professionnels à la mentalité de courtisans, que le chef de tout ça est lui-même un inconséquent champion du yaka, virtuose de la pensée la plus courte, adorateur de ceux qui ont du fric...
Aujourd'hui, ça ne rigole pas.
Ouille pour tous que devant les difficultés qu'il n'avait pas imaginées ni conçues, la réponse du petit roi consiste soit à balancer des idées à deux balles sans lien avec le réel, soit à faire des annonces tonitruantes pleines de vide, soit à faire taire la voix qui hurle "ça fait mal" plutôt qu'à réfléchir en profondeur à ce qui fait mal;
Y a comme un manque de- s'cusez-moi pour la grossièreté-  créativité.

C'est surement pas facile d'administrer un village ou une ville. Je vois à quel point c'est dur de gérer les Ets leblase, donc j'imagine: diriger un pays ne doit pas être un truc tout simple.
Entre lourdeurs administratives, lenteur bureaucratique, pesanteurs juridiques, complexité sociale,  imbrications diplomatiques et relations commerciales, encore ouille.


 
Et non, ce n'est pas un billet politique.


Que je dise (un peu) le mal que je pense de la fine équipe qui tient les rênes du pays alors que bientôt apparaîtra au Journal Officiel cette loi liberticide appelée loppsi qui m'empêchera entre autres de, ben, justement, dire le mal que je pense de la fine équipe qui etc, n'est pas l'argumentaire de ce billet.

L'argumentaire, y en n'a pas.
La polémique non plus, car tout ne dépend certes pas des faux princes qui nous gouvernent si mal. Il est facile de tout rejeter sur l'autre, même s'il est au Palais: nous sommes responsables de ce qui nous arrive, et on a les chefs qu'on mérite.
Méritons mieux.
Il faut donc reprendre notre vision du monde en mains, refuser la logique mécanique imposée par les  chefaillons qui ont les yeux sur les statistiques et les symboliques comme s'ils voyaient le fond des choses.
Il faut se souvenir que c'est notre vie.



  éviter d'avoir l'avenir en mémoire

Ça fait cinq ans que le shplouc existe. Là, j'ai vraiment hésité à renouveler le bail. Si loppsi m'empêche (ou vous empêche) de dire mon (votre) dit, de faire ma (votre) critique, j'arrêterai le bastringue et ouvrirai une succursale ailleurs.

Une loi doit-elle autoriser ou interdire?
La passivité devant la réduction des libertés dans tout l'Occident aura t'elle une fin?

Pourquoi 7 mois de taule pour un viol en bande mais 24 mois pour avoir copié en video un film dans une salle? N'est-ce pas là le signe que le pouvoir s'accomode trop bien de la délinquance contre les personnes (pour les raisons conues) mais veille à empêcher la remise en question populaire d'un système marchand corrompu?

Croyez-vous vraiment que la soi-disante sécurité vaille le coup d'abolir la marge et la différence?
Avec les lois actuelles, combien de nos  grands artistes, chercheurs, écrivains seraient en prison (ou en HP)?
Al Qaida et les pédophiles, même combat, ne sont-ils pas utilisés pour nous faire mettre au lit à dix heures et nous habituer à la présence de soldats en armes dans les rues et sur le Net?

Ah oui, j'oubliais... Les sociopathes font-ils les meilleurs chefs d'état?


Version imprimable Je penche donc je fuis




"C'est beau l'Océan, mais que de terrain perdu!"

Maupassant, in "Monnier"



On se dit c'est ben triste, va.. Tous ces gens qui ont des catastrophes en veux-tu en voila, que je te massacre au Congo/Guinée/ailleurs, que je t'opprime en Birmanie/Corée du Nord/Zimbabwe, que je te mets des bombes antifoule en Irak/Afghanistan/Pakistan/ailleurs, que je te crève de faim en Ethiopie/Corée du Nord (encore?)/Zimbabwe(encore?)/ailleurs et que je te secoue la terre en Haïti/Indonésie/etc.
Sans parler de la police politique, la terreur, les tortures, l'arbitraire, les clowns, etc etc.

Ce qui fait dire à certains que puisque nous vivons dans une société si mieux meilleure si bien bonne, on n'a aucune raison de restreinde cette surveillance qui nous protège: vivent les caméras dans la rue, les contrôles faciès, Loppsi,les scans intégraux et les profilages.


du genre, j'ai rien à cacher

Parce que nous, t'vois,qu'est-ce qu'on a comme cata? la crise.. Que dalle, quoi.
Et encore on appelle ça la Crise avec un grand c comme dans Cul et Chemise pour faire bien, mais au bout du compte chacun prend sa bagnole pour pointer au chômage une fois lancé le programme de la machine à laver/lave-vaisselle/four/enregistreur DVD.
Comment ça se fait qu'on est si bien si heureux?
Si libres.
C'est qu'on est en plein Droits de l'Homme, qu'on vote, qu'on est républicains, civilisés depuis avant tout le monde toujours longtemps un moment et qu'on le saurait si on était, heu..muselés.

Une société éclairée, une démocratie ouverte.
Comme nous.
Cette administration de nos vies qui nous permet toujours d'envisager l'impossible, grâce à l'égalité des chances, que y a pas à dire c'est pas pareil partout mais ici, si: il suffit de connaître quelqu'un.

Vu qu'on est presque tous quelqu'un, y a une issue à tout
 
Bien sûr, Toute cette richesse, ce bien-être, cette immense culture dans laquelle nous baignons du soir au matin et qui nous permet de déceler le Bien du Mal ne serait rien si nous nous fermions à ce qui nous entoure. Or il n'en est rien:
 

toujours nous gardons une fenêtre sur le monde

Et une fois qu'on a regardé le monde, ben on est contents de rentrer chez soi, hein; confiants dans nos instances dirigeantes qui savent ce qu'elles font, nos juges intègres, nos journalistes impartiauxet lucides, nos profs consciencieux et syndicalisés, nos intellos écorchés au chouette look. Sans oublier le web, hein: lemonde.fr, CNN.com, leblase.net, pravda.ru, bbc.uk.co, services-publics.nkm, lepape.god, etc.etc, qui maintiennent une veille sur la liberté, l'ouverture d'esprit qu'on n'a pas, par exemple, là ou là.

Des fois qu'on serait terroristes ou pédopornograves

Cette sérénité officielle ne ressemble t'elle pas au bonheur Total?
Ces richesses disponibles ne nous confinent-elles pas dans notre propre absurdité?

Ce consensus condescendant sur les désordres des banlieues (voleurs ou voilées), cet apitoiement consterné sur les crimes sordides des petites gens (chérie, t'as mis le bébé au congélo?), ce juste courroux face aux vilains voleurs d'élections (putains de religieux politiques/militaires sous coke/partis politiques clientélistes, va), ces larmes éclairées sur les malheurs des autres (t'as vu, les vacances à Haiti ou au Yemen c'est rapé) sont-ils sincères?
Ne croyez-vous pas plutôt qu'on nous les sert comme garde-fous?
D'ailleurs, êtes-vous du côté des gardes ou du côté des fous?


Version imprimable Avoir à voir

sans sous-entendus


"L'arbre n'a pas de côté,
l'Océan est sans milieu.
A quelle hauteur commence le ciel?"

 
                                                                                          Léonce leblase,
Discours sans fonds,1487


Aujourd'hui où le réel partagé est soumis à des affirmations technico-scientifiques péremptoires et des définitions social-politiques définitives, comment ne pas de temps à autre se révolter que la place de l'intériorité, -où se situe pourtant le peu de vie personnelle de conscience-, diminue?
Dans la rumeur assourdissante des proclamations qualificatives qui nous contrôlent, dans la cacophonie des définitions aussi absurdes qu'officielles de santé et de normalité, la marche à travers notre époque nous demande une exigence et une innocence volontaire de plus en plus inatteignables.

Le combat pour la perception du réel se fait contre la réalité vécue.

Peut-être aussi parce que nous prenons pour définir la vie un mauvais élément: notre petite existence se déroulerait dans un laps de temps, commençant à l'expulsion hors des parois de nos mères jusqu'à l'expiration finale, la fuite de l'âme hors du corps.
Une histoire d'emploi du temps, en somme.
Paradoxalement cette vie est rarement définie, -malgré l'expression de "notre passage sur Terre"-, comme l'itinéraire d'une promenade dans un espace qui tourne.



le monde, c'est un point de vue

Du coup lorsque l'on nous dit que le monde est monde, nous ferions mieux de chanter sous la chasse d'eau: ce monde d'avant, pendant et après nous ne vous semble t'il pas l'élément le moins figé, le moins permanent, le moins universel qui soit? L'élément à la fois partagé mais jamais échangé entre nous?(ou l'inverse)


ce qui apparemment saute aux yeux de tous
L'ensemble humain, limité par les mots qui l'engagent, rétréci par les associations d'idées qui l'enclavent, effaré par l'immensité qui l'entoure, déambule en troupeau, mange ce qu'on lui enfonce dans le gosier, écoute ce qu'on lui crie aux oreilles, regarde l'univers par le trou qu'on lui désigne. N'est-ce pas une vie de couloirs?


un point de vue comme trait de vie
Vient un temps où à force d'être guidé par ces icônes qui ne sont que des panneaux, ces platitudes gravement assénées qui sont autant d'offenses à notre désir d'une vie sans clôtures, ces injonctions mille fois entendues sur le Bien et le Mal, le sens échappe et nous nous rabattons sur le symbole, incapables finalement de voir le Saint, la Vierge, le Sage lorsqu'ils sont devant nous ou en nous.


au point où l'on devient la vue
Quand alors il vous incombe de dire votre dit, faut-il clamer que la vérité paraîtra un mensonge? Se souvenir qu'on vous en voudra d'avouer que nos semelles sentent encore la fange où nous enfermons les plus faibles? Annoncer que la nécessité de donner oblige à déchirer le coeur, à dévoiler la douce image de l'innocence, cette blanche candeur qui n'est qu'aveuglement.

Combien de fois par an vous réveillez-vous à vous-même?
Espérez-vous vraiment qu'une fois clamcé vous irez dans un camp de vacances éternelles?
leblase est-il devenu mystique à la suite d'une chute de vélo?
Après le repas,supportez-vous facilement le mensonge de la réalité?
Le vertige ouvre t'il à la lucidité?

Combien coûte aux vivants votre simple existence?


Version imprimable Tranches de vues

sans les mains


"La charya c'est vraiment dégueu"

MAM,Coupures de presse

"Mesurer, c'est mentir"
Gordano Bruno,circa 1595

Le rationalisme c'est vraiment n'importe quoi.
Plus ça va plus on réalise que la vision occidentale du monde et des lois universelles, anthropocentrée à l'extrême, reproduit un monde de délire.
En dehors de percées et dominations technologiques (souvent dues aux guerres), quel modèle de civilisation offrons-nous, gaulois, bataves, goths, rosbifs et pionniers amerloques (je passe les autres pour économiser l'espace) que nous sommes ?
Hmmm?
Je vous l'demande.

Que voyons-nous de la Terre ?
Ce n'est pas trop dans le domaine des Arts, de la Culture, du rapport humain, du sens de l'Histoire qu'on peut se poser en modèles durables hein.
Parce que dans ces domaines-là, on est déjà tournés vers la fin: que ce soit Damien Hirst, les débats télé, Samuel Huttington (ou FKK...non je rigole) ou l'anémie spirituelle généralisée, il paraît clair qu'on n'avance... que vers la chute.
En un sens l'impermanence et l'éphémère, désormais magnifiés par l'instantanéité de parution que nos outils procurent devrait nous offrir l'illumination bouddhique.
A la place,que dalle:
la réalité est un objet de consommation/consolation:
jetable

On est parvenus à un tel niveau de bouillie intellectuelle collective qu'on se retrouve avec des politoches, ministres de surcroît qui, face à leur incompétence et l'irréalité de leur condition envisageraient les amputations punitives légales.

Ce degré zéro de la créativité politique illustre l'impasse actuelle de notre partie du monde (Bonjour aux zyeuxmuets chinois qui envahissent les stats shplouquiens), où le sacro-saint rationalisme triomphant est confiné au service d'une logique de la rapacité.
La planète s'épuise, la mine d'or s'assèche.
Donc cessons d'être rationnels sans cohérence, deux minutes. 
De quoi nous permettre de comprendre pourquoi, de quoi et en quoi nous vivons.
Pourquoi, en quoi et de quoi nos enfants vont vivre.
Car si la Terre est notre maison
 
Nous n'avons jamais été seuls à y vivre

Changeons de place avec l'autre.
L'Autre nous.


Faut-il vraiment que nous prenions pour modèles ceux par qui le malheur arrive?
Croyez-vous que les filles portent des culottes assorties à leur burqa?
Pensez-vous qu'il y a des lois uniques, dans un univers unique?
Les pauvres sont-ils forcés de rêver à devenir riches, les faibles à devenir puissants?
Avez-vous un peu de plutonium de Cadarache à me filer (paraît qu'on s'est gouré dans la compta, et qui'y a du rabe de libre)?
Et aussi: les femmes nues sont-elles plus susceptibles d'attrapper la grippe A que les tanards boîteux de Fix?
 


Version imprimable A vot'bunker

organe lourd


"La question est un projectile"

                                                                                                            Baap Bloum, extraits


C'est un lieu commun de dire que l'usage du Net, des blogs, des réseaux sociaux, twit et autres vadrouilles virtuelles nous isole.

Le promeneur urbain, à Paris, New-York ou Tokyo peut en témoigner: c'est un lieu commun à deux balles.

Ce qui nous isole avant tout est notre petit corazon, nos petites peurs, nos grandes illusions et notre aptitude relative à supporter l'inconnu vital.
Le comportement de l'individu moderne parle d'une société de cercles relationnels restreints: le balladeur fourré dans les oreilles, les yeux tournés sans cesse vers les miroirs en quête d'un Soi en 2D, la parole réservée au téléphone portable ou encore, toute cette affectivité orientée vers le p'tit chien qui crotte.


Le toutou guérit tout

L'ouverture aux autres, comme le refus du monde s'expriment aussi bien dans nos escarpins que devant nos écrans: dans notre faculté à différencier ce qui est de trop de ce qui nous manque; dans notre réponse à l'inattendu ou notre attitude devant les repères assumés.
Pour autant, les activités humaines les plus quelconques (je me rase à 7h23) sont amplifiées sur le net au point où le sens de la mesure y perd encore plus son latin. A se demander s'il reste un peu de place pour partager un vagabondage intérieur entre l'évitement permanent dans la strate présentielle et l'exagération, la mise en loupe du virtuel.

Chacun vaquant avec sa petite lucarne sur le monde
Ah lala tout ceci ne favorise pas le choix: croissant ou mille-feuilles?
Comment par ailleurs faire abstraction de la valse narcotique omniprésente en ville? S'agît-il d'arrondir les angles, d'éthérer le voisinage, d'amollir la dureté des rapports, de flouter la saturation ou de cotonner le fait que la moitié des citadins vivent seuls?
Ce constant brouillage du ressenti doit-il être différencié ou reconnu part intégrante de la naturelle difficulté d'être, de la démarche existentielle propre à l'humain?
Allons-nous vers quelque chose de commun de nos propres pas ou sommes-nous conduits vers l'abattoir de la conscience dans un corral sophistiqué, dépourvu d'angles et retouché?
Avez-vous arrêté de fumer?
La bonne parole échangée sur le web a t'elle moins de sincérité que la bise sociale obligatoire?


Le coeur perce t'il mieux le béton ou le binaire?


Version imprimable Le démentir

Quand le dément tire, la vérité plonge


"Quand le fou dit qu'il pleut, la pluie ne mouille pas moins"
Albert leblase, météorologue
 
A Kate, qui nous aurait quitté (qu'elle démente!)

Le fin fond fait le feint du fin dans nos sociétés achte sophistiquées, pourtant lorsque le vernis craque  - et il craque plus souvent qu'un Iphone- il nous est devenu de plus en plus difficile de nous reconnaître dans la vérité toute nue.
Parce que démêler le vrai du faux est aussi difficile pour l'oeil fureteur qu'admettre qu'une pomme est un fruit pour un sophiste.
D'ailleurs une pomme est plusieurs. On peut être une pauv'pomme ou une pomme d'Adam, d'api, de discorde, de pin, de c'que tu veux, et enfin de terre.
il nous est devenu ardu de reconnaître la vérité toute nue parce que tout ce qui est tout nu nous trouble, surtout quand c'est un humain (alors vous imaginez, si c'est une humaine!).

Donc on habille
Mais bon, on ne peut pas en rester là en 24/7 toute l'année, durant toute une vie. A déguiser ce qui nous semble juste sous les oripeaux d'une nouvelle morale aussi répressive finalement que celle qui prévalut en Occident à la fin du XIXème siècle et en partie jusqu'aux années 60. Ne sont pas Taliban que les Pashtounes. Aussi craque t'on devant l'envie de dire que le nu n'est pas seulement un attirail de vente.
 
Le nu est nous.

Dussions-nous pour celà nous replonger dans la pâte initiale.

Ces temps-ci l'internet en prend plein la tête, coupable de tous les maux qui apparemment n'existaient pas avant (contrefaçon, rumeurs, approximations, pédophilie, empêchage d'apprendage de leçons par les ptits élèves, trafics divers, haine et j'en passe).
Serait-ce parce qu'on peut encore y dire notre part de vérité?

Comme d'hab' on nous dit que le reste est vrai (le reste: maigrir de 3 kilos en deux heures, l'Europe a des valeurs morales, liberté égalité tiercé fraternité, Angelina J et Brad P sont des gens heureux beaux et formidables, le gouvernement empêchera les vilains banquiers de s'en mettre plein les poches de façon pas bien, et caetera et caetera).

N'est-ce pas là un double mensonge, voire un triple si l'on veut bien revenir au principe que le virtuel participe autant du réel que le chausson aux pommes?

Quand le Roi n'est pas nu, porte t'il des jeans?

Lorsque les souvenirs partagés avec vos enfants/parents/fratrie amant/épouse/amis sont si différents, démentez-vous leur vérité ou vous enrichissez-vous de la nouvelle couverture qu'ils vous offrent?
Pourquoi les Ets leblase rouvrent-ils?
Donner à un élément le statut de réel sert-il à le menotter ou à ouvrir une porte?

Est-il dément de démentir?
 


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