Version imprimable Peur de son nombre

Demiluite

"In God we trust"

Jean-Claude Trichet, Bobigny 2008

L'Homme n'est pas bon, et la Femme n'est pas meilleure.
En plus de ça le monde est injuste.

On a beau remettre périodiquement les pendules à l'heure, même la solution parfaite n'est que provisoire.
Le système se fige en s'installant et tout se corromp inéluctablement.
Quelque soient les époques, les lieux, les circonstances, le résultat c'est qu'une loi universelle fait que le plus grand nombre est obligatoirement exploité par le plus petit.
 Parce que l'on délègue, d'une manière ou d'une autre, perpétuellement convaincus qu'en s'y mettant tous, on n'arrivera à rien.
Alors on refile le taff à celui qui a les plus grosses, baratine le mieux, passe le mieux à la télé, ou paye le plus de mecs baraqués.

On comprend dès lors très bien pourquoi la minorité qui a le plus tient à ce que la majorité aie le moins
Depuis très tôt il y a eu nombres et nombre.
Saviez-vous que les femmes des riches avaient plus de seins?.

Pour une raison qui a à voir avec les plus anciennes traditions leblasiennes, l'année qui s'annonce me paraît placée sous le problème chiffré du compte.
Comme d'hab' la proportion égalité des chances/inégalité des chances ne variera pas des masses, ni pour les masses.
Pas du tout dans certains coins du globe; plus dans d'autres.
Pas du tout pour certaines tranches de populations, toutes régions confondues; un peu plus pour d'autres.
Non, si cette année 2mille8 me semble faite pour être déchiffrée; si elle me paraît propice à dénombrer; si elle me semble du genre qui va compter c'est parce que les gouttes débordeuses de vases sont de plus en plus en fréquentes et touchent désormais partout, à tous les domaines de la vie humaine.

Malgré l'énorme potentiel que représentent l'existence d'une jeunesse déterminée et ambitieuse et la maturité de technologies novatrices qui devaient permettre de court-circuiter les hiérarchies sociales et professionnelles, il y a peu de chances pour que les balances oscillent significativement.

J'ai l'impression qu'une opportunité historique est en train d'être ratée.

Une fois que vous aurez lu successivement Platon, Hegel, Ayoub, Proudhon, kb, Heidegger, Elle, Bourdieu, Fix, Nietsztche, Sloterdijk dans n'importe quel ordre il vous deviendra flagrant que par exemple le problème des banlieues difficiles ou de pays faméliques n'est pas un problème de sécurité, de manque d'infrastructures, d'éducation ou même de racisme mais une décision politique prise il y a longtemps par les différents pouvoirs de droite comme de gauche au terme d'une constatation: il n'y aura pas de place pour tout le monde.
 
Parce qu'un gros nombre n'est pas un bon chiffre

L'information que moins d'1% de la population terrestre vit de la dette de plus de 40% de cette même population, que le Pakistan appartient à 400 familles dont la moitié contrôle l'Armée, ou que les patrons de Banques Centrales ont pour tâche première d'éviter la déroute des établissements financiers plutôt que celle des Etats relèvent du même truc:
  les gros chiffres semblent toujours réservés à un petit nombre

2008 représente une révolution du globe autour de son astre: pensez-vous que d'autres révolutions soient nécessaires?
Pensez-vous qu'une action puisse servir au plus grand nombre sans nuire au plus petit?
Une minorité est-elle obligatoirement plus petite qu'une majorité?
Ce shplouc doit-il poursuivre ses errements sans nombres?
Etes-vous prêt(e) à cesser d'envoyer Dieu au Ciel et à le faire vivre en vous?
Savez-vous qu'une personne immensément riche dépense moins d'argent pour sa subsistance qu'une personne déséspérément pauvre?

Ça n'a rien à voir, mais ce site va très bientôt changer de modèle et adopter celui que notre ingénieuse Mitra a mis au point avec le tutorieur OMG

Bon, bonne année quand même hein.





Version imprimable L'appel et la pioche

Car le Savoir creuse

"Il existe deux réponses fondamentales au mystère de la vie:
la première est une question.
Savez-vous quelle est la deuxième?"

Walter Cosette, Manuel Pratique

On s'émerveille en lisant la biographie des grands Anciens et Anciennes, de constater l'intensité avec laquelle ils abordèrent la vie, une intensité généralement manifestée par la soif d'apprendre, l'interrogation du monde, l'urgence d'ouverture, l'exigence sur eux-mêmes.
Ceci quasiment jusqu'à la dernière minute de leur vie.
Des trucs qui se traduisent souvent par des questions.
Alors que le monde nous semble étouffant de réponses, l'Univers encombré de savoir, les esprits tétanisés d'affirmations, les lois exigeantes de certitudes définitives, la rebellion est dans le doute.

Découvrir que plus que ce que nous savons,
ce qui nous est encore caché est notre vraie richesse.

Plus ça va plus le jour qui se lève comme une surprise, le soir qui se couche comme une interrogation, la route qui se cache comme le gué d'une rivière à trouver sont le souffle sans lequel tout est mou, flou, pou.
Le vent sans lequel nos vies se vivraient sans nous.
Des trucs qui se traduisent souvent par des questions.
Mais il y a question et question, et c'est ça qui vous pose un homme  (ou une femme, comme disait George Sand).
Prenons deux-trois exemples simples, au hasard.
Lorsqu'au moment de s'effondrer Jules César s'exclame:"Toi aussi mon fils?" * il faut reconnaître que ça n'a d'intérêt qu'au sein de son cadre strictement familial.
Ce qui est décevant pour un Empereur, s'pas?
Alors que le "Pouvez-vous répéter la question?" * de Beethoven, montre que le vieux Ludwig ne restait pas sourd aux suggestions de Liszt, Franz.
Ainsi, si la dernière phrase de Gandhi :"Quand est-ce qu'on mange?" * nous apprend qu'il devait être un peu avant vingt heures en Inde, le "Ce n'est rien" * d'Henri IV après sa rencontre avec Ravaillac prouve qu'il avait encore à apprendre la mesure des choses.
Et des comme ça, je pourrais vous en remplir des lignes.


A mesure que j'avance (avec la prestance que vous me connaissez) dans la vie, je continue de m'étonner lorsque je rencontre ces hommes et femmes pour qui tout est réglé, coincé dans le marbre, coulé dans le bronze.
Des gens plein aux as et des crève-la-faim, qui se trouvent devant ce qui leur reste à vivre comme devant un tapis roulant: ça avance mais ils ne bougent pas.


La foi répond-elle vraiment à tous nos besoins?

A force de rencontrer des gens et des pipeuls, je m'étonne qu'un aussi grand nombre d'entre euxelles, parfois hyper sympathiques, drôles, cultivés, intelligents, me disent: "Tiens, j'y avais jamais songé?" .
Du coup je me demande dans quelle mare d'inertie je suis moi-même, je me demande quelle part de mon être a cessé de fouiller?

Si tant de personnes ont adopté un programme religieux, pensez-vous que ce soit pour ne plus avoir à se poser cette question de l'après, juste avant?
Faut-il continuer à apprendre, sachant  qu'on ne l'emportera pas au Paradis?
Auriez-vous préféré naître, déjà nanti de tout un savoir?
Vaut-il mieux vivre l'ivresse de la révélation ou l'angoisse de l'énigme jamais résolue?
Pensez-vous que leblase soit un maniaque de la question uniquement parce qu'il trouve que le point d'interrogation a une jolie forme? ? ? ?????           ?

Peut-on être et cesser d'en douter?

*Authentique