"Le Sage est au moins aussi unique qu'un autre"
Raoul Higan, Dublin, 1831
Parlons un peu de nous.
Qui est nous? Vu d'ici, c'est vous et moi. Vous c'est quoi? C'est d'abord chaque toi.
C'est aussi un composé de commentateurtrices, de zyeuxmuets, de robots, de clicks par erreur.
Moi c'est quoi? Un faux, mais moi.
Ce nous s'exerce sur le shplouc. L'infrastructure initiale ne permettait plus (vu mon incompétence chteumeulienne) de faire face à d'éventuels nouveaux engagements.
Or voila que Mitra et OlivierMG (gonze doué sévissant sur viabloga) ont créé un modèle souple et évolutif, que j'ai adopté.
Mais...le shplouc étant ce qu'il est c'est-à-dire d'abord fait de ce qu'on y donne de soi, comme un théâtre dont les spectateurs sont aussi les dramaturges, actrices ou caissières (et dont je serai la placeuse), le contenant devait comme avant s'effacer au profit du contenu.
Ce qui impliquait un chantier, entreprise délicate
Mitra personnalisa le modèle pour cadrer avec mes tergiversations. Laseine roi du flash et diaporisateur émérite me fabriqua le moyen de nourrir le hérisson. Merci à deux trois zozodicis qui zozofièrent aussi.
Comme d'hab' tout ceci n'est rien si on n'en fait pas quelque chose comme disait machin.
A quoi peut bien encore servir un blog gratuit à une époque où les internautes se retranchent derrière les murailles de Sam'Suffit virtuels offerts par les technologies web deux, trois, quatre, douze zéros?
Internet devenu marchand doit parquer le chaland dans un espace vers lequel concentrer toutes les données de clientélisme et de surveillance nécessaires, donc de meilleurs outils à profils: Facebook par exemple, tout en laissant à l'abonné la possibilité de croire encore que l'on s'adresse à lui: Myspace par exemple.Comme d'hab' tout ceci n'est rien si on n'en fait pas quelque chose comme disait machin.
A quoi peut bien encore servir un blog gratuit à une époque où les internautes se retranchent derrière les murailles de Sam'Suffit virtuels offerts par les technologies web deux, trois, quatre, douze zéros?
Fragmentés en blocs à la fois mous, cloisonnés et rigides, ces petits cubes dans lesquels le taulier comme le visiteur est aspiré mais d'où il devient difficile de ressortir sans laisser de traces ces modèles ne sont-ils pas en train de préparer le monde idéal?
Tout un chacun pouvant, grâce à des technologies toujours plus aisées insérer un tas de mini-appli, de sons et d'images pour décorer en trois clicks son petit logis en ligne dans une apparente souplesse, ne se retrouve t'on pas dans une autre dimension, comme la ménagère des années cinquante devant la machine à laver?
Non pas plongé dans le virtuel mais dans la virtualisation de soi?

Myfacenetspacebookvibes, une surface de trous?
Hymne perpétuel à l'auto-idolâtrie comme le furent et le sont encore si souvent les blogs (Ahhh, leblase, leuublaaase, lebbbla, leb, blase, le!) ces châssis internet offrent une étrange façon de s'acoquiner en une connivence synthétique concentrique.
Ces enclos envahis de publicité quasi invisible proposent des pôles d'attraction sur soi, cases intimes où grouillerait quelque genèse authentique de vie partagée.
L'on aboutirait hélas plus souvent à des cul-de-sac résumant au visiteur un contenu d'humain plus ou moins modélisé par catégories (professionnels esseulés, ménagères désespérées, PDG de banque perdant des milliards, ados aux hormones, compositeurs extrêmement lambda, seniors rois de la Wii, reliés-relatifs en quête de miroirs) où se retrouvent à peu près tous les comptes, services et relations in et hors Toile de ce qu'on appelle désormais des utilisateurs.
Car voici une véritable trouvaille sémantique: nous laissant croire que nous sommes acteurs de nos vies de la même façon que nous nous croyons électeurs du Grand Chef, ou que nous croyons avoir besoin de ce dont on nous donne l'envie, nous sommes maintenant désignés non plus par les termes ringards de gens, foule, clients, personnes ou untels.
Non, nous sommes des utilisateurs.
Chacune de nos actions d'utilisateur est d'ailleurs quasi-irrémédiable: essayez d'effacer les informations personnelles que vous avez déposées dans ces alvéoles.
L'individu ainsi livré au Gloups Globalo-Potent, sorte de Grand Scanner Eternel, qu'adviendra t'il de la volatilité et de l'impermanence de l'être?
Ces enclos envahis de publicité quasi invisible proposent des pôles d'attraction sur soi, cases intimes où grouillerait quelque genèse authentique de vie partagée.
L'on aboutirait hélas plus souvent à des cul-de-sac résumant au visiteur un contenu d'humain plus ou moins modélisé par catégories (professionnels esseulés, ménagères désespérées, PDG de banque perdant des milliards, ados aux hormones, compositeurs extrêmement lambda, seniors rois de la Wii, reliés-relatifs en quête de miroirs) où se retrouvent à peu près tous les comptes, services et relations in et hors Toile de ce qu'on appelle désormais des utilisateurs.
Car voici une véritable trouvaille sémantique: nous laissant croire que nous sommes acteurs de nos vies de la même façon que nous nous croyons électeurs du Grand Chef, ou que nous croyons avoir besoin de ce dont on nous donne l'envie, nous sommes maintenant désignés non plus par les termes ringards de gens, foule, clients, personnes ou untels.
Non, nous sommes des utilisateurs.
Chacune de nos actions d'utilisateur est d'ailleurs quasi-irrémédiable: essayez d'effacer les informations personnelles que vous avez déposées dans ces alvéoles.
L'individu ainsi livré au Gloups Globalo-Potent, sorte de Grand Scanner Eternel, qu'adviendra t'il de la volatilité et de l'impermanence de l'être?

Distincts ou distants?
Ce Web aujourd'hui nécessaire sinon indispensable à la construction d'infrastructures vitales pour sortir les damnés de la Terre de ladite damnation, présente paradoxalement au même moment dans les domaines ludiques, culturels, pédagogiques des sociétés encrassées comme la nôtre, une potentialité à peu près aussi annihilante du soi que la télévision ou la lecture de Paris-Match, ce qui ne manque pas de sel.
L'indéniable avancée technologique que subit la Toile depuis deux ans accentue aussi ce qui n'a cessé de rendre le net si étrange: nous éloigner les uns des autres aussi irrémédiablement qu'il nous met en contact.
Les pseudo réseaux sociaux scindent-t'ils ou brassent-t'ils le réel?
Pensez-vous que ces nouveaux HLM en ligne rapprochent la femme de l'homme, le vieux jeton de la blanche oiselle, le terroriste du terrorisé?
Avez-vous des suggestions pour améliorer le shplouc?
Si mon prochain est comme moi, est-il moins ou plus lui que moi lui?
L'Internet est-il encore utile à l'humain, et inversement?
Influe t'il sur la différence entre celuicelle qui croit ce qu'ilelle voit et celuicelle qui croit ce qu'ilelle vit?
L'individu, âme errante et par essence solitaire.. Où est la jouissance?
Pensez-vous que ces nouveaux HLM en ligne rapprochent la femme de l'homme, le vieux jeton de la blanche oiselle, le terroriste du terrorisé?
Avez-vous des suggestions pour améliorer le shplouc?
Si mon prochain est comme moi, est-il moins ou plus lui que moi lui?
L'Internet est-il encore utile à l'humain, et inversement?
Influe t'il sur la différence entre celuicelle qui croit ce qu'ilelle voit et celuicelle qui croit ce qu'ilelle vit?
L'individu, âme errante et par essence solitaire.. Où est la jouissance?










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