Version imprimable Tranches de vues

sans les mains


"La charya c'est vraiment dégueu"

MAM,Coupures de presse

"Mesurer, c'est mentir"
Gordano Bruno,circa 1595

Le rationalisme c'est vraiment n'importe quoi.
Plus ça va plus on réalise que la vision occidentale du monde et des lois universelles, anthropocentrée à l'extrême, reproduit un monde de délire.
En dehors de percées et dominations technologiques (souvent dues aux guerres), quel modèle de civilisation offrons-nous, gaulois, bataves, goths, rosbifs et pionniers amerloques (je passe les autres pour économiser l'espace) que nous sommes ?
Hmmm?
Je vous l'demande.

Que voyons-nous de la Terre ?
Ce n'est pas trop dans le domaine des Arts, de la Culture, du rapport humain, du sens de l'Histoire qu'on peut se poser en modèles durables hein.
Parce que dans ces domaines-là, on est déjà tournés vers la fin: que ce soit Damien Hirst, les débats télé, Samuel Huttington (ou FKK...non je rigole) ou l'anémie spirituelle généralisée, il paraît clair qu'on n'avance... que vers la chute.
En un sens l'impermanence et l'éphémère, désormais magnifiés par l'instantanéité de parution que nos outils procurent devrait nous offrir l'illumination bouddhique.
A la place,que dalle:
la réalité est un objet de consommation/consolation:
jetable

On est parvenus à un tel niveau de bouillie intellectuelle collective qu'on se retrouve avec des politoches, ministres de surcroît qui, face à leur incompétence et l'irréalité de leur condition envisageraient les amputations punitives légales.

Ce degré zéro de la créativité politique illustre l'impasse actuelle de notre partie du monde (Bonjour aux zyeuxmuets chinois qui envahissent les stats shplouquiens), où le sacro-saint rationalisme triomphant est confiné au service d'une logique de la rapacité.
La planète s'épuise, la mine d'or s'assèche.
Donc cessons d'être rationnels sans cohérence, deux minutes. 
De quoi nous permettre de comprendre pourquoi, de quoi et en quoi nous vivons.
Pourquoi, en quoi et de quoi nos enfants vont vivre.
Car si la Terre est notre maison
 
Nous n'avons jamais été seuls à y vivre

Changeons de place avec l'autre.
L'Autre nous.


Faut-il vraiment que nous prenions pour modèles ceux par qui le malheur arrive?
Croyez-vous que les filles portent des culottes assorties à leur burqa?
Pensez-vous qu'il y a des lois uniques, dans un univers unique?
Les pauvres sont-ils forcés de rêver à devenir riches, les faibles à devenir puissants?
Avez-vous un peu de plutonium de Cadarache à me filer (paraît qu'on s'est gouré dans la compta, et qui'y a du rabe de libre)?
Et aussi: les femmes nues sont-elles plus susceptibles d'attrapper la grippe A que les tanards boîteux de Fix?
 


Version imprimable Le démentir

Quand le dément tire, la vérité plonge


"Quand le fou dit qu'il pleut, la pluie ne mouille pas moins"
Albert leblase, météorologue
 
A Kate, qui nous aurait quitté (qu'elle démente!)

Le fin fond fait le feint du fin dans nos sociétés achte sophistiquées, pourtant lorsque le vernis craque  - et il craque plus souvent qu'un Iphone- il nous est devenu de plus en plus difficile de nous reconnaître dans la vérité toute nue.
Parce que démêler le vrai du faux est aussi difficile pour l'oeil fureteur qu'admettre qu'une pomme est un fruit pour un sophiste.
D'ailleurs une pomme est plusieurs. On peut être une pauv'pomme ou une pomme d'Adam, d'api, de discorde, de pin, de c'que tu veux, et enfin de terre.
il nous est devenu ardu de reconnaître la vérité toute nue parce que tout ce qui est tout nu nous trouble, surtout quand c'est un humain (alors vous imaginez, si c'est une humaine!).

Donc on habille
Mais bon, on ne peut pas en rester là en 24/7 toute l'année, durant toute une vie. A déguiser ce qui nous semble juste sous les oripeaux d'une nouvelle morale aussi répressive finalement que celle qui prévalut en Occident à la fin du XIXème siècle et en partie jusqu'aux années 60. Ne sont pas Taliban que les Pashtounes. Aussi craque t'on devant l'envie de dire que le nu n'est pas seulement un attirail de vente.
 
Le nu est nous.

Dussions-nous pour celà nous replonger dans la pâte initiale.

Ces temps-ci l'internet en prend plein la tête, coupable de tous les maux qui apparemment n'existaient pas avant (contrefaçon, rumeurs, approximations, pédophilie, empêchage d'apprendage de leçons par les ptits élèves, trafics divers, haine et j'en passe).
Serait-ce parce qu'on peut encore y dire notre part de vérité?

Comme d'hab' on nous dit que le reste est vrai (le reste: maigrir de 3 kilos en deux heures, l'Europe a des valeurs morales, liberté égalité tiercé fraternité, Angelina J et Brad P sont des gens heureux beaux et formidables, le gouvernement empêchera les vilains banquiers de s'en mettre plein les poches de façon pas bien, et caetera et caetera).

N'est-ce pas là un double mensonge, voire un triple si l'on veut bien revenir au principe que le virtuel participe autant du réel que le chausson aux pommes?

Quand le Roi n'est pas nu, porte t'il des jeans?

Lorsque les souvenirs partagés avec vos enfants/parents/fratrie amant/épouse/amis sont si différents, démentez-vous leur vérité ou vous enrichissez-vous de la nouvelle couverture qu'ils vous offrent?
Pourquoi les Ets leblase rouvrent-ils?
Donner à un élément le statut de réel sert-il à le menotter ou à ouvrir une porte?

Est-il dément de démentir?
 


Version imprimable En savoir ou pas

se la raconter en s'oubliant


"Et comme tout présent état d'une substance simple est naturellement une suite de son état précédent, tellement que le présent y est gros de l'avenir."

Leibnitz, la monadologie


Tiens, ça faisait longtemps..
A croire que j'avais oublié l'existence du shplouc. Des commentateurtrices. De Leibnitz. Des zyeuxmuets.
Du café, du clavier, de l'électricité, de mes doigts de pied.
De vous et de moi.
Serait-ce parce que, de vous et de moi je n'aurais plus retenu que moi?
C'est possible, éventuel, afffreux ou alors autre chose que mes conversations avec Kim-Il Sung auraient inspiré.

Mais je reviens, car le monde n'a plus besoin d'être sauvé: il est perdu.
Qu'on le veuille ou non il nous échappe, il nous évite, il nous élude.
A vous tous éminents bouddhologues, je rappellerai brièvement que Gautama (le nom du Bouddha sur son permis de léviter) était fils de roi en Inde. On avait prédit à son père qu'il lui succèderait pourvu qu'on l'empêchât de voir trois choses:
la misère
la vieillesse
la mort.

Résultat tous les vieux schnoks les RMIstes et les crevards étaient tenus à l'écart
.

Un concours de circonstances fit que ces trois stades de la vie lui apparurent alors qu'on le trimbalait en mobilehome.
Du coup, paf.
Questionnements, méditassebec, illuminachose, nirvanage.
Spinoza en aurait conclu qu'il est difficile d'éviter l'inévitable.

Comme vous le savez, des circonstances hyper-bouddhisatrices de misère et de mort (pour la vieillesse on n'a que des congrégateurs), leblase moi-même en a vu mais ces temps-ci ça a frappé plusieurs fois dans ma famille, dans mes amitiés, dans la proximité.
Par exemple un ami de vie, condamné et qui le sait.
Quelqu'un avec qui j'ai déjà partagé l'épreuve de la mort, mais qui malgré sa jeunesse va me devancer d'ici quelques jours (c'est peut-être fait au moment où vous lisez ces lignes) pour la prochaine séance.
Qui sait que je sais: le mensonge devant la fin ne peut exister; son regard a déjà cette puissance qui passe à travers l'ego, les peurs, les manières.
Les regards qu'on échange se passent des yeux et viennent de l'âme.
Par exemple, un blog consacré à la crémation d'un autre ami dont j'accouchai la fille.
Par exemple, un confrère compagnon assassiné là-bas.
Par exemple, le don de celle qui guide sa mère dans une mort naturelle, mort repoussée tant l'énergie vitale est obstinée, mais mort quand même.
Mort qui étrangement proclame la victoire de la vie, et prouve que la Vie n'est pas la nôtre, ni même celle de nôtre fameuse espèce humaine.

Je constate que la fin donne faim.

Ajoutés à l'augmentation du coût de la vie et du paradoxe qui fait qu'on y tient quand même, ces phénomènes humains m'ont déblogué.
Là-dessus un jeune homme de 15 ans et une jeune fille de 13 ans m'ont appris où est le trou dans le noir sur le temps en me demandant de leur en apprendre sur moi: comme dans le métro ou le TGV il y aurait donc une motrice à chaque bout?

Ainsi suis-je, frais comme un gardon en plastique, repeint en fluo et constatant cette constatation: chaque chose que j'apprends m'apprend que ce que j'ignore augmente.

Du coup, la sagesse ne consisterait-elle pas à ne plus chercher à savoir?
Savoir que leblase en sait plus vous convainc t'il qu'il en sait moins, et vive-versa ou vice-versa?
Savoir qu'on sait étouffe-t'il l'âme?
Faut-il éviter ceux qui savent?
A quoi les reconnaît-on?
Le savoir des uns nuit-il à celui des autres, de la même manière que notre ignorance se conforte dans celle d'autrui?
Pourquoi l'orange est-elle amère?