Version imprimable Hésiter sans doute

rendons grâce à l'incertitude

"Pour chaque problème il existe une solution nette, plausible, et fausse"

H-L Mencken

Le niveau intellectuel des commentateurtrices et zyeuxmuets (hommage à jlb!) me permet de le dire: rien n'est sûr (même pas leur niveau intellectuel d'ailleurs, si j'y réfléchis..Mais mieux vaut m'en abstenir).
Rien n'est sûr sauf peut-être notre vague conscience que le monde est malheureusement gouverné par des Chefs d'Etat ou de gouvernement aux capacités intellectuelles et aux compétences stratégiques dangereusement limitées, dans un monde de plus en plus complexe.
Vous me direz que ces gens, avant de prendre des décisions capitales pour les peuples, demandent heureusement l'avis de leurs conseillers. C'est vrai.
L'ennui, c'est que ces conseillers ont justement été choisis par des chefs d'Etat aux capacités intellectuelles et aux compétences stratégiques limitées.

C'est pareil ici.

Je voudrais votre avis, mais j'hésite: imaginons que vous ayiez une réponse, qu'en ferais-je après?

D'autant que je parie un discours électoral contre une promesse d'avocat que vos réponses seraient très différentes les unes des autres.
Il me faudrait donc discerner et -horreur- choisir.


Quand j'entend des voix, il n'y en a jamais qu'une seule

Prenons l'exemple de ce ce blog qui en est arrivé à un point crucial: d'un côté existe un projet transgressif et médiatique connu de certains, de l'autre persiste ma quasi perpétuelle envie d'arrêter.Je balance je balance.
Sans votre ouverture d'esprit frisant le dérangement mental qu'induit la remise en question, je n'aurais pas comme vous savez pas dépassé l'essai gratuit Viabloguesque pour me ruiner avec l'abonnement annuel scandaleux d'un million de skaglaffs lourds.

Ces temps-ci approche la date du réabonnement et je vis à nouveau les joies et les affres de la décision à prendre.
Seulement voilà: le shplouk est vraiment interactif, leblase n'est qu'un taulier douteux tout autant que dubitatif. Ma motivation pour poursuivre dépend donc plus de la perspective de vos si divers apports, parmi lesquels la créativité d'un charmeur de serpent , les vagabondages cyclopédiques ou les impertinouilles dessinées impertinences de certaines, les laconismes abrasifs complexes ou les oulipismes d'achroniques, les logoblogarrhées, les informatisages et débarquements héroïques, les persannifications acidulées ou autres interventions ciselées venues de le monde hantier pour nous hanter, que d'un désir personnel d'expression à moi personnellement mienne.
Ceci dit malgré les tartines que j'allonge.


Nos décisions dépendent-elles de nous?
Le choix de l'humain est-il toujours entre deux options?
Le sens est-il unique?

Qu'importe le doute, pourvu qu'on ait l'incertitude me dis-je souvent en prenant des avions ou des trains sans en vérifier la destination. Maintenir les choses en vie demande de ne pas leur accorder la permanence, ce qui ne m'éclaire pas plus que vous.
Vous le savez, j'ai pris l'habitude de toujours finir mes billets par des questions mais il s'agît cette fois-ci de rien moins qu'un choix personnel.
Je vais donc pour une fois me dispenser de cette tradition, et celà pour une bonne raison: qui veut vraiment obtenir d'autrui une réponse aux questionnements qui nous font avancer?
Je vous l'demande.


Commentaires

ne balancez plus. le monde est de plus en plus complex. et complex est invariable.

 

complex | Le 12/01/2007 à 16:49 | [^] | Répondre

C la VERITRE

 
Tout serait bouché ? Il n'y aurait plus de débouchés ? C'est que les débouchés sont bouchés ? Il faut donc déboucher les débouchés !

Bon alors, tuCkoi ? les amérindiens me disaient ..
que Leblase est parfois sous influenza, qu'il n'est pas un échantillon représentatif, qu'il a des capacités limitées comme les chefs d'Etat, qu'il s'y retrouve toujours dans les flux et reflux de ses humeurs, qu'il ne résistera pas à une bonne tasse de thé, ni à toutes ces petites choses laissées ici qui bien considérées ne sont pas petites ni grandes, mais mystérieuses, qu'il partage avec Leblase un sort comme nous tous, et qu'il faut lui dire une grosse connerie pour le faire rire
(grosse connerie, xlnt !!!!hahahahha)

Et lautréamont m'a dit , snif, que tes hésitations étaient comme l'incertitude des mouvements musculaires dans les plaies des parties molles de la région cervicale postérieure et que tu respirais la violation du devoir par les pores. (le devoir...)

Et puis tu sais, il ne faudre pas qureude tout'lmonde croive queudre pour arriver à quelqureu chosre, on a besoindr de forcé"mentr casser ce quidr rxistre. Enfin c'est mon azvitre. Allez salutre !

@B1to

 

marina | Le 12/01/2007 à 21:28 | [^] | Répondre

Re: C la VERITRE

marinalacrème,



..."les amérindiens me disaient ..que Leblase est parfois sous influenza"...
 


je ne nierai pas ce fait mais j'hésite,
comme pour les chaussures d'Elle: rose ou l'autre?

 

leblase | Le 13/01/2007 à 15:02 | [^] | Répondre

Marche et doute !

Le choix des humains est-il toujours entre deux options ?

Si un guerrier urbain se demande quelles chaussures il va mettre aujourd'hui, certains diront aisément que la réponse dépendra du nombre de paires de chaussures qu'il a dans son  placard,

A votre avis, la réponse sera mieux adaptée s'il a à sa disposition:

  • 3246 paires
  • Une paire
  • ses pieds nus
  • je ne sais pas

C'est le doute Leblase qui nous fait avancer!

Ainsi va la vie!

 

Elle | Le 13/01/2007 à 07:17 | [^] | Répondre

Re: Marche et doute !

ElleImelda,

Si la certitude est le début de la fin, le mur de l'impasse, le bain de la stagnation, le doute est-il pour autant toujours un moteur?
L'hésitation est-elle le doute?
Devant les deux paires de chaussures que tu nous proposes, qu'as-tu fait?
As-tu hésité à les acheter? Hésité entre la rouge et la noire?
As-tu douté des réactions de ton mec devant la bombe que tu lui proposerais en marchant perchée sur ces talons?
As-tu hésité devant les réactions de ton mari/co-directeur du budget familial?

Le doute nous pousse à remettre en question les évidences, nous maintenant ainsi en éveil, curieux, ce qui augmente notre capacité à ressentir et aimer.
D'accord.
Mais l'hésitation?

 

leblase | Le 13/01/2007 à 14:34 | [^] | Répondre

Re: Re: Marche et doute !

Ben...quel que soit le chemin que tu prendras, que tu arrêtes ce blog, ou que tu continues, fraise ou vanille, Bamako ou Venise ,

cela te mènera forcément quelque part, et de cette route tu auras des enseignements à tirer,quitte à te dire "je me suis planté"...l'important étant l'expérience, non?

Perso, je choisis toujours la voie la plus facile, celle qui me coûte le moins...

(dans le cas des chaussures censées servir à marcher( et c'est bien la métaphore que j'illustrais), je n'ai pas hésité, vu le prix , j'ai laissé les deux!)

 

Elle | Le 13/01/2007 à 19:15 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Marche et doute !

Elle

Comme je l'évoquais, il s'agît depuis deux ans de "ma quasi perpétuelle envie d'arrêter".

Une fois auparavant j'avais dans un billet (S'en passer n'est pas trépasser") parlé de mes incertitudes concernant ce blog et de mon projet d'en créer un autre.
A ma grande surprise, quasiment tout le monde avait pris ça pour un avis de décès.
Toi qui nourris ce bouge depuis longtemps tu sais, comme la plupart, que le doute sur un tas de choses dans la vie est  un moteur fondamental, l'origine de mon désir de voir le monde (et accessoirement de le sauver, 'f course).
Cette considération est généralement partagée.
Mais lorsque j'émets des doutes sur le blog lui-même, je m'étonne que l'on n'y voie pas plus souvent mon désir d'en discuter avec vous.
Certains jours l'être humain normalement constitué, ainsi que leblase, se pose des questions organisationnelles:
soit parce qu'il ne peut pas faire plus qu'il ne fait, soit parce que certaines activités ne le font plus progresser, soit parce que l'Ange de la Priorité lui offre des changements d'options, soit parce qu'il en a marre de la vie dans son ensemble, soit parce qu'il en marre des ordinateurs, soit parce qu'il fait meilleur dehors, soit parce qu'il a envie de faire caca, soit parce que deux milliards d'autres choses lui grattent sous les bras.
Donc je vous en cause, car c'est aussi un sujet à partager. Tout comme je me suis demandé parfois si je ne devais pas évoquer l'idée d'une refonte graphique du truc, même si sa simplicité permet de mettre en valeur les richesses graphiques de certains commentaires, ce qui est la rasion pour laquelle j'ai gardé ce décor.
J'aimerais comme tu dis choisir la voie la plus facile mais c'est- trouvé-je-,  en général la moins intéressante: j'ai l'impression que moins tu investis de toi-même, moins le chemin te rétribue...

(Je crois que si tu as laissé les deux paires de chaussures là où elles étaient, c'était en fait parce que tu en avais répéré ailleurs, non?)

 

leblase | Le 13/01/2007 à 20:08 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Marche et doute !

Mais non Leblase , t'es pas tout seul !

On a tous dit qu'on ne voulait pas que tu t'en ailles, même si nous l'avons masqué sous une dignité de circonstance , ou quelque pirouette cacahuette...

Tes doutes tu les exprimes depuis un certain temps déja, j'ai souvenir d'un de tes post en août  2005, mais personne ne te prenait au sérieux , parce que je crois que personne n'a envie que ça s'arrête!

(pas le temps de  le recherher,)

Faire le deuil de quelqu'un, d'un lieu ou d'une habitude c'est difficile et c'est parce que ce lieu , qui est devenu un collectif, nous manquerait trop qu'on t'a un peu fait la gueule après "s'en passer n'est pas trépasser", on t'en voulait peut être de nous abandonner, surtout que tres maladroitement ,tu disais " j'ouvre un quatre étoiles  ailleurs, mais vous n'êtes pas assez V.I.P  pour y venir "...

(je dis "on" mais bien sûr cela n'engage que moi)

Mais Leblase, nous aussi on a des doutes , il m'arrive souvent  de me dire , en tant que touriste de la blogosphére, "demain j'arrête leblase.net " , comme j'en ai arrêté d'autres (essentiellement parce que les tauliers ont avalé un manche à balai et qu'ils manquent totalement de générosité, parce les commentateurs n'ont à leur disposition  qu'un traitement de texte merdique,...par ce qu'ils cédent au culte du Deus ex machina) ,

il m'arrive régulièrement d'évoquer leblase.net avec une ou deux personnes  du lieu  et régulièrement on se dit "on s'ennuie, marre d'être le bouffon du roi, marre d'être une  courtisane " , sans qu'on puisse débrancher plus de quelques jours, tant que je sais qu'il y a de la vie par ici, je ne peux pas m'empêcher de venir faire un tour,

même si des fois tu m'agaces ( tu sais quand tu te la joues sur ta légende personnelle, "oui vous comprenez toutes ces filles que j'ai  couché sur papier glacé et que j'ai mis dans mon lit", )

ou  quand  UneTelle m'enerve , quand elle se la joue grande soeur ( et que tres certainement j'agace aussi quand je me la joues  serpent dans le pommier )

j'ai toujous plaisir à  à lire la prose ciselée de @£#&, les jongleries de *%§{\ , les élucubrations de ù*$^, les clin d'oeil  de ([^]}, et les errances  de LaSeine .

L'avantage de suivre l'inclinaison naturelle du chemin ou de se laisser porter par le courant , c'est que même si je  me perds j'ai toujours le plaisir de marcher ou que si je fais naufrage j'ai toujours le bonheur de nager,

je ne crois pas  que l'importance du trésor trouvé ou que  la beauté du paradis recherché dépendent du fait d'en avoir baver ou pas en route ,

amen!

 

Elle | Le 14/01/2007 à 09:07 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Marche et doute !

Elle,
Excellent ... morte de rire de ta franchise que j'aime ... que veux tu, je ne suis qu'un être sensible qui ne fait que la moitié d'un homme dans son monde et qui doit devenir un être entier dans le votre !

Et je rajouterai que dans ce lieu contrairement à la vraie vie, il a l'avantage de ne pas avoir à gérer les nenettes à vouloir se mettre à poil devant lui. Il a juste à gérer les commentaires déshabillés des uns (et pas seulement des unes) et des autres.

A votre santé.
Au bonheur des leblasiens (zyeuxmuets compris).

 

mitra | Le 14/01/2007 à 11:34 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Marche et doute !

Mitra
Arrête, tu vas me faire pleurer

..."un être sensible qui ne fait que la moitié d'un homme dans son monde et qui doit devenir un être entier dans le votre !"...

Encore faut-il que l'homme dont tu n'es que la moitié soit à lui seul un être entier et non pas simplement un segment de foule!
Sinon ça ferait quoi ?

...Alors je prend un homme divisé par 0,33 de facteur idéologique + 0,14 de facteur religieux + 0, 09 de facteur social, + 0, 26 de facteur freudien + etc...
Que reste t'il de Mitra?

 

leblase | Le 14/01/2007 à 17:21 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Marche et doute !

Pour le coup, c'est moi qui pleurais hier soir lorsque Luc m'a montré quelques interview avec des personnes (des hommes et des femmes) qui se sont présentés pour être candidat aux élections présidentielles (pour la place de Ahmadinejad). A priori, il y a eu une loi pour que tout le monde puisse se présenter (du genre le régime qui est pour la liberté) aux présidentielles. Parmi eux, il y avait un poète, un tapissier, une fille qui avait 19 ans, un agriculteur, etc. !

 

mitra | Le 14/01/2007 à 18:01 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Marche et doute !

Le conseil des (soi-disant) sages n'aurait-il plus autorité pour dire qui est autorisé à se présenter, comme celà a été le cas jusqu'ici?
Par ailleurs, tu nous parles de Luc... cékiluc?

 

leblase | Le 14/01/2007 à 18:11 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Marche et doute !

Si, au final c'est bien eux qui filtrent mais tout le monde peut se présenter. Même moi (qui fait au mieux 0,18 de l'homme) héhé !

Pas la peine de faire semblant de ne pas connaître Luc.

 

mitra | Le 14/01/2007 à 18:19 | [^] | Répondre

Mitra aime le café filtre

Mitra
Que filtrent-ils alors?
La lutte au sommet s'intensifie entre les conservateurs hyper-rigides à la Katami, les conservateurs hyper-corrompus mais compétants à la Rafsandjani, et les conservateurs populistes hyper largués mais prêts à tout (Vive Chavez!) genre Ahmadinejad.
Pendant ce temps-là, l'Administration Américaine actuelle avec sa balourdise habituelle, au lieu de se servir de ces luttes intestines, fait tout pour les réunir contre elle...

Sans déc, je ne vois pas qui est Luc.

 

leblase | Le 14/01/2007 à 18:37 | [^] | Répondre

Re: Mitra aime le café filtre

Leblase,
Lors des présidentielles du 2005, ils ont été beaucoup à se présenter (voir vidéo ci-dessous, le poète au turban jaune est celui qui vient dans la deuxième partie de vidéo) :
Enregistrement des candidats aux éléctions présidentielles du 2005
Une fois que les candidats se sont enregistrés, l'assemblé des experts les filtrent. Restent un nombre restreints de candidats qui seront choisi par le suffrage.

Au début de la révolution, il n'y avait qu'une partie.
Puis deux parties réformateur et conservateur (l'arrivé de Khatami pour laisser respirer une partie de la population ... souvent les plus riches).
Et puis enfin trois parties dont les hyper largués (l'arrivé de Ahmadinejad pour laisser espèrer la population pauvre).

Pour Luc, je ne peux que te renvoyer vers ton propre commentaire.

 

mitra | Le 14/01/2007 à 19:20 | [^] | Répondre

Re: Re: Mitra aime le café filtre

Mille pardons,
J'ai écrit Khatami pour ls hyper-rigides, alors que bien entendu je pensais à Khamenei, le "Guide".
Je partage ta lecture du Khatamisme.

Ah, ce Luc là?

 

leblase | Le 14/01/2007 à 19:48 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Marche et doute !

héhé
 

UneTelle m'enerve , quand elle se la joue grande soeur

t'as raison, bonhomme!
C'est marrant, je n'ai jamais eu la sensation -je t'écris ça très sincèrement, sans pommade- que tu aies jamais été une quelconque "bouffon du roi".
Je crois même l'avoir évoqué à ouadio aligwe: ta liberté et ta propension à fumer des naseaux.
Pour ce qui est des courtisanes, s'il est évident que vous usez abondamment de vos agaceries de séductrices, il ne m'est pas non plus apparu quec'était en me traitant comme un Dieu (ou alors Dieu a vraiment du souci à se faire).

Mais peut-être suis-je aveuglé...


par le culte de la personnalité!
(décrypte le fronton)


En fait une seule personne ici m'a semblé faire dans la flagornerie, et n'a pas fait long feu après un passage intensif.
D'ailleurs cette personne n'a , de plus, jamais donné envie aux commentateurtrices de communiquer avec luielle.
Pour le VIP quatre étoiles, je sais qu'il y a eu un malentendu car monblogchiant ne sera pas du tout un truc de luxe mais de prises de tête lugubre, et c'est tout.
N'empêche, j'hésite toujours.

 

leblase | Le 14/01/2007 à 17:13 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Marche et doute !

Mais bon sang fais tu le coquet ? Comment pourrions-nous te faire arrêter d'hésiter ?
Hein ? Qu'est-ce qui pourrait te faire glisser d'un côté ou de l'autre de ta décision ?
Et que penses-tu qu'il se passe d'intéressant pendant que tu hésites ? Nous sommes donc dans l'attente d'un arrêt momentané ou définitif de ce blog, comme il en a déjà été question.
On a pas trouvé mieux en remplacement, donc on n'a rien à proposer, Leblase.

Allez, Fiat lux!!


 

marina | Le 14/01/2007 à 20:15 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Marche et doute !

marina

Mais tu n'as pas arrêté de me faire hésiter, au contraire!
Sans tes impertinouillages et , comme je le disais, les autres effronteries et illuminantes ou créatives, surprenantes ou rigolotes interventions des autruis, je n'hésiterais même pas.
Allez, Peugeot lux!

 

leblase | Le 14/01/2007 à 22:54 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Marche et doute !

C'est que tu me ferais hésiter bientôt moi aussi....
Toutes ces hésitations, coquetteries, leblasiennes....
A savoir qui va dégainer l'air de rien le truc qui fera basculer légèrement l'hésitation....

Alors sommes nous face à face, face à dos, dos à dos,  et de face ?

on entend une aile d'abeille vibrer dans l'air....
Un léger brombissement qui demande toute l'attention de l'assistance (hé, hé...)
Rien n'est préformé, c'est délectable.....

 

marina | Le 14/01/2007 à 23:39 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Marche et doute !


Juste une petite chose encore, sérieuse celle-là, pour continuer à te faire hésiter :  nous avons appris à nous connaître un peu, nous avons renouvelé, transformé ce que nous pouvions dire, en devenant plus sobres avec le temps, moins émotifs, plus "fatigués", plus économes, plus simples, mais nous sommes peuplés et c'est cette élégance là, ce peuplement là, dessiné avec les formes de nos dialogues innombrables, que nous ne voulons pas perdre.
Mais peut-être ne le perdrons-nous jamais, comment savoir ? Nous avons inventé des formes et des outils, peut-être devons- nous maintenant abandonner quelque chose, perdre, pour expérimenter autre chose.
Il en reste que si Leblase n'était pas Lenlase nous ne serions sans doute pas encore là.... nous non plus....

 

marina | Le 15/01/2007 à 00:06 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re: Marche et doute !

marina,
que ce soit dos à dos, pied à pied, ventre à ventre, ventre à terre, pied de porte, à dos d'âne: j'adore le mot délectable.
Je m'en pourlèche.

 

leblase | Le 15/01/2007 à 00:51 | [^] | Répondre

fatiguée

 

Jo | Le 14/01/2007 à 21:56 | [^] | Répondre

Re:

Crevée.

 

mitra | Le 14/01/2007 à 22:41 | [^] | Répondre

Re:

Jo
Mitra
Après ce très intéressant échange d'informations entre vous deux, permettez


que je vous offre l'asile (de repos)

 

leblase | Le 14/01/2007 à 22:51 | [^] | Répondre

Re: Re:

Leblase,
Merci de ta proposition, mais je pense que même dans cet asile, j'inventerai un fil pour me connecter.
Je pense que je suis malade de leblasepointnet.
Comme il me fatigue, et comme je n'arrive pas à laisser tomber (pas plus de deux jours ... ok, pas plus de deux heures), je te demande d'arrêter.

 

mitra | Le 14/01/2007 à 23:35 | [^] | Répondre

Re: expressions autoréférentes qui ne disent que ce qu'elle disent

Vous venez de commencer à lire la phrase que vous venez de finir de lire.

Cette phrase contient 1 chiffre 1 en trop.
Avec cinq mots de moins, cette phrase ferait cinq mots.

Ce titre contient quatre a, un b, cinq c, cinq d, dix-neuf e, deux f, un g, deux h, treize i, un j, un k, un l, un m, seize n, trois o, quatre p, sept q, sept r, sept s, quinze t, dix-huit u, un v, un w, six x, un y et quatre z.

 

Anonyme | Le 14/01/2007 à 23:45 | [^] | Répondre

Re: Re: expressions autoréférentes qui ne disent que ce qu'elle disent

Par contre la phrase "c'était laseine l'anonyme" contient cinq mots , vingt-et-une lettres et deux appostrophes : une pour Jo et l'autre pour Mitra.

 

laseine | Le 14/01/2007 à 23:48 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: expressions autoréférentes qui ne disent que ce qu'elle disent

Laseine

J'étais entrain de lire ces quelques échanges sur les hésitations de Leblaselletmarinainainsiquemitraetpuistoi qui planent quant au devenir de ce lieu et une fois de plus, t'as mis le doigt là où ça chatouille.

C'est marrant mais dans cet échange sur une fin qui n'arrivera pas (je passe en ce moment mon diplôme de fkih et je sais dorénavant des choses que personne n'ignore), tu verses pile-poil dans cet exercice qui m'avait fait démarré. Pour un début j'avais intitulé le truc "Le compte est bon", comme si je voulais en finir dès alors ;-)

Sinon, pour Jo et Mitra, tu crois que ça suffit deux apostrophes ?

 

Durell N. Moriarty | Le 15/01/2007 à 00:40 | [^] | Répondre

Re: Re: expressions autoréférentes qui ne disent que ce qu'elle disent

Laseine,
j'adore ce genre de trucs. Sinon je serais devenu général.

 

leblase | Le 15/01/2007 à 00:47 | [^] | Répondre

Rendre aux espaces sauvages domestiqués de l'univers mental leur irréconciliable étrangeté

on ne devrait construire que ce qui, par son excellence, serait digne d'être détruit. C'est le cas avec leblasepointnet alors profitons-en, gardons le.
Et si nous avons une incertitude quant à la raison suffisante pour continuer ce blog alors là est sans
doute sa raison nécessaire d'être. Parce que effectivement, "qu'importe le doute, pourvu qu'on ait l'incertitude".
D'ailleurs, nous ne le vivons pas comme existant vraiment puisqu'il est faux, mais comme une
fantasmagorie, avec l'angoisse retrospective qu'il ait pu ne pas exister et l'angoisse permanente qu'il puisse disparaître.
Et puis tout n'est pas de faire disparaître leblasepointnet encore faut-il liquider leblase !!!!

Il y a un an, un infime détail, (qui avait fait intervenir la Sirène) aurait pu sans doute mettre définitivement fin à cette folle entreprise mais le destin est subtil.

Le passage d'une année à l'autre sera désormais l'instant rituel de cette refléxion rituelle, comme dans l'Agent secret de Conrad, le groupe "terroriste" qui voulait dynamiter l'Observatoire de Greenwich pour "libérer le Peuple du Temps".
Ils voulaient continuer de sauver le monde sans scrupule mais ils hésitaient sans doute ... les plus pragmatiques d'entre eux pronaient l'utilisation temps universel coordonné directement liée à la rotation de la Terre ; tandis que les plus radicaux, considérant que ce temps est instable et indigne pour programmer un tel évènement, penchaient pour le temps atomique international.
Ah la seconde intercalaire 
!!!

"Je vais donc pour une fois me dispenser de cette tradition, et celà pour une bonne raison : qui veut vraiment obtenir d'autrui une réponse aux questionnements qui nous font avancer ?
Je vous l'demande."

Dans une fable de  Nasreddin, on le voit tous les jours passer la frontière avec des mules chargées de sacs. Au CheckPoint, les soldats fouillent les sacs mais n'y trouvent rien. Et Nasreddin continue de passer la frontière avec ses mules.
Longtemps après, bien longtemps après (quand la paix fut retrouvée et le MUR utilisé à d'autres fins puis détruit), on lui demande ce qu'il pouvait bien passer en contrebande. Et Nasreddin de répondre : "je passais des mules"

Ainsi peut-on se demander quel est le véritable objet de contrebande de leblasepointnet ?
Allez passeur de mules ! Au travail !

 

laseine | Le 14/01/2007 à 22:53 | [^] | Répondre

Re: Rendre aux espaces sauvages domestiqués de l'univers mental leur irréconciliable étrangeté

J'ai une montre en métal,
telle que nul n'en possède,

elle se hâte et languit,
comme un coeur persévérant.

Ses aiguilles et le temps
sont en conflit ouvert.

Elle marche et moi, je traîne;
elle s'arrête: peu m'en soucie!

Oui, je la vois, sans m'irriter,
avancer puis retarder: à sa guise!

Si je m'entête à la porter, c'est qu'elle excelle
à me tromper sur le temps...

Ahmad Chawqi
 

 

leblase | Le 14/01/2007 à 23:09 | [^] | Répondre

Arrêter les pendules ? ( ou l'instant d'après)

Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne,
Faire taire les pianos et les roulements de tambour
Sortir le cercueil avant la fin du jour.

Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent ces trois mots Il Est Mort,
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices
Ganter de noir les mains des agents de police

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l'amour jamais ne finirait : j'avais tort.

Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Démonter la lune et le soleil
Vider l'océan, arracher les forêts
Car rien de bon ne peut advenir désormais.

-- Wystan Hugh Auden (1907-1973)

 

Elle | Le 15/01/2007 à 10:01 | [^] | Répondre

Re: Re: Rendre aux espaces sauvages domestiqués de l'univers mental leur irréconciliable étrangeté

Blase,
Il y a quelques années les enfants ont offert à leur père caresser de boules de plumes tombées du nid une horloge qui indique chaque heure par un chant d'oiseau. Depuis je crois que le temps ne se lit plus de la même façon à la maison, car à chaque fois qu'un pioupiou du jardin chante, je ne sais plus très bien s'il est réel ou si c'est une nouvelle heure de la maison qui s'égrène. Cela a créé comme une interpénétration naturelle entre le temps des hommes et l'espace du jardin des oiseaux. N'est-ce pas à ce point de rencontre là que ton hérisson pourrait trouver quelques accalmies à ses doutes ?

 

ancolie | Le 16/01/2007 à 16:23 | [^] | Répondre

Hésiter... avec doute

Ton surtitre "hésiter sans doute" surprend. Normalement quand on hésite, c'est qu'on doute :-) Il y a quelque chose qui cloche.

 

Yves | Le 15/01/2007 à 06:06 | [^] | Répondre

Re: Hésiter... avec doute

Et peut-on, à l'inverse, douter sans hésitation ? Tu vois, Leblase, ce n'est pas simple :-)))

 

yves | Le 15/01/2007 à 09:34 | [^] | Répondre

Re: Hésiter... avec doute

Yves,
Eh oui, en effet: il y a quelque chose qui cloche.
Tous les joyeux drilles et coquines drolesses qui hantent ce bouge font semblant de m'enterrer vivant, ou même d'offrir mon coeur pulsant au Quetzalcoatl de la virtualité pyramidale, alors que mon billet comme d'hab parle d'autres topiques.
Mais nous sommes ici dans une commentateurtriçocratie: le taulier n'est qu'une innocente victime jetée en pâture aux caprices partiaux de ceux et celles qui choisissent non seulement la part de l'ambivalence que je laisse choir, mais de plus la façon de la traiter.
Je prendrais comme sujet la recette du pot-au-feu, par exemple:
combien parierais-tu qu'ilselles se feraient une joie de me reprocher de faire la promo des OGM? Combien parierais-tu qu'ilselles discourraient du sauté de veau? De la façon traditionnelle de dresser la table? Des mérites comparés de la vichyssoise et du rutabaga à la liqueur de cassis? De la différence de digestion occasionnée par la proximité à table d'une femme dont la robe serait si remontée sur les cuisses que ses voisins mâles boiraient le bouillon bouillant sans réaliser qu'ils se cloquent le palais?
Hmm? Combien tu paries (en skaglaffs lourds, s'entend)?
Au bout de deux cents commentaires, personne n'auraiot répondu à ma question tout aussi philosophique, ontologique, géostratégique que fonctionnelle: combien de macreuse pour quatre personnes?
 

 

leblase | Le 15/01/2007 à 11:52 | [^] | Répondre

Re: Re: Hésiter... avec doute

Leblase >
Entre 600 et 800 grammes. Le double, si tu conserves ton pot-au-feu pour le lendemain, lequel est toujours bien meilleur quand il est réchauffé.



Bon, assez parlé, à table !

 

yves | Le 15/01/2007 à 12:05 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Hésiter... avec doute

Yves,
merci, j'hésitais à me lancer dans la cuisine du prochain repas et j'avais des doutes sur le menu ;-)

 

ancolie | Le 16/01/2007 à 16:25 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Hésiter... avec doute

Ancolie,
Surtout pas de soupe au cochon !

 

yves | Le 16/01/2007 à 16:41 | [^] | Répondre

serpentons... ma pomme!!

Je ne sais pourquoi (pourtant je me suis longuement posé cette question) ce post évoque à mon tortueux zesprit Alice Sapritch en train de dire « avant j’étais moche... »…sans doute sa « certitude » sincère en contrecoup d’une réaction de mon cognitif roublard.

 

A quelques pas de là, il est vrai que le doute peut devenir, pour certains, une ligne de conduite (loin de moi toute idée en rapport avec quelque flatulence que ce soit) pour découvrir le monde et pour se découvrir soi. En effet, s’il est souvent utilisé de manière temporaire pour arriver à une certitude, le doute peut être utile d’une autre manière plus systématique, et dans un autre but, celui de lever un certain nombre de mensonges ou de simplifications hâtives tapies au sein même des grands principes qui nous pilotent à notre insu.

 

Bon maintenant on peut broder à l’infini sur les cas de figure ayant motivé ce Leblasien questionnement, mais cela reviendrait de facto à mettre en doute sa blasée parole quant au mobile premier de ce questionnement.

 

A quelques pas du quelquespasprécédent…dis donc mon p’tit Leblase ! (Voyez comment j’use d’euphémisme pour titiller le doute du déjaassezdouteurcommeça) je me permet de te poser la question fatidique qui si elle ne nous permettra pas de trancher, nous permettra à défaut de plancher sur  le fondamentalisme de la question (…j’ai l’impression que je tourne en rond là ) :

 

« Avais-tu demandé l’avis de quelqu’un au moment de créer le monde ce blog ?? hein ?? »

 

kb | Le 15/01/2007 à 10:10 | [^] | Répondre

Re: spéciale dédicace

"Je suis dans cette France "respirante", qui redonne des forces parce qu'elle est authentique et en même temps tournée vers l'avenir"

                                    Ségolène Royale, hier à Saint-Léger-de-la-Martinière lors d'un déjeuner avec des agriculteurs-producteurs de chanvre (y zont certainement dû lui filer une taffe de leur produit local)

Apres la France "profonde" de Giscard nous avons droit à un nouveau souffle dans la profondeur abyssale du qualificatif...comme quoi il y en a qui ne doutent de rien....

allez un petit poème rien que pour toi

Le doute


Pauvre tapis d’automne étendu sur la terre,
Inutile moisson qui sèche solitaire,
        Faite pour orner les tombeaux,
Germes décolorés, beauté trop tôt vieillie,
Qui traînez lentement votre robe salie,
        Comme un mendiant ses lambeaux !

Vous voilà sur le sol, sans duvet, sans parure ;
Vous voilà dédaignés de la verte nature
        Pauvres cadavres déliés ;
Vous voilà ballottés comme un flot sur la grève,
Que le rameur abat ou que la brise élève,
        Roulés ou meurtris par nos pieds.

Vieillards d’une saison, le moindre vent vous pousse :
Un bruit d’aile en passant vous donne une secousse
        Dont le coup fatal vous atteint
De vos monceaux épars il sort un doux murmure,
Triste comme l’adieu que jette à la nature
        Tout germe vivant qui s’éteint !...

Vous formiez au printemps de si riants ombrages,
Vous étiez pour l’oiseau de si charmantes cages !
        Libres et secrètes maisons,
Vous renfermiez cachés tant d’amoureux mystères,
Tant de jeunes serments, de tendresses de mères,
        Dont nous entendions les chansons !

Vous étiez tant aimés des joyeuses cohortes
Qui sortaient et rentraient d’entre vos mille portes,
        Feuillages qui portiez leurs nids ;
Vous étiez tant pressés de leurs ailes douillettes,
Qui s’ouvraient chaque soir pour enlacer leurs têtes
        Ou couver leurs oeufs tout petits !

Vous étiez fiers alors d’orner le tronc splendide,
Et d’être sous le ciel le toit qui sert d’égide
        À tous les voyageurs des airs,
Vous étiez fiers encor d’avoir parmi vos hôtes
Les beaux rayons dorés qui, de leurs cimes hautes,
        Descendaient sous vos arceaux verts

Oui, vous étiez heureux, car vous étiez fertile,
Feuillage devenu la fumée inutile
        Errant sans destination ;
Vous preniez votre part de l’immense mamelle,
Qui nourrit l’univers de sa sève éternelle,
        Lait pur de la création !

Vous aspiriez les cieux et vous voyiez l’aurore
Se lever, se coucher, et se lever encore,
        Immuable dans sa clarté ;
Vous existiez enfin, admirable verdure,
Pleine d’enchantements, d’espérance ! Ô nature
        Vous aviez jeunesse et beauté !

Aujourd'hui, qu'êtes-vous ? À quoi vous servit d'être ?
Pourquoi ce jour si beau que Dieu vous fit connaître,
        Pauvres germes mis au néant ?
À quoi servit, hélas ! ce passage éphémère ?
Pourquoi levâtes-vous vos sèves hors de terre
        Pour y rentrer en un instant ?

Que sommes-nous, Seigneur ? Pourquoi fis-tu la monde ?
Amour ! bonté ! justice ! Ô sagesse profonde !
        Dieu qu’on admire et qu’on bénit !
Pourquoi nous créas-tu comme la pauvre feuille,
Pour qu’un danger nous tue ou qu’un malheur nous cueille,
        Neige qui tombe, brille et fuit ?

Pourquoi tant de douleurs, de combats, de tempêtes ?
Pourquoi tous ces éclairs environnant nos têtes,
        Foudre qui tombe à chaque pas ?
Pourquoi cette menace et ces frissons terribles,
Quand nous devons un jour nous coucher si paisibles
        Dans le champ muet du trépas ?

Pourquoi donner à l’homme afin que tout le quitte,
Le festin de la vie auquel l’espoir l’invite,
        Élan des sens, élan du coeur ?
Pourquoi s’il doit éteindre et sa voix et sa flamme,
Lui donner le désir, la pensée, et son âme !
        L’âme qui te nomme, ô Seigneur ?

Pourquoi tant de grandeur parmi tant de faiblesse ?
Pourquoi, flambeau divin, cette foi qui s’adresse
        À ton nom toujours répété ?
Pourquoi, pauvre lutteur, égaré dans la route,
Ce regard vers le ciel même au milieu du doute
        Comme un point dans l’obscurité ?

Pourquoi, malgré les pleurs que tu nous fais répandre,
Cet instinct résigné de poursuivre et d’attendre,
        Condamné qui connaît son sort ?
Pourquoi, pouvoir muet, ce besoin de prière
Sortant du flanc blessé de la nature entière
        Qui ne veut pas croire à la mort ?

        Oh ! si nos amours, nos tendresses,
        Nos rêves, nos nobles ivresses,
        Débordant de tous les côtés,
        Si la foi, l’espoir, la prière,
        Où tout ce que l’homme révère,
        Étaient des rêves inventés ?
        
        Si tout ce que répand la vie
        D’ardeur et d’extase ravie,
        Encens qui s’élance d’un voeu ;
        Si le désir, si l’espérance,
        Appâts où se prend l’existence,
        Étaient de l’homme et non d’un Dieu ?
        
        Si la création, Seigneur, est passagère,
        Si tout ce qui brilla pur et beau, sur la terre,
        Fut un jeu qu’essaya ta main,
        Si tu n’as pas créé la durée et l’espace
        Pour revêtir de vie un monde qui s’efface,
        Ton pouvoir est fatal et vain !
        
        Oui, ta grandeur est la misère,
        Ta force, une flamme éphémère,
        Ton génie, un souffle mortel,
        Si tu n’allumas pas la vie
        Pour renaître, pure, infinie,
        Dans les phalanges de ton ciel !
        
        Ou, loin d’être le Dieu suprême,
        Loin d’être un Dieu bon qui nous aime,
        Tu deviens le Dieu qui maudit,
        Si tu nous donnas la souffrance,
        N’offrant pour but à l’espérance,
        Qu’un corps que la mort refroidit !
        
Oh ! dans ce doute affreux je m’arrête et te brave ;
Vivant sous ton pouvoir comme le noble esclave,
        Qui, fier, ne veut pas implorer,
J’obéis tristement en maudissant chaque heure
Qui m’attache à la terre, ironique demeure,
        Où tu nous jetas pour pleurer !

Ce n’est plus vers ton ciel qua ma prière monte ;
Orphelin, je poursuis mon chemin et j’affronte
        Souffrance, combats et malheur ;
Insensible à ton nom, je tourne ma tendresse
Vers l’homme et dans lui seul ton oeuvre m’intéresse,
        Lui, mon frère de la douleur !

Je l’aime ! Il souffre, il tremble, au gré de ton envie ;
Il traîne haletant sous le poids d’une vie
        Dont il ne chercha pas les jours :
Je l’aime ! Il doit porter péniblement sa chaîne
Dont les plus doux anneaux sont cette affreuse peine
De pleurer vivants nos amours !

Je l’aime ! Il fut maudit ! Je l’aime ! Il est mon frère !
Il sème comme moi sur une ingrate terre
        Qui produit la ronce et la mort !
Je l’aime, il porte en lui les passions ! Son âme
Doit brûler sourdement au bûcher d’une flamme
        Qui devra consumer son corps !

Je l’aime et quant à toi, Dieu fier de ta puissance,
Dieu, qui de ton orgueil fis jaillir l’existence,
Comme du gouffre obscur tu fis le jour surgir,
Je te dis : reprends-nous ces biens qui font ta gloire
Reprends l’âme, la vie, avant que ta victoire
Vienne à l’aide du temps lentement les ravir !

Va ! puisque c’est la mort, méchant fruit de tes veilles,
La mort, l’étroite mort qu’enfantent tes merveilles,
        Berceaux bâtis sous les cyprès,
Puisque c’est le néant que produit ta semence,
Je ne veux plus rien voir du germe qui s’élance,
        Quoiqu’il porte un fruit doux et frais !

Je ne veux plus rien voir de tes grandeurs divines,
Dont l’éclat immuable insulte à nos ruines,
        Débris entassés en tous lieux,
Je ne veux plus rien voir de ton dôme superbe,
Où brilla un flambeau d’or qui nous jette sa gerbe,
        Fiers regards qui blessent nos yeux !

Je ne veux plus rien voir ! Voile cette nature !
Reprends cet univers, cette noble verdure,
        Ce ciel de pourpre et de vermeil !
Reprends ce sol fleuri de tes moissons fécondes,
Cette mer formidable où vont mugir tes ondes,
        Reprends ton orgueilleux soleil !

Cache-nous la splendeur de tes astres limpides,
Autre mer où les mots s'amoncellent rapides,
        Suivant leurs éternels chemins !
Jette sur notre globe un vêtement livide !
Ouvre le sol béant, comme un sépulcre vide
        Qui doit engloutir les humains !

Plus de printemps chargés de semences divines,
Plus de monceaux de fleurs enlaçant les collines !
        Plus de prés, de bois, de buissons !
Plus qu’un désert immense et qu’une mer de glace,
Plus qu’un horizon morne où nul oiseau ne passe,
        Plus qu’un hiver pour les saisons !

Plus rien qui fasse croire à l’enfant doux et tendre
Que tu créas l’espoir pour grandir et s’étendre,
        Jusqu’à ton imposant séjour !
Plus rien qui, l’abusant sur sa vie éphémère,
Lui fasse en souriant écouter de sa mère
        Le fragile et mortel amour !

Que partout l’ombre pèse et qu’un sombre silence,
Sans se rompre jamais, préside à l’existence,
        Comme l’invisible remord !
Qu’aux lieux où l’homme passe une froide lumière
Fasse croire à l’horreur de cet affreux mystère
        De l’homme qui naît pour la mort !



Hermance LESGUILLON.

pas si petit que ça le poème....c'est après coup que je m'en suis aperçu :))

 

kb | Le 15/01/2007 à 10:48 | [^] | Répondre

Re: Re: spéciale dédicace

KB....
Quelle ironique coincidence,
Décidément, tu es roi de la circonstance!
Ce poème, tout en analogie
Tout en grandeur...Quelle parodie!
L'humble mortel reproche à Dieu
de le créer pour crever vieux,
Qui n'y verrait la parabole
que tu saisis, une belle occase
pour grafitter la fausse idole
le faux mourant, le faux leblase!

 

leblase | Le 15/01/2007 à 11:39 | [^] | Répondre

Re: serpentons... ma pomme!!

 

« Avais-tu demandé l’avis de quelqu’un au moment de créer le monde ce blog ?? hein ?? »

Bien sûr: j'avais d'abord fait une étude de marché au Pérou, en Malaisie et au Botswana. Le rapport étant positif je n'ai pas hésité, avec le courage qui me caractérise, à prendre ce risque insensé.

 

leblase | Le 15/01/2007 à 12:04 | [^] | Répondre

Re: Re: serpentons... ma pomme!!

Bon...allez! Faisons une quête pour payer son abonnement viabloga à notre ami en prise avec la suspicion du payement, car apparemment toute la philosophie de l’homme moderne se résume dans le mercantilisme de la pensée

 

Etude de  marché au Pérou et assimilées lointaines contrées qu'il a dit…pfffff …normal qu’il y ait autant de yeux muets…. :))

 

kb | Le 15/01/2007 à 12:24 | [^] | Répondre

Re: serpentons... ma pomme!!

 Dis donc KB traqueur de mots ,(en marge du sujet qui nous préoccupe immédiatement  ici,mais pas tant que ça)

 C'est que nous  on doute aussi !

entre la  "bravitude" de  la société  "respirante "et la "Karcher attitude" de la société refoulante , il nous faut choisir...

 

Elle | Le 15/01/2007 à 12:20 | [^] | Répondre

Re: Re: serpentons... ma pomme!!

Elle

Je sens dans le timbre de ton post (admirez la tournure au sens multiple) une touche de nostalgie pour le drapeau à fleur de Lys de  cette "royale" époque où l'on n'avait du choix que de lever, hitlérienne, la jambe devant un droit cuisant acquis par certains de divine naissance paraît-il...

Mais rassures toi, de ces temps bénis se profile le retour entre un Sarko à la droiture cardinale et une Ségolène au port royal où le choix se jouera, dans la dimension très restreinte, entre cuistres et paltoquets….qui portera la couronne et qui portera la croix donc !

Allez ! Avoues que le choix n’est pas très difficile !…d’autant plus que les sans culottes sont occupés ailleurs (à tailler bavette par exemple sur les blogs)

Je vous baise les mains dame Elle qui vous conjuguez si bien au féminin

 

kb | Le 15/01/2007 à 15:23 | [^] | Répondre

bonjour

bonjour..:))..ce sont de vraies questions ou juste un truc pour le fun...???

s'il sagit de vraies questions, un vrai doute..je pense qu'il y a des doutes, sans grand intérêt, qu'ils sont encore plus pénibles que les problèmes, c'est vraiment lourd de se poser le pourquoi du comment de chaque chose, on passerait sa vie à hésiter sur l'orientation à prendre, sans avancer..et la vie est courte..:))..je mettrai chaque chose dans son contexte, un blog est avant tout un délire..si ça devient une prise de tête à quoi bon  ???

en tout cas, j'apprécie beaucoup ce blog, et je lui souhaite une bonne continuation..

 

imane | Le 15/01/2007 à 12:24 | [^] | Répondre

Re: bonjour

Imane, bienvenue à toi!
Moi qui te lis ailleurs, je suis content de te lire ici aussi

..."ce sont de vraies questions ou juste un truc pour le fun...???"...
Les vraies questions ne sont-elles pas toujours une question de fun?
Je pourrais t'affirmer qu'il s'agît de vrais doutes, mais j'arrive même à douter des doutes, sans parler que je doute encore plus des affirmations.
J'ignore où celà nous laisse.
Peut-être avec un entonnoir sur la tête, peut-être avec la raison, qui implique de ne pas avaler ce que l'on nous présente, avec dénomination CV, potentiels calculés, généalogie, etc sans couper le cheveu en quatre.
Pour couper le cheveu en quatre, nous diposons de tous les outils nécessaires, tels que la chanson, la poésie, l'image fantasmatique, les provocations persanes, l'intellect, le passif livresque, les animations Laseinienne, les photosd'ElleJoentreautres, les dessinsdemarina, l'improvisation de toustes et la senteur du romarin.
..."un blog est avant tout un délire..si ça devient une prise de tête à quoi bon  ???"...
Certes, certes, mais cependant..
Une prise tête n'est-elle pas un délire, comme disait Ariane à Thésée en observant l'érection du Minotaure?

 

leblase | Le 15/01/2007 à 12:54 | [^] | Répondre

Re: Re: bonjour

non; faudrait préciser leblasé quand même, que je poste comme je parle...:))..je parle pas livresque..:))j'entends par délire, le sens commun; amusement, pas le terme au sens large; donc un délire reste pour moi toujours agréable..exutoire, défouloir..et une prise de tête, c'est une prise de tête..elle est jamais..agréable.

si c agréable pour toi de te poser ces questions tant mieux enjoy it..le plus important c toi, pas le blog, même s'il est très interessant..:))..mais en tout cas,te lire et  te répondre a été pour moi un petit  délire..et je t'en remercie.

 

imane | Le 15/01/2007 à 13:47 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: bonjour

Imaaaane!! je t'avais dis de rester à la maison !!! attends que je rentre pour te faire sentir ta "certitude" d'être :))

sinon...et sans transistion sinon que le transistor à grandement servi la COMMUNICATION... et pour vous plonger un peu plus dans les affres hésitatoires du doute je vous pose cette question :</