Version imprimable un grouillement capital

moins d'humains pour gagner plus?

"Ce n'est pas parce que tu n'as rien qu'on ne peut rien te prendre"

F.Cépée, Zurich, 1973


Un, deux, trois..

Les quatre plus gros Fonds dits de Pension disposent aujourd'hui de moyens aussi importants que les budgets nationaux des 60 pays les moins riches du monde et déclenchent par leurs mouvements autonomes et obéissant à leur logique propre, d'importantes répercussions sur la vie des gens, anéantissant du jour au lendemain une politique de développement ou d'assainissement économique, ruinant la production agricole ou minière d'une province intrinsèquement riche, banqueroutant une entreprise florissante, employeuse de milliers de gens soudainement jetés à la rue. Des trucs comme ça ça fait réfléchir et justement je me dis deux choses:
  1. Heureusement que leblasepointnet n'est pas (encore) côté en Bourse
  2. Heureusement que les gens les plus riches du monde, grands actionnaires de ces Fonds spéculateurs (et non tifs), créent aussi des Fonds d'aide humanitaire capables d'apporter l'eau courante dans les bidonvilles des anciens employés de la boîte florissante ou de la province intrinsèquement riche.

Dieu donne et Dieu reprend:
pour ceux qui ont déjà joué au poker, la théologie est facile à comprendre.

Finalement le monde est bien fait, non?

La phase actuelle, du fait de l'omnipotence très déstabilisante de ces Fonds, aboutit à la raréfaction des investissements directs ou propres: :nous vivons à l'heure d'un métissage de capitaux échappant petit à petit à tout organisme international de contrôle.

Le monde financier étant de plus en plus déconnecté à la fois du monde économique et du présent, ce ne sont plus les résultats mais les prévisions de résultats; plus la production industrielle mais les perspectives de gains de productivité; plus la qualité foncière (mais le foncier n'est qu'écume) ni la croissance économique réelle (mais les indices du moral d'investisseurs) qui activent des mouvements de capitaux d'une ampleur telle que plus aucune Banque Centrale ne tente encore d'intervenir comme c'était encore le cas il y a une quinzaine d'années pour les monnaies, par exemple.

Le temps passe vite, surtout quand c'est de l'argent.

Le vrai faffiot ne voit plus jamais le jour. Il tourne autour d'une planète financière qui ne dort plus et n'existe que sous formes de chaînes ASCII apparaissant et disparaissant sur des écrans derniers cris, remplaçant les billets de banque et lettres de change qui eux mêmes servaient d'alias à un métal doré lui-même censé figurer de tout: du coton au blé en passant par l'ivoire ou l'arquebuse.
L'échange a été remplacé par les changes et à l'autre bout de cette course l'Homme se retrouve soit sur un yacht, soit dans le caniveau.


Personnellement j'ai mes préférences

Avec la rapidité et la globalité que confèrent les moyens techniques de la virtualisation, les principaux rôles ne sont plus tenus par les mêmes qualifiés. Là où il y a vingt ans encore l'action d'un industriel chevronné, d'un ingénieur inspiré ou d'un négociant avisé dans une matière voire un service se serait automatiquement répercutée en capillarité sociale, aujourd'hui un mathématicien, un curbiste ou un statisticien fera le boulot avant d'être intellectuellement crammé par le rythme insoutenable de la fameuse mondialisation, sans irriguer autre chose que le golf privé d'environ trente mille personnes sur cette planète.

Pourquoi parler de flouze aujourd'hui, après avoir dit: vaguez sur l'identité puis la postérité?
Y aurait-il une suite logique entre les trois?

A ce stade, si quelqu'un a compris de quoi je cause et où je veux en venir, qu'ilelle le fasse savoir.

Croyez-vous que contrairement à ce que nous pensions, l'Homme ne sera pas colonisé par les robots mais par les Fonds Spéculatifset/oudepension socialement dévastateurs?
Les technologies de la virtualisation ne risquent-elles pas à (court) terme de pousser la logique des Fonds à se passer des 99/100èmes de l'humanité, laissant aux politiques le soin de museler l'obsolescence biologique que nous représentons?
Genre: la finance n'est-elle pas devenue une authentique forme de vie en passe de nous instrumentaliser, puis de nous oublier?


Devenus indépendants,
les Fonds ne vont-ils pas nous chasser de Terre?

Le fric a t'il rendu leblase pourtant capitaliste, fou, ou le contraire (pourtant fou, capitaliste)?
Peut-on encore croire que l'argent c'est mal?
Savez-vous qu'une partie de la dette jugée insolvable de certains pays ($40 milliards), rachetée à bas prix($3 milliards), par des Fonds spécialisés et ranimée par des batteries d'avocats (honoraires de $900 millions), est revenue à la gorge des dits pays dans des tribunaux ,sous la forme de dette privée ($17milliards)?
La parano de leblase, à 12 sur l'échelle de Riche Terre, a t'elle enfin atteint son sommet?
Peut-on encore croire que l'argent c'est bien?
Pour adhérer à l'OPCVM leblase, saviez-vous qu'il suffisait d'envoyer votre RIB à viabloga qui transmettra?



Commentaires

On veut tous la postérité, mais c'est compliqué. Alors on va à l'identité, mais cela reste aussi difficile. Le plus simple restant d'arriver au flouze. Peu importe ce que l'on est, la postérité est là.

 

nat | Le 07/06/2007 à 00:08 | [^] | Répondre

Re:

nat, Salut
Walou postérité, walou identité, c'est dur mais on peut en prendre son partie.
Alors que walou flouze, ça va pas du tout!
Heureusement, comme tu dis, c'est le plus simple: un tas d'andouilles totalement inconscients de qui ils sont, de ce qu'ils sont , de quelles vacuités ils sont faits ont réussi a se faire des brouettes de billets, espérant être et perdurer par ce moyen.
Mais l'argent et la finance sont des choses de plus en plus différentes et éloignées.
Jusqu'ici on pouvait dire que les grands moghuls genre Soros ou Buffett étaient parce qu'ils avaient réussi à amasser; perdureraient parce qu'ils te faisaient de ces fondations pour le Bien, grâce à leurs biens.
Mais c'est de moins en moins vrai.
Ou ça l'est en corollaire.
Une action peut dépendre d'un homme...par absentia. Exemple: tant que Steve Jobs est vivant (son cancer a été tenu secret pour des raisons privées, mais aussi financières), pas en taule (le problème des stock-options antidatées a fait froid dans les dos de certains gestionnaires) et en poste, (malgré la présence de gens comme Al Gore ou E. Schmidt dans le Conseil d'Administration Apple intéressera certains Fonds .
Le jour où il partira, l'action Apple risque de s'effondrer.
Mais nous restons là dans la Finance classique.
(presque) rien de virtuel...Presque, car en fait certains graphiques prennent en compte la présence du patron d'Apple dans leurs calculs.
Je ne me fais pas plus clair?
Sans doute pas, mais ce n'est pas le but, n'est-ce pas?

 

leblase | Le 07/06/2007 à 20:39 | [^] | Répondre

Même mort on est vivant...

Mieux que la resurection du Christ !

 

nat | Le 07/06/2007 à 20:56 | [^] | Répondre

Quel est le but ?

Ce serait trop simple.

 

nat | Le 07/06/2007 à 21:04 | [^] | Répondre

Re: Quel est le but ?





Beaucoup trop simple
 

 

leblase | Le 07/06/2007 à 21:18 | [^] | Répondre

Re: Quel est le but ?

Voir facile

 

nat | Le 07/06/2007 à 21:43 | [^] | Répondre

Re: Quel est le but ?

Problème de légende...

"Voir facile"

 

nat | Le 07/06/2007 à 21:44 | [^] | Répondre

Re: Quel est le but ?

La finance globale, "triomphe suprême" de l'abstraction,  est charriée par des robots statisticiens gérés par quelques mathématiciens pour le profit de quelques uns. Les intérêts se calculent en téradollars, la nouvelle unité de mesure.
Dans les sommes qui circulent, le sens n'est plus identifié, il est mouvant, indomptable,
Mais plus l'analogie est vide plus elle a de chance de circuler...

Elle circule donc, nous enserrant de manière implacable dans sa logique écrasante....

Nous marchons aveugles, ou réfugiés confortablement devant nos écrans lumineux, pour rester encore en contact avec ce monde qui nous effraie. Dehors des gens hurlent et crèvent la nuit (véridique). Le jour, les gens cachent leur misère et parfois pètent les plombs(même dans les beaux quartiers)....
Non, on ne ramasse pas des fleurs sur le pavé.


NON, Ca c'est le prégénérique d'un film de SF des années 70.......

Parce qu'en fait les leblasiens, stimulés par l'exemple du hérisson qu'il savent être un vrai derrière le faux, n'ont pas envie d'être les victimes domptées d'un système qui n'a pas de nom.....Donc, ils lisent Leblase.....Qui lui discute avec les ministres et les présidents et les chefs de guerre, avec le monde quoi, pour essayer de  le changer, rien que ça....
Ca c'est un roman !

Alors la luciole, éclaire moi un peu dans ta forme rébus préférée si tu veux....
Je me pose des questions simples....

Où est donc le pouvoir ?
Sommes-nous enfermés réduits à un rôle passif à ce point ?
Et l'effondrement de cet équilibre financier n'est-il pas plausible ?
Et alors qu'est-ce qui le remplacerait ?




Voili voilou......


 

marina | Le 07/06/2007 à 22:30 | [^] | Répondre

Re: Quel est le but ?

marinali marinalou,

Où est donc le pouvoir ?
Sommes-nous enfermés réduits à un rôle passif à ce point ?
Et l'effondrement de cet équilibre financier n'est-il pas plausible ?
Et alors qu'est-ce qui le remplacerait ?

Voilà d'essentielles questions...
Auxquelles les réponses ne peuvent être que multiples (ben oui, on est aussi dans la SF, avec des mondes parallèles, des probables et des ruptures du continuum spatio-temporel).
Un Fonds-qu'il soit de pension, spéculatif, commundeplacement comme disent Donydami et wikipedia-est comme un organisme: il est composé de tout un tas (nombre variable) d'éléments qui apparaissent et disparaissent sans cesse, grossissent ou diminuent, à une vitesse telle que seules des machines disposant de puissance de calcul considérable sont capables de lui donner une sorte de forme de vie.
Ces machines dépendent bien sûr de petits mécanos, lesquels obéissent à des majordomes qui se prennent pour des grands financiers, mais en fait c'est très impersonnel.
Une dette, une banqueroute, un vol sont des matières financières: le profit et les bénéfices ne sont pas les seuls éléments profitables...Oui oui on marche un peu sur la tête.
Alors le pouvoir c'est pareil.
Où est donc le pouvoir ?
Il est de plus en plus dans des formules, dans des institutions regroupant des groupes d'intérêts composés non plus d'un Noble, d'un Ecclésiastique et d'un Militaire mais de ce qu'on appelle un politique et ses sponsors, un lobbyiste et ses adresses, un complexe militaro-industriel et ses législateurs, un théoricien (financé par une institution de Recherches stratégiques ou politique, ou un think tank, lui-même financé par les politiques et leurs sponsors, les...ça tourne en rond parce que le club est fermé et le serpent se mord la queue). Il est en mutation constante, alors que sa représentation est relativement statique.

Sommes-nous enfermés réduits à un rôle passif à ce point ?
Le pouvoir est très impersonnel, mais ce qui laisse de l'espoir c'est que chacun a du pouvoir: il faut simplement être capable de comprendre lequel et quand l'exercer.Mais il est illusoire d'imaginer que le pouvoir se conserve ou se prend: fugace, il se consomme sec, puis l'on doit se transformer soi-même en autre chose afin de l'exercer à nouveau pendant une autre milliseconde.
Et l'effondrement de cet équilibre financier n'est-il pas plausible ?
Plausible, Chère Madame, mais les remèdes existent pour qu'il se rebatisse. Cela se fait en général au détriment de quelques centaines de millions d'humains. L'équilibre ne se conçoit que dans le mouvement: tant que ça bouge, la chose se perpétue et mute, ce qui est sain en soi. Ce qui est nouveau c'est que ce sont dorénavant nos machines qui l'activent, plus vite mais sans doute moins inventivement que nous (nous, les zumains).
Et alors qu'est-ce qui le remplacerait ?
Tout est là: si c'est pour devenir calife à la place du calife, c'est déjà fait. Il faut donc le remplacer par une autre forme de pouvoir, tout aussi évolutive et impersonnelle, mais comment l'empêcher de devenir un nouveau monstre?



 

leblase | Le 07/06/2007 à 23:07 | [^] | Répondre

La Zone

On a fait une proposition avec l'union soviétique et c'est vrai que la première nouvelle se passe là. Vierge où putain on ne sait pas trop parce que dans un sens, les vieux, c'est bien que les gens ne meurent pas et c'est au fond comme un sénat géant. Vous dites effondrement financier et je dis crack neuronal. Parce que tout ça, toute cette matière grise et ce loisir ne se serait pas produit sans une grande puissance techniquement induite de ne rien faire. Et elle se retrouve au milieu de la Zone avec un type qui veut la vendre et  je suis le suspens en frisson parce que c'est l'auteur du livre qui était propriétaire de ma maison, avant. C'est quelques heures avant que ça explose, la centrale. Et elle s'appelle Marina aussi, la fille.

 

murcia | Le 15/06/2007 à 16:16 | [^] | Répondre

Re: La Zone

murcia,
Pas d'accord: c'est très bien que les vieux (nous tous, dans plus ou moins longtemps) meurent.
 la mort a inventé la vie.
Terrible image, que celle d'un sénat géant... Même si je les trouve un peu moins grabataires que dans l'imaginaire social nos sénateurs ne sont, c'est vrai, pas trop pimpants.
ça me rappelle Providence, de Resnais.

 

leblase | Le 15/06/2007 à 18:08 | [^] | Répondre

L'eau Zone elle croupi dans son fourbi

Les vieux pourraient garder les mômes non ? Parce qu'il nous en reste des germes de futurs rentables alors si c'est les encore rentable qui les gardent...

Dans les chiottes sous les yeux ; c'est pas la capital qui est humain c'est l'humain qui est capital

Et franchement outch ça fait chier haureusement c'est dans les chiottes d'ailleur.

 

lucinistre | Le 28/06/2007 à 12:29 | [^] | Répondre

Re: L'eau Zone elle croupi dans son fourbi

Pour une vie meilleure, le livre du président.




Avec Dilgo, rompre la Vague

 

dilgo | Le 29/06/2007 à 11:00 | [^] | Répondre

Cul bite sein choune fric monney pez pepette

A scander dans le métro d'un air absent...(le fou n'es pas perçu comme agressif malgrès sa fonction de baromètre social)

Au moyen âge il exitais pour l'équivalent des fond de pension l'éducation des enfants les pendeloques les cochons le potager...

Puis en investissement le pourliche graissage de pâte ou onction extrême (mmm huile parfumée massage des pieds...) ou encore le repas ; moyen affirmé de l'affairiste...

Or un certain Jésus eu recour à ces pratiques... Il semblais donc mécène y compris à la scène.

Grand mère femme honorable (car quand on vit encore à cet âge là c'est bien que l'on est indispensable) connu cette époque ou les fonds de pensions étaient contés en vaisselle canards et bijoux...

Merci pour la pâte sablée : 250 gr de farine 125 de beure à sabler entre les main (consistance semoule)puis un peit verre d'eau. 

Il y a peu de temps quelqu'un qui me semble sage me dit je saurais que j'ai réussi ma vie si ceux que j'ai près de moi appellés amis sont les mêmes (ou plus) à la fin...

En ce cas es un investissement ? et enfin reste il des femmes qui investissent encore dans le cochon...

Je m'excuse par avance des conséquence réelles y compris en monnaie vaisselle qui ce post pourrais entrainer. Pour dédommagement quelques vers à pied :

Et même il vit une foule,

Une foule commes les siennes

Qui se pressait ivre et séduite,

Autour d'un autre

Habile à faire des grimaces

Alors il connut qu'il avait conquis trop

Et trop peu

Que pour faire une âme de foule

Chaque homme ne prête qu'un instant

Que la surface de son âme.

Charles vildrac ; livre d'amour ; extrait de "Gloire"

 

com est mort | Le 25/06/2007 à 12:58 | [^] | Répondre

Re:

Tu te la joue un coup le christ un coup juda t'a le yin et yang en toi ou quoi ?

 

Anonyme | Le 30/06/2007 à 01:43 | [^] | Répondre

ce coup ci, tu crois que je vais toucher les fonds?



Il faudrait d’abord savoir de quel F. Cepée tu parles car comme chacun sait, le FCP se distingue de la SICAV par son statut juridique. Un FCP est une copropriété de valeurs mobilières qui émet des parts. Il n'a pas de personnalité morale. Chaque porteur de part dispose d'un droit de copropriété sur les actifs du fonds, droit proportionnel au nombre de parts possédées. Les FCP sont soumis à des réglementations différentes de celles des SICAV (capital minimum plus faible, pas d'obligation de publier ses résultats...). En conséquence, les gérants de FCP peuvent adopter des gestions plus risquées que les gérants de SICAV. Cela explique notamment pourquoi, à côté des FCP " classiques " (FCP monétaires et obligataires), il existe une large gamme de FCP spécialisés dans des domaines très pointus.*

N’ayant aucune personnalité morale et m’étant plutôt spécialisé dans des domaines très profonds, je trouve que la large gamme de F. Cépée résume assez bien ma pensée. J’attends que les actifs du fonds prennent la parole car en l’occurrence ma pensée m’échappe complètement alors que le problème que tu abordes semble malheureusement aussi crucial qu’inaccessible à ma compréhension.

*j’ai fait un copier/coller wikipedia, je sais c’est mal.

 

donydami | Le 07/06/2007 à 00:15 | [^] | Répondre

Re: ce coup ci, tu crois que je vais toucher les fonds?

Donymai,
C'est très mal de copier sur Wikipedia, surtout ici.
On ne va pas faire la liste des instruments et objets financiers, car ce n'est pas le sujet: le shplouc ne va pas se transformer en conseil de placements ou gestion de portefeuilles.
Bien au contraire, nous restons dans le domaine de la réflexion pure: ni  l'ontologie du fric, ni la métaphysique des Fonds, mais lavenir ou la place de l'humain dans ce qui vient.

 

leblase | Le 07/06/2007 à 20:20 | [^] | Répondre

Re: ce coup ci, tu crois que je vais toucher les fonds?

>Leblase
Je suis déçu d'apprendre que ta proposition n'était pas sérieuse alors même que j'avais mis mon RIB dans une enveloppe à l'adresse de viabloga pour ton OPCVM et que s'ouvraient devant moi des perspectives qui ne déplairaient pas à "l'humain qui vient". Des perspectives comme ces rivages lointains et désirables qui orientent l'effort de ceux qui sont égarés sur l'océan démonté des incertitudes. Des gens comme moi en somme.

Car vus sous un certain angle ces fonds de pension qui enrichissent des retraités, accréditent aussi l'idée qu'il n'est pas nécessaire de travailler pour avoir des revenus. Il en va de même pour une certaine forme de philanthropie, et de couverture sociale. Parallèlement, la sophistication des machines allonge la liste des espèces de travailleurs en voie de disparition. En poussant un peu et en se croisant, ces deux évolutions parallèles assèchent les deux mamelles estampillées "produire" et "consommer" d'où coulent les justifications d'un travail qu'on exige de plus en plus optimisé, normé, rentabilisé, évalué, contrôlé. Un travail qui amoindri l'homme en le machinisant. De plus, en se croisant, ces deux évolutions parallèles transgressent aussi les principes de la géométrie euclidienne qui n'ont plus court en Utopie, et ce n’est pas plus mal.

Mais à quoi s'occupe l'humain qui vient sur ces rivages lointains et désirables? Me demandait ma boulangère après avoir répété pour la 52 ème fois de la journée "ce sera tout?" (Expression standardisée jusque dans son intonation, ayant pour but de maximiser ma consommation de sa production).
Mais ils s'occupent à oeuvrer! (Notez le passage du singulier au pluriel signifiant que l'humain ne vient jamais seul) répondis-je. Par exemple ils dessinent comme font les enfants, ils font de la musique comme des adolescents, ils élaborent des théories, ils se soutiennent et se soulagent, ils s'écoutent.
Surtout, ils postent chez Leblase des commentaires qui ne coûtent rien et ne s'achètent pas mais qui enrichissent ceux qui les font et ceux qui les lisent. Ils échangent de tout sauf de la monnaie. Ce n'est ni un loisir, ni un divertissement, ni un travail. Oeuvrer, c'est tout sauf de la consommation, et c'est rarement de l'art, mais la plupart du temps l'homme qui oeuvre se grandi. Car l'homme est inachevé, Madame la boulangère, il est diminué par le travail et à l’inverse, il est augmenté par l'oeuvre.
L'écriture, les nombres, les monnaies, les machines, les automates, les ordinateurs qui nous ont donné le commerce et le travail puis nous on volé nos emplois et donné les marchés financiers pourraient bien accoucher d'une humanité  libérée du travail, de la consommation et du divertissement, mais augmentée de ses œuvres. Pontifiais-je. Si entre-temps l’humanité ne s’est pas achevée. Pensais-je.
Quand partons nous? Me demanda ma boulangère d'un ton que je ne lui connaissais pas. De suite lui répondis-je, pourtant je ne suis pas très gai ces temps-ci et si j'ai de l'eau dans les yeux c'est qu'il me pleut sur le visage et si mon raisonnement part en couille c'est que j'ai regardé la vidéo de Clarisse Herrenschmidt et que putain ça m'étonne qu'on puisse  ressembler à ce point à Anémone et en même temps me faire voir le monde comme s'il était neuf. (Je ne le lui ai pas dit mais j'avoue aussi avoir un peu lu du Hannah Arendt). Et puis j'ai besoin d'oeuvrer chez Leblase, j'ai presque tout lu mais j'ai encore plein de musique à écouter.

 

donydami | Le 15/06/2007 à 00:01 | [^] | Répondre

Leblase et la scribouillards

Domydany,

ce matin,  j'oeuvre à fonds perdus chez Leblase ( je n'ai pas de parapluie)

alors rien que pour toi, cette citation qui me plait beaucoup et que j'ai noté un jour je ne sais plus où, et dont je ne suis pas certaine des références:

"... ce scribe avait trois sortes d’écritures
- celle qu’il lisait mais nul autre
- celle qu’il lisait ainsi que les autres
- celle que ni lui ni les autres ne lisaient
celle là [la troisième], c’est moi."

(Dr. Nâserelddin Sâheb al Zamâni sous le titre "Le troisième scribe" (qu’on peut aussi traduire par la troisième écriture),

( pas pu voir les vidéos, ça ne marche pas sur mon pc)

ps: z"avez vu comme ELLE la ramène toujours avec le titre?

 

cannn'elle | Le 15/06/2007 à 09:40 | [^] | Répondre

Re: Leblase et la scribouillards

Elle, rien que pour toi, ce matin Amos Oz disait qu'il avait deux stylos: un bleu et un noir. Un pour dire au gouvernement israélien d'aller au diable et un pour raconter des histoires.

Il a dit qu'il savait qu'on lui demanderait quelle couleur il utilisait pour écrire au gouvernement israélien d'aller au diable et il a dit qu'il ne le dirait pas.

 

donydami | Le 15/06/2007 à 22:46 | [^] | Répondre

Re: Leblase et lo scribouillard

                 "initiation à l'histoire des idées politiques et théologico-politique"

En gros la théorie c'est : l'homme aurais adapté ces croyance à ces motivation aux necéssités ; ce qui aujourd'hui est le dieu réussite serais l'excuse de ces manière ou modes de survie ; comme le fut le Dieu unique (à son image) quand l'homme croyait en l'homme après les dieux quand ils croyaient aux éléments ; succédant à l'animisme divinisant la nature quand ils en avaient encore le besoin ou du moins son ressenti ; mainenant sachant que le dieu argent est dépassé pouvons nous honnetement diviniser la réussite intellectuelle de pseudos artistes qui au final ne le sont que grace au temps que leur laisse l'argent...

Car nous en sommes arrivées là l'artiste semble la dernière mise en forme de ce qu'il convient d'appeller fantasme ou attentes d'un public centré sur l'espoir que ces gens représentent...

C'est clair ? heu inintéressant ben voui hein... j'fait ce que je peut...

Peut on envisager une sociétée sans croyances ou espoir ; le retour à l'animisme nous permettrais t'il de sauver la planète ; le polythéisme est il le respect des contraintes de la nature ; pourquoi un dieu as t'il plutôt forme humaine enfin l'argent est il vraiment dépassé ? ...

Enfin pourquoi l'artistique as t'il pris une telle place de contre pouvoir ?

Désolée ça fait un peu guindé mais se sont des quetion qui ont une importance réelle ou plutôt dans mon réel et qui donc m'agitent fortement ; vos point de vus ne me sont pas optionnels en ce sens qu'ils ouvriraient mon champ de vision...

 

lucie | Le 25/06/2007 à 18:14 | [^] | Répondre

Re: Leblase et lo scribouillard

une bouteille à la mer ? je sauve les désespérées pour pas cher.

 

complex | Le 25/06/2007 à 19:31 | [^] | Répondre

Re: Leblase et lo scribouillard

tout un art !

 

ancolie | Le 26/06/2007 à 00:17 | [^] | Répondre

Re: Leblase et lo scribouillard

tout un art !

 

ancolie | Le 26/06/2007 à 00:17 | [^] | Répondre

Re: Leblase et lo scribouillard

Ah mais ! Voilà qu'après avoir clignoté, ce splouck bégaille...

 

ancolie | Le 26/06/2007 à 00:23 | [^] | Répondre

fleur bleue théologico-politique



Lucie,

Ton commentaire est tombé dans ma boite aux lettres comme si tu m’adressais ces questions alors que tu demandes manifestement les points de vues de tous les commentateurs. En effet tu sais bien que sur ce blog, le vouvoiement est exclusivement réservé aux échanges entre Leblase et complex sinon je ne te tutoierais comme si nous avions fréquenté la même école maternelle.

Donc ces questions pointues ne me sont pas adressées et ça tombe vraiment bien que tu les poses car je voulais insister sur ce que fait un enfant quand il fait un dessin, ce que tu fais quand tu écris un commentaire, ce que je fais quand je te réponds, ce que fait mon amie à la croix rouge : nous oeuvrons. D’une certaine façon, l’art s’est allié au travail pour nous dissuader d’œuvrer et pour nous inciter à consacrer notre « temps libre » aux loisirs et aux divertissements. Pourtant ce que fait un enfant quand il dessine - de mettre à l’extérieur de lui quelque chose qui vient de l’intérieur, de le mettre à la disposition du regard d’un autre, gratuitement – pourquoi serait-ce une activité accessoire une fois devenu adulte ? Si le temps de travail - le temps pendant lequel un homme est employé, réduit à son utilité sociale - diminue, que l’espérance de vie augmente, qu’il n’est plus besoin d’être artiste pour avoir une activité qu'on dit artistique pour mieux nous la rendre lointaine, que le oueb assure la diffusion,  et tout ceci est déjà là, alors le temps de l’oeuvre s’allonge, un temps qui agrandit l’espace entre-nous, un entre-nous où s’échange une substance qui nous lie, nous anime et nous motive comme tu dis bien. Un nouveau truc qui permettrait de religare. Une nouvelle religion dont le dieu serait l’entre-nous. Une fleur bleue théologique.

Pour une plus grande ouverture du champ de vison, voir avec complex, il est pas cher mais de grande valeur.

 

donydami | Le 27/06/2007 à 00:05 | [^] | Répondre

Re: fleur bleue théologico-politique

Ravie de voir que cet entre-nous est en bleu comme un ciel dégagé de nuage ; le problème dans la créativité c'est la reception comme si lançant une corde certain se mangeaient un grapin qui je doit l'avouer est assez agressif ; quand j'essait de lancer un filet je vouvoye car enfin j'espère toujours qu'il y en aurais des sardines pour retenir l'attente...

ce que tu théologise ainsi c'est le lien social comme si le divin en nous étais  la toile ; moi ça m'effrais car la limite de l'interaction blogesque c'est l'immaginaire et l'interprétation tant il lui manque un grande partie de notre language simiesque : le facsies ou language corporel.

A chaque oeuvre ou action il manque ainsi une bonne partie de la motivation ou animation ; nous tromperions donc plus que l'ennui ; nous tromperions les yeux-muets puisqu'il leur est impossible de voir la fébrilitée l'impatience ou au contraire l'attrait ; la diffusion me pose le problème de l'interprétation...

 

lucie | Le 27/06/2007 à 12:40 | [^] | Répondre

Re: fleur bleue théologico-politique

c'est vrai, j'adore le vison et l'astrakan.

 

complex | Le 27/06/2007 à 19:47 | [^] | Répondre

Re: ce coup ci, tu crois que je vais toucher les fonds?

enrichissement des retraités ? rien n'est sûr, personne n'est à l'abri Dony..

 

Imane | Le 15/06/2007 à 10:45 | [^] | Répondre

Re: ce coup ci, tu crois que je vais toucher les fonds?




Imane, j'ai tout prévu.

 

donydami | Le 15/06/2007 à 22:59 | [^] | Répondre

Re: ce coup ci, tu crois que je vais toucher les fonds?

Donydami,
Cela semble si facile, si inhérent à ta personnalité cette capacité que tu as à fournir à tes lecteurtrices


 de la matière à penser et de l'émotion à ressentir.

Le lien sur Clarisse Herrenschmidt, une dame qui a de l'humour en pagaille et me fait penser à feu Haudricourt, autre linguiste pour linguistes qui touillait le langage et en ressortait des pépites, du blé, de la crotte de bique, des traces d'éléphants et des films  historiques, ce lien donc est un petit cadeau.
Son passage sur Nixon...
La génération qui était aux affaires à l'époque a dû ressentir tout le poids de l'Amérique quand Nixon a unilatéralement décidé que l'époque $42 l'once d'or, c'était terminé.D'un seul coup d'un seul les réserves d'or des banques centrales nationales prenaient un aspect ringard.

Et puis cette chose qui me touche énormément:
la lumière est non seulement émise, mais aussi captée, par les yeux. Un objet brillant faisait ainsi circuler sur son flux lumineux l’image de lui-même, et c’est cette image de lui-même qui rentrait dans l’œil et renvoyait l’image sur l’objet, et là se faisait la vision.


On retrouve le principe d'Heisenberg bien sûr, pour qui le fait d'observer une chose la transforme, mais aussi les femmes.
On en revient aux femmes, qui savent ce qu'est un regard posé sur elles, qui savent quand ce regard est posé, en discernent sa qualité, sa nature. Qui en ressentent le besoin ou le refus.
Femmes qui savent être vues et qu'il nous est impératif de voir (soupir..)

 

leblase | Le 15/06/2007 à 13:01 | [^] | Répondre

Re: ce coup ci, tu crois que je vais toucher les fonds?

je croyais que vous teniez soigneusement caché votre email personnel leblase. la poussière de votre écran n'y suffit pas. corrigez votre photo rapidement ... vous avez au moins 3 secondes devant vous, en tant qu'exploitant de ces merveilleux outils de contrôle que vous fournissent pour une somme modique et mensuelle les propriétaires de votre masure virtuelle.

 

complex | Le 15/06/2007 à 13:19 | [^] | Répondre

Re: ce coup ci, tu crois que je vais toucher les fonds?

Complex
Qui vous dit qu'il s'agit de l'adresse de leblase?
Vous êtes vraiment mesquin: faire remarquer à tout le monde que mon écran est dégueu...Merci, vraiment.
Je fouetterai ma femme de ménage en lui disant "et un pour complex! Et deux pour complex! Et trois pour..."
Encore une cause humanitaire ruinée, vous pouvez être fier de vous.

 

leblase | Le 15/06/2007 à 13:35 | [^] | Répondre

Re: ce coup ci, tu crois que je vais toucher les fonds?

qu'est-ce qu'elle fait ? elle se prélasse à l'ombre ?
ne lui parlez pas trop de complex, c'est un sage conseil.

 

complex | Le 15/06/2007 à 14:01 | [^] | Répondre

Re: ce coup ci, tu crois que je vais toucher les fonds?

"Femmes qui savent être vues et qu'il nous est impératif de voir (soupir..)"

Leblase, pauvre loulou, pour un peu je m'apitoierai sur toi, mais là je n'ai pas le temps je dois photographier des sardines ...

ah! je ris!!!( de me voir si belle en ce bouge!)

 

Elle | Le 15/06/2007 à 16:22 | [^] | Répondre

Re: ce coup ci, tu crois que je vais toucher les fonds?

Puc'Elle,
Tu vas pêcher les sardines, toi? Mon oeil!


Au fait, Elle: as-tu les yeux verts?

 

leblase | Le 15/06/2007 à 17:57 | [^] | Répondre

Il a touché le fond ?

Brûlons donc quelques billets ou plutôt trouver une retenue d'eau d'un agriculteur sympa (oui oui ça existe) donc domaine privé donc relachage poissons donc à manger pas besoin permi de pêche = babecue dans un an...

 

com est mort : liophilisation | Le 25/06/2007 à 13:07 | [^] | Répondre

Le retour d'Attila

Ce que tu nous décris fort justement c'est un remake des hordes d'Attila. Personne ne les attend. Elles déboulent et quand elles repartent, on compte les morts. Et l'herbe ne repousse plus.
La vie invente au fur et à mesure ses formes de destruction.

 

Yves | Le 07/06/2007 à 08:32 | [^] | Répondre

L'argent, c'est bien.
L'argent, c'est Dieu.

Il y a quelques semaines, un monsieur d'une banque anglaise est venu vendre sa banque auprès des futurs ingénieurs (les yaka de marina)
Avant, on entendait la fierté du mec des ponts et chaussées parler du travail titanesque pour construire un pont de 20 mètres..
Ce mec là disait :
"En finance de marchés, tu ne te fais pas de l'argent ...
Tu te fais BEAUCOUP d'argent.
Par exemple moi, j'ai la trentaine. J'ai ma Ferrari (
avec des traces de corps desssus) de temps en temps je vais à mon chalet, - pas à Courchevel, c'est trop naze- sur le Mont Fuji et j'ai mon yaght (prononcé yo-ote-ton maillot poupée) qui fait quelques mètres ..."
Les yeux des étudiants des grandes écoles s'ouvraient, les bouches s'ouvraient davantage, et toutes les têtes pensaient "Finance ! Finance ! .."



 

ayoub | Le 07/06/2007 à 14:20 | [^] | Répondre

Valeur ? Valeur ? De quelle valeurs parlons-nous ?

AYOUB mon ingénieur préféré, futur golden boy, oui l'argent c'est bien, si on le met à sa vraie place et on peut souhaiter à tout le monde d'en disposer suffisamment...

BUT FIRST and not LEAST, l'argent confère souvent du Pouvoir, pouvoir sur les choses mais aussi sur les êtres, comme esspliquait Leblase, ça j'ai capté....

Est-ce que les golden boys sont tous des hommes avides d'asservissement, de jouissance de contraindre ?
Certains pourraient peut-être être coachés...Par les coachs indiens de Leblase par exemple ?

J'ai trouvé une phrase de Lévinas que j'aime bien
"l'argent c'est des actions et des obligations en somme"
Actions pour construire et développer l'univers économique, obligations morales imposées par sa détention.

C'est bien de ce concept de réparation perverti dont parle aussi Leblase que nous avons à faire aujourd'hui. Une Réparation des pays riches en faveur de ceux qui croulent sous les dettes mais pervertie car comment ne pas s'indigner en face du signe d'égalité proposé entre la vie et l'argent....En rétribuant par de l'argent la perte d'être ou la souffrance des êtres, la société indique l'étendue des potentialités qu'ouvre la possession de l'argent....Qu'en pensez-vous ?

Heureusement comme toute affirmation son contraire est aussi vrai....
Et on peut dire que le rang d'une société donnée se mesure par la hauteur que ses valeurs y atteignent, aussi solitaires soient elles, peu importe si elles sont reconnues.

 

marina | Le 07/06/2007 à 15:41 | [^] | Répondre

Re: Valeur ? Valeur ? De quelle valeurs parlons-nous ?

marina,
très belle citation de Lévinas.
Décidément celui-là on pourra toujours le sortir, quelque soit le sujet!
Mais en fait, même si je suis d'accord pour une rédistribution etc etc, le vrai danger n'est pas là.
Ou tout au moins, si le vrai danger c'était dans linégalité, il n'y aurait rien de nouveau.
Non non...
C'est autre chose.
Mais comme on n'est pas scotché au sujet précis des billets, il est certain que si on peut déranger les bonnes âmes du G8 qui viennent de nous sortir un lapin tout frais contre le réchauffement climatique alors essayons d'aider les gentils campeurs qui essayent à chaque fois de déranger l'énorme farce de la réunion dite "informelle" des dirigeants les plus industrialisés du monde (même pas vrai) des plus riches du monde (pas plu svrai) des plus modernes du monde (tu parles Charles).

 

leblase | Le 07/06/2007 à 20:26 | [^] | Répondre

A little bit of luck a lot of hard work

Que de fois avons-nous entendu ces mots!  5 façons de réussir financièrement dans la vie.  Soit on en trouve, (where where?), soit on en hérite (et faut être intelligent pour faire fructifier le patrimoine) on le vole (c'est une autre paire de manches voler c'est pas beau sauf pour les grandes cies financières), on devient vendeur de drogues (tout le monde n'a pas la carrure de certains, ok ok).  Mais le moyen numéro reste encore le travail (travaillez travaillez qu'ils disaient, regarde où nous en sommes rendus)
Moins d'humains?  J'en doute fort puisque les statisticiens nous disent qu'il y aura 100millions de personnes de plus à chaque année et ce pour les deux décennies à venir.
Mwah



 

Loula la nomade | Le 07/06/2007 à 15:43 | [^] | Répondre

Ainsi parla NostraLeblaSus

Quelle affreusement magistrale anticipation ! L'implacable Ogre Phynance poursuivant les petit-d’hommes...


 

tilly | Le 07/06/2007 à 18:15 | [^] | Répondre

i'm a Lonely ( rich) Star ...

L'idée que la Terre devienne un golf privé pour quelques élus n'est peut-être pas un scénario de fiction...

A Marseille ,  le  patrimoine haussmannien de la ville (qui est à tout le monde) est entrain d'être confisqué à ses habitants ...

on assiste à la cession de tous les immeubles haussmanniens du bd de la République et des environs  au fonds de pension américian Lone Star pour les rénover et en faire un quartier résidentiel de luxe  et yatchs à l'anneau , avec un front de mer futuriste imaginé ( entre autres)  par jean Nouvel   une espèce de Champs Elysée  dédié au luxe et à la consommation pour croisiéristes fortunés...

Résultats: on chasse du centre ville les vieux habitants (certaines familles immigrées pour beaucoup  sont là depuis 50 ans) des quartiers populaires et tous les petits métiers ( boulangers, épiciers, petites boutiques) , mettant ainsi en danger la mixité sociale qui fonctionne assez bien à Marseille.

une flambée de l'immobilier, le m2 se négocie autour de 3600 € , les smicards et autres professions intermédiaires n'ont plus qu'à aller voir ailleurs...

Quand on n'a plus rien, on peut encore se faire confisquer la vie . 

Hier à Toulon , dans l'indifférence plus ou moins générale on a enterré les corps des 18 hommes, femmes et enfants , dix-huits migrants repéchés par une frégate de la marine au large de Malte , précisemment  là ou croisent les yacht des plus fortunés...

moi qui n'est pas le pied marin, j'ai la nausée..

Leblase, je trouve que certains de tes propos dans ce post sont dignes deMichel Audiard ( un de mes penseurs préférés)

 "l'homme se retrouve soit sur un yacht soit dans un caniveau, personnellement j'ai mes préférences"

 

el azouz B | Le 08/06/2007 à 09:11 | [^] | Répondre

Re: i'm a Lonely ( rich) Star ...

quand je change d'ordi c'est el(lle) azouz B qui me pique l'identité

 

Elle | Le 08/06/2007 à 09:12 | [^] | Répondre

Re: i'm a Lonely ( rich) Star ...

AzouzElle,
Merci pour le compliment: Audiard, rien que ça!
Encore un effort et trois litres de rouge de plus par jour et tu pourras m'appeler Antoine Blondin.
Pendant qu'on y est, il y a aussi l'option 75 cafés par jour et appelle moi Honoré de B, ou une pute à 17 heures et ce sera Georges Simenon...
Mais ils sont moins drôles que les deux premiers.(tu vois comme un petit compliment me fait péter les plombs?)
Je partage ton irritation devant les faits que tu cites, l'injustice habituelle et la primauté du fort sur le faible mais il n'y a là rien de nouveau.
Sous l'Ancien Régime comme disait ma mère avec la  pointe de regret qui seyait à la petite noblesse chouanne, les castes séparaient les gens et interdisaient à tous ceux qui n'étaient pas de droit divin d'accéder au trône; puis les bourgeois firent la Révolution et la récupérèrent quand le peuple, dans un moment de folie, crut que la République le concernait l'imbécile.
On passa ensuite à la période industrielle, qui permit aux capitaux de commencer à vivre une vie plus libre, excitante, quittant la famille fondatrice de l'entreprise pour se proposer en Bourse, passant même de mains en mains.
Mais enfin, tout ceci restait humain: les riches capitalistes exploitaient les pauvres cons  et développaient une zone tampon appelée classe moyenne.
Devant la complexité et la rapidité des choses (télégraphes, téléphone) les professionnels de l'échange de fric devinrent de plus en plus importants.
Il y eut bien quelques crises regrettables (on oublie souvent que le peuple américain lui-même se retrouva à la rue à peu près à la naissance de Jo-les deux évènements sont peut-être liés, d'ailleurs-, marchant pendant des centaines, voire des milliers de kilomètres pour trouver un travail d'esclaves, survivant grâce aux marmites de soupe laissées au bord de la route par de braves gens*) mais ça repartait comme en  30 et l'on en vint même à créer des espèces de panachage d'actions ou d'obligations pour faciliter l'entrée en Bourse du fric des classes moyennes et proposer aux riches des produits plus performants, amortissant les plantages.
A force de capitaliser tout, on en vint à créer des fonds de gestion de tout.
Des caisses d'assurance, puis de maladie puis de pension...
Mais ouala: maintenant que nous avons des outils hyper-rapides (j'écris sur un ordinateur grand comme un livre de Tintin et Milou,  plus puissant que le premier super ordinateur Cray, qui devait pourtant mesurer du capot de la Volvo de ton mec à ta Mongolfière) et des moyens de communication de plus en plus performants (telex, bbs Arpanet Internet sur cuivre puis sur fibre) il y a de moins en moins de place pour la prise de décision humaine.
Alors oui c'est vrai, Elle: on démolit un quartier de gens modestes pour y mettre des riches..
Mais on a toujours fait çà!
Ce n'est pas ce qui est nouveau.
De plus les riches qu'on va mettre ne sont en fait que de la classe moyenne supérieure, c'est-à-dire une nouvelle zone-tampon: pas du vrai riche qui tient une part du gateau et ne retombera jamais.
Certains de ces derniers viennent d'ailleurs d'il y a très longtemps, d'aussi loin que Louis XI; d'autres seraient même descendants en ligne directe du Prophète (lequel avait du fric).
Marina va se moquer de moi qui fricote avec les présidents et autres chefs de guerre, mais j'en ai même  fréquenté qui descendaient de la Vierge!
Direct!
bien sûr, leblase fait mieux


Je descend de l'arbre, moi madame.

*Lire et relire Steinbeck, Dos Passos, Faulkner, Zinn

 

leblase | Le 08/06/2007 à 20:34 | [^] | Répondre

Re: i'm a Lonely ( rich) Star ...

Leblase,

mon prof d'histoire de la pensée économique ( JL Garello) était moins drôle que toi mais il lisait mes copies, lui au moins...!

lieux communs d'accord mais  il faut justement quelquefois savoir descendre de son arbre et aller voir, écouter, sentir  la où  les hommes et les femmes vivent , cad dans les villes avec les vraies préoccupations de  monsieur et madame Toutlemonde ,

ce qui m'interpelle encore chez toi c'est le décalage entre ce que je suppose de l'homme de terrain , celui qui mouille sa chemise, et le niveau d'abstraction et la nébuleuse de certains de tes  propos, ( la preuve en est que tu déplores qu'on n'y réponde pas ou mal)

 

( arbre livré avec échelle à mesurer l'implication dans le réel)

 

elle | Le 09/06/2007 à 06:58 | [^] | Répondre

Re: i'm a Lonely ( rich) Star ...

Elle,
J'adore ton sens de la vente: livrer un arbre en kit, avec échelle pour descendre, feuilles, branches, ombre et tout, pas de doute tu en connais un bout pour attraper le chaland!
Ben oui mon mélange de terrain et d'abstraction m'étonne moi-même mais c'est aussi ce qui m'a souvent permis de mettre à découvert certains stratagèmes cachés dans les propositions apparemment innocentes de nos chers décideurs, entourés de gens de dossiers.
En fait tu es une arpenteuse de ce lieu depuis le début, et tu dois avoir compris que je ne déplore pas vraiment que les commentateurtrices répondent pas ou mal: je m'agace, je râle, je fulmine, je me moque, je m'en fous, je rigole mais je tente (tentative, tentation, tentacule) des trucs depuis le début.
Je trouve qu'en général, et même si c'est de façon détournée, parsemée, diluée ou enrobée de mistigri, les commentateurtrices n'ont cessé de nourrir la réflexion et d'apporter de l'eau au moulin


...et tant mieux: que faire d'un moulin sans eau?

 

leblase | Le 09/06/2007 à 16:10 | [^] | Répondre

Tant qu'il y aura des arbres...et des ourangs-goutans!

Leblase,

Descendre de l'arbre d'accord...

la recherche de rentabilité des fonds de pension est une menace bien réelle  pour les