Version imprimable Un idéal

plutot qu'une idéologie

"L'idée ou le manque d'idées peuvent rendre malade"
Kurt Vonnegutt, Jr.

Moi, je serais jeune aujourd'hui je la trouverais plutôt mauvaise: pour la première fois depuis très longtemps, les signes indiquent que les générations futures vivront des conditions plus difficiles que celles de leurs aînés.
Je serais Djeun, je me dirais par exemple que les octoseptuagénaires coûtent cher, les 68ards sont des autosatisfaits qui bloquent tout; les quarante-cinq ans plutôt chiants parce qu'ils prendront avant moi la place des 68ards, les quadragénaires pas nécessaires.

la vie, c'est ça, et c'est tout?

Tous ces objets, tous ces moyens, toute cette richesse qui nous étouffe ou nous dénude...?
Pour un monde que nous n'avons pas voulu mais qu'on nous jette aux pieds (et à la gueule, petit con!).
Je me dirais: à quoi me servira ma vie?
A part devenir
un consommateur effréné et modèle,
un citoyen abreuvé et fidèle,
un loup qu'on abat ou un mouton qui bêle
A quoi oui a quoi (me) servira ma vie?
Et servira t'elle aussi à autrui?
Si je déconne je finis dans la rue
si je déconne grave je finis en cellule
si je déconne vraiment grave je finis en bouillie (le coup est parti tout seul).
Vers où porter mes pas, vers qui et vers quoi diriger ma jeunesse, ma vigueur, mes utopies et mes élans, mes peurs et mon envie de faire?



Heureusement, je ne suis pas jeune, hein.
J'ai pas ce problème, mais brave comme vous me connaissez ça m'enrage d'assister à l'impasse dans laquelle les idéologies, toujours stériles, entraînent certains; comment le manque de soutien aux idées neuves en gèle d'autres, et tout ça sans voir venir...un idéal?
Vous, vous avez un idéal? Faut-il en avoir? Vous connaissez quelqu'un qui en a? Un rêve plus long que la nuit, plus fort que le réel, plus grand que le Temps? Plus bouillant que le coeur?
Un don si doux que vous l'offrez à celuicelle que vous aimez?
Dis machine, dis machin, dis-moi toi c'est quoi un idéal?

Notez que je ne vous demande pas si vous avez une idée.


Commentaires

Noyade dans le spleen

Heureusement que tu ne demandes pas si on a une idée, on serait bien dans la merde...

Plusieurs tiroirs dans cette note.
Ce que tu décris est le constat amer que font un grand nombre de jeunes trentenaires. On parle de spleen, celui d'une génération, qui a grandi avec le SIDA, le chômage de masse, la concentration économique, la fin des grands blocs et l'échec du communisme, la révolution managériale, la crise des services publics, Dorothée, Casimir et l'avènement du monospace...
Puisqu'on en est aux grands traits un peu carricaturaux, j'ai lu ici ou là que la génération qui arrive derrière, celle de Beyoncé, de la Star Ac et du pensionnat de Chavagne serait néo-réac, parce qu'attachée à des valeurs dont nos parents ont voulu, à un moment assez court finalement, se débarasser, une génération qui s'annonce ultra consommatrice et ultra individualiste, une génération matérialiste et nombriliste.
Un idéal? J'ai plutôt l'impression que l'on cherche aujourd'hui une occupation à son ennui...

Bouge pas, je reviens...

 

Archignac | Le 27/10/2005 à 17:22 | [^] | Répondre

Re: Noyade dans le spleen

Archi Ier,
Je suis désolé de remuer des choses qui font mal, mais c'est parfois nécessaire.
Ainsi des exemples que tu cites, il est clair que l'avènement du monospace va à l'encontre de l'érotique aventure individuelle (poulette allonge-toi dans ma monospace je peux déplier les huit sièges), on n'imagine pas ça dans une chanson de Buddy holly, des King Crimson, des Sex Pistols, de Nirvana mais on met la StarAc dedans sans problèmes).
Pour ce qui est de Dorothée c'est bien fait pour vous, vous aviez qu'à regarder Arte.
Ce que tu dis des réflexions sur la jeune génération qui serait nombriliste et matérialiste, d'après des articles parus ici ou là...Ces mêmes articles paraissent tous les cinq ou six ans depuis qu'on a inventé le travail à la chaîne et le baratin de l'escalier social.
Toutes les générations , depuis les années soixante, n'ont-elles pas versé dans ces travers principalement parce que la société doit écouler ses produits et parce que ces produits pour être achetés nécessitent une approche amtérialiste? Pour être utilisés, ne doit-on accepter qu'ils nous isolent (ipod, home cinéma, télé, pc, playstation (un jeu très apprécié en prison, car il permet d'arrêter le temps)?
Chercher une occupation à son ennui?
Bigre! Si c'est le bilan des trentenaires, c'est glauque. Mais si tu as raison, cela préfigure peut-être une crise sociale sérieuse, entre décadence et insurrection..
Et finalement, non non je ne faisais pas de constat amer: je crois toujours en l'individu non résigné, j'entends et j'observe des gens qui signalent pas mal de prise de conscience, pas mal d'envie de changer les choses, pas mal d'ingéniosité.. En fait, je trouve les 18/25 souvent beaucoup moins matérialistes que les trentenaires.

 

leblase | Le 28/10/2005 à 21:16 | [^] | Répondre

Re: Re: Noyade dans le spleen

Réponse courte cher leblacontractideuse,
Je parlais de la génération suivant celle des 18 / 25.
Sans doute ces mêmes études reviennent comme des modes récurrentes mais il n'y aurait rien d'illogique à un tel constat, fait aujourd'hui, dans la mesure où le marketting atteint des degrés de sophistication qui n'a d'égal que l'extension du marché des besoins premiers...
Ce bilan des trentenaires n'est pas si glauque, c'est une génération réaliste, pragmatique, qui n'a peut être pas connu de grandes illusions. En revanche, elle a été frappée de plein fouet par la crise du politique. Il y a une espèce de conditionnement lié à la précarité de l'emploi. Les sources de respiration sont rares.

 

Archignac | Le 03/11/2005 à 21:13 | [^] | Répondre

De retour

Ouf, il n'y a pas de commentaires (au moment où je commence le mien)
je peux me délecter en lisant ton billet
je me suis toujours perdu dans tes commentaires...
Cette fois-ci, je serais peut être l'initiateur de la perdition (ou perte) des autres

Quand j'ai commencé à pianoter sur ce clavier, je n'avais aucune idée, qu'est ce que je vais raconter, moi Machin (Pas le personnage de Fouad Laroui !... même si on se ressemble .. pauvres individus.. )

Il y a quelques jours, on m'a taxé de nihiliste parce que j'avais dit : "Les crises et les massacres ont leur quart de célébrité" .. pour réagir à la surmédiatisation des souffrances, devant laquelle il y a en somme peu d'aides, peu de changements pour un développement durable... pour l'intérêt général.

J'ai un sentiment partagé...
D'un côté, le monde réel.. où les choses font peur... où l'on sent la manipulation par de quelques  marionnetistes invisbles...
Et d'un autre côté le monde virtuel.. ce Village... où l'on découvre que rien n'est encore perdu

et mon idéal..

ce sera pour plus tard...


Ayoub ... jeune blasé  pour de bon :)


 

ayoub | Le 27/10/2005 à 17:40 | [^] | Répondre

Re: De retour

>Ayoub
Cher ingénieur, je t'en prie, ne sois pas blasé.
Ce serait une forme de résignation.
Ce serait, dans ton cas (djeun) accepter le fait que les dés sont pipeés, le jeu joué d'avance.
Il ne l'est pas.
Bien sûr, le système en place est un grand régulateur, et ceux qui en tiennent les manettes n'obéissent qu'à certains codes.
Non pas qu'ils soient nécessairement corrompus, ou sectaires.
Mais ils ont leur façon de voir, leurs critères pour juger, leur passé comme référence.
C'est pourquoi il faut ouvrir l'espace, ouvrir le regard, maintenir l'espoir et la volonté de mouvement.
Ce mouvement tu l'as amorcé en venant ici.
Les jeunes (mais pas seulement eux) peuvent changer les choses, à condition de ne pas vouloir simplement prendre la place que les autres occupent (parce que ça veut dire vouloir être vieux à la place des vieux;-), tu parles d'une ambition!)
il faut inventer et créer une vision, de nouvelles manières de faire, vouloir d'autres choses  que ce que l'on nous propose.
Enfin, plein de trucs hein, Ayoub, c'est pas moi qui vais faire la liste.
Mais surtout: ne sois pas blasé. D'abord tu es trop sensible pour en être là.
Ne soyons pas cyniques non plus, car nous ne ferons que nous fair edu mal à  nous-mêmes.
ça n'empêche pas l'ironie, l'humour ou la distanciation.
Ce que tu dis est vrai: il y a manipulation incessante dans le monde réel, mais ce n'est pas que dans le monde virtuel  que rien n'est encore perdu.
Non non non.
P.S.
"les crises et les massacres ont leur quart d'heure de célébrité"
Excellent! Je suis certain qu'Andy Warhol aurait adoré cette modification de son adage.
Tu as tellement raison... Mais nous ne devons pas en rester là.

 

leblase | Le 28/10/2005 à 20:46 | [^] | Répondre

les fruits de la mélancolie

un idéal? un rêve?
Naître en chine avant la grande muraille; chasser le bison sur un appaloosa, dormir dans une bergerie entre un loup et un agneau, jouer de la clarinette comme on chante, et mourir accidentellement d'une chute des jardins suspendus de Babylone. Des truc infaisables. Des rêves, des utopies et surtout pas un idéal. Ce genre d’engin est explosif. Où alors quitter la terre, même si les goélands ont la grippe. Quand Jonathan Livingston tousse, ça rend les hommes mélancoliques
Hypothèse :
Le XX° siècle a commencé avec un idéal pour tous (les -ismes) et fini avec un rêve pour chacun (le monde sony). Il doit y avoir d’autres mondes à inventer. Aujourd’hui est inédit. Je ne crois pas que les générations à venir chercheront chez leurs aînés les idées pour créer les mondes de demain. Il vaut peut-être mieux pas.

 

dany | Le 27/10/2005 à 20:15 | [^] | Répondre

Re: les fruits de la mélancolie

>Dany
Tu m'excuseras, j'ai expurgé ton texte du fatras html (il faut en effet, paradoxalement, ne pas choisir Texte quand tu réponds mais laisser la position par défaut)
Maintenant,
ton image de la chute des jardins suspendus est très belle, et originale.
Le pire c'est qu'elle soit si pertinente.
Les ismes ne sont-ils pas plutôt l'idéalisme, un dévoiement presque toujours criminel de l'idéal.
Un jeune être qui aspire à prendre son autonomie, à se prendre en charge et pas seulement d'être branché sur son Sony ("t'as rêvé, Sony l'a fait" était un des arguments les plus démobilisateurs que l'on aît pu créer, en effet) n'est'il pas amené à  formuler un rêve, celui de changer le monde dont il découvre petit à petit qu'il n'est pas la pancarte qu'on lui a mis sous les yeux depuis le début?
Quand il découvre que les adultes, derrière la barricade de leurs certitudes ou de leurs soumissions, n'en savent finalement pas plus qu'eux?
Je ne crois  pas non plus que les jeunes générations chercheront chez leurs aînés les idées pour créer le monde de demain.
Mais s'ils ne se penchent pas sur l'héritage de leurs aînés, ils risquent de faire les mêmes conneries qu'eux.
Car finalement , leurs aînés, quand ils étaient jeunes, n'auraient-ils pété dans la même situation?
Et leurs aînés n'ont-ils pas pour devoir de leur faire savoir où ils se sont plantés, leur dire quand et où l'orgueil, la crédulité, le manque de rigueur, la simplification ont joué le même rôle d'empêcheur de création de rêves?
De toutes manières, franchement Dany: est-ce qu'un blog a quelque chose à voir avec l'avenir?
Et inversement, qu'est-ce qui n'a pas d'incidences sur le futur?
Il est chiant leblase;-)

 

leblase | Le 28/10/2005 à 21:34 | [^] | Répondre

Re: Re: les fruits de la mélancolie

Merci pour ton accueil bienveillant précis et salutaire. Je saurais maintenant appuyer sur html pour afficher un texte. Mais trop de questions à la fois ça m’a donné sommeil. J’ai appuyé sur démarrer pour arrêter la machine.

Je ne peux pas répondre à tous tes points d’interrogation. Globalement je suis d’accord avec Marie Chantal. Ceux de 68 ont bénéficié d’un monde pacifié, plein de promesse. A titre d’exemple, ils n’étaient plus, ou pas encore, exposés aux deux fléaux qui guettent les amants. La pilule était déjà là, le sida pas encore. Une très courte parenthèse, une génération suspendue dans l’histoire de l’humanité. Ils ont voulu changer le monde, nettoyer le passé qui traînait sur la table. Ils ont fini par ressembler à des fruits gonflés d’orgueil, convaincu d’avoir planté l’arbre qui  les porte.

Maintenant, il est possible de tuer plusieurs fois la planète. Suicide nucléaire ou mort fébrile et lente. Maintenant, il est possible de transformer radicalement l’espèce humaine. Maintenant les empires se dressent et s’affrontent.

Alors un idéal est un luxe de riche à l’abri des menaces du monde. Et d’accord aussi avec wawa sur l’effet de masse. Ce n’est ni du désespoir ni de la nostalgie. Le présent est plein d’avenir. C’est prégnant (métaphore obstétricale). C’est aussi vrai pour ton blog, même si leblase est un faux. Je ne dirai pas que je suis confiant mais je suis attentif au pouvoir de création des hommes.

 

domi | Le 29/10/2005 à 18:04 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: les fruits de la mélancolie

>Domi/Dany,
J'ai beaucoup aimé la concision de ton texte, ses tournures aussi.
De la belle écriture, sérieusement.
Pourtant , je crois que chaque génération doit faire face aux conditions du monde qui sont les siennes. Une jeunesse qui se lamenterait sur son sort en disant :"c'était mieux avant" serait une génération qui traîne les pieds devant l'avenir dont elle a la charge.
Ce ne serait pas une grande cuvée.
Et je suis d'accord avec la façon dont tu en termines avec les 68ards, sauf pour une chose.
Un monde pacifié?
En pleine guerre froide, qui avait chargé leur enfance de la promesse de mégatonnes (ce n'est pas en effet l'apanage négatif de la jeune génération d'aujourd'hui: ce danger a déjà 50 ans de vie)devant s'abattre sur eux à la moindre crise d'un des fous disposant du petit bouton rouge... Ce n'est pas parce que ça n'est pas arrivé que leur vision de la vie n'en a pas été emplie. Une société dans laquelle on n'imagine peut-être plus combien les choses étaient figées entre strates sociales.
Pour la France, un vieillard au pouvoir peut-être hors du commun  mais atténuant toute plasticité du comportement social, un ancien empire se relevant à peine d'une guerre d'indépendance (Algérie) ayant laissé quelques cadavres dans les tiroirs.
Mais le monde existait aussi avant 68: ainsi, imaginons ceux qui ont eu 18 ans au démarrage de la Deuxième Guerre Mondiale..
Eux aussi ont eu des choix à faire, radicaux et dépassant le simple matérialisme.
Et ceux qui ont quarante ans aujourd'hui, qui depuis toujours entendent les bruits du chomage, qui se sont vus décrire la vallée du monde en termes de pourcentages à l'ANPE, de taux du Sida.
Aujourd'hui les défis sont terribles, mais les moyens mis à leur disposition sont également nouveaux: ainsi de l'Internet, de l'informatique à domicile, moyens de communication et d'autonomie ou d'asservissement, à chacun de tenir un comportement fort ou faible, libre ou asservi.
La nature des rapports entre hommes et femmes a considérablement évolué, la tolérance envers les préférences sexuelles aussi.
Qu'un idéal soit un truc de riche, je n'en suis pas sûr.
J'ai lu Marie-Chantal, je te lis, je pense à des gens rencontrés dans différentes parties du monde, concentrées sur la tâche d'améliorer, pour eux et leur communauté des conditions de vie parfois très précaires, et je constate qu'au contraire c'est chez les pauvres que j'ai rencontré le plus de porteurs d'idéal.
C'est chez eux que j'ai vu et parfois contribué à la mise en place de visions fédératrices généreuses, des porteurs de projets habités par une ambition forte comme la tentative de rattraper la course des pauvres vers les riches, redistribuer l'énergie et les bienfaits de l'eau, de la communication, des transports, de la santé.
Les riches n'ont pas de tels idéaux, sauf ceux qui veulent aller à la rencontre des autres.
Mais les pauvres en nourrissent, à défaut d'avoir autre chose à se mettre sous la dent.
Je suis d'accord avec toi: le présent est plein d'avenir. Le passé n'est pas étranger au présent. Sachons relier les temps comme les gens et les idées, et alors, comme toi, nous pourrons en étant attentif au pouvoir de création des hommes, saisir l'instant où la nouvelle génération marquera son empreinte.

 

leblase | Le 29/10/2005 à 21:30 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: les fruits de la mélancolie

J’acquiesce et me tais. (je ne resiste pas: les démunis ont un idéal, les nantis ont la question de l'idéal).

Peux tu en dire plus sur « les visions généreuses et fédératrices que tu as contribué à mettre en place » ?

 

domi | Le 29/10/2005 à 22:52 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Re: les fruits de la mélancolie

>domi
"les démunis ont un idéal, les nantis ont la question de l'idéal", voilà une excellente formulation!
Tu as décidément le talent (rare ici;-) de la concision.
De plus, la phrase est belle.
leblase étant un faux, trop de précision nuirait.
Pour le reste, je faisais allusion à quelques missions dans le Tiers-Monde ou dans des pays en guerre civile. J'étais en ces occasions entouré de gens dédiés et dévoués à des causes qui dépassaient leurs propres intérêts, parfois même leur propre sécurité.
Sur ces terrains-là, j'ai plusieurs fois rencontré des gens qui parvenaient à souder leurs communautés martyrisées autour d'un idéal allant au-delà de la survie simple, mais touchant presque toujours à la  préservation de leur dignité.
Et si j'ai toujours remarqué que ceux qui ont peu donnent facilement tout ce qu'ils ont, j'ai constaté l'inverse, la plupart du temps, chez les nantis.

 

leblase | Le 29/10/2005 à 23:07 | [^] | Répondre

"Un pauvre idiot est un idiot, un riche idiot est un riche"

Leblase : "Ceux qui ont peu donnent beaucoup et l'inverse chez les nantis", je le constate avec les enfants, même si je ne peux parler que de mes constatations auprès d'une micro-société. Et je dirais que c'est le cas des moins bien nantis au plan "scolaire". C'est peut-être pour cette raison que je les préfère, les autres passent leur temps à "capitaliser" leurs notes... cette attitude n'est pas Loi dans ma classe. Parfois, ça déstabilise les élèves, surtout les "bons".

Je suis toujours en attente d'un départ pour Haïti ou l'Afrique... Mon désir de contribuer à l'aide internationale ne s'est pas encore concrétisé. Ce désir m'obsède depuis l'adolescence; j'attends que la bonne occasion se présente, comme le choix d'un organisme avec lequel m'y rendre. Et je disais que beaucoup de jeunes, contrairement aux générations précédentes, vivent cette expérience, pour confirmer que la nouvelle génération est celle de "l'agir".

Pour répondre à la fois au message plus bas, je me questionne encore sur le mot "idéal", que je confonds avec "désir". Le désir de justice est-il un idéal? Le désir de dignité pour tous est-il un idéal? Si oui, je ne vis que pour ça, les idéaux ! Les adolescents ne vivent que pour ça, les jeunes aussi... S'il fallait que le rêve soit mort chez les jeunes, quelle tristesse! Mais un jour, ils croient que leurs rêves ne sont pas réalisables, et entrent rapidement dans un mode de vie individualiste. Ou deviennent nihilistes, comme se qualifie Ayoub lui-même.

Ça se pose comme la sempiternelle question de l'Art pour l'Art... C'est le fossé des valeurs entre mon frère et moi. C'est la lutte pour la conversion d'un mode de vie sur l'autre depuis 25 ans. Cet écart m'attriste, je n'y peux rien. Comme lui, de son côté, est triste et inquiet pour moi... Sur ce sujet, je n'entends qu'une réponse : "Mais oui, mais Chantal, qu'est-ce qu'on peut faire? C'est du bavardage pour rien!" On passe le sujet et on parle de la "réussite" de ses enfants, qui adoptent le modèle "M'as-tu vu". Ça ne veut pas dire que mon frère ait tort...

Excuse-moi pour cette parenthèse autobiographique. Je sors du cadre philosophique de ce billet, j'espère que tu me pardonnes.

Et j'ose encore  tout mêler : voilà que les valeurs entrent en ligne de compte dans l'idéal...

Et voilà la réflexion que je ne cesse de me passer : qu'ai-je fait pour être ainsi? Suis-je folle, à la fin?

 

marie-chantal | Le 30/10/2005 à 12:57 | [^] | Répondre

Re:

>Marie-Chantal,
Je ne voudrais pas te refroidir, mais contribuer à l'aide internationale dans des pays "chauds" à double sens nécessite des aptitudes et un professionalisme avérés.
Tout d'abord parce qu'au début, les ONG se retrouvaient à devoir rapatrier d'urgence des personnels pas du tout préparés à affronter la réalité que les medias ont beaucoup de mal à transmettre (souvent parce que les rédactions le refusent: le cauchemar est parfois insupportable).
Maintenant, parce que l'action là-bàs doit être entreprise très vite: à peine débarqué tu te retrouves dans un incraisemblable chaos, et les émotions qui t'inondent ne sont pas là pour aider!
Mais on ne sait jamais: le fait que tu sois enseignante peut aussi t'amener à trouver un poste.
Le désir peut-il être un idéal? C'est une bonne question, et une bonne réponse me semble t'il.
On peut aussi l'inverser ne crois-tu pas?
L'idéal n'est-il pas d'éprouver encore du désir? Pour la vie, la lumière, la beauté, pour devenir un meilleur être humain, le désir d'apprendre, toujours?
Ayoub ne se définissait pas comme nihiliste, mais rapportait qu'on l'avait taxé comme tel pour avoir dit cette belle paraphrase de Wahrol: "les crises et massacres auront leur quart d'heure de célébrité".
Phrase lucide d'un jeune homme plein d'idéaux,(même s'il se dit désabusé.

Quant à sortir du cadre philosophique du billet, Marie-Chantal, tu sais bien qu'ici c'est la règle: tout ce qu'on dit à toujours trait à la réalité que nous échangeons ici.

 

leblase | Le 30/10/2005 à 17:33 | [^] | Répondre

bénis soient les cliftés!

fut un temps où on aimait à calquer ses prises de position, ses jugements, sa philosophie dans la vie , bref ses idées d'après les films en vogue. Ainsi pendant les années 60, se disait "être cliftée" toute personne ayant pris un sacré coup du seul fait qu'un intello gardait le silence sur une question, jugée à l'ordre de l'heure. On prenait cette attitude pour de la réserve intellectuelle ainsi que dans les films d'un certain Montgomery Clift. il faut dire qu'alors le prix du baril de petrole ne tirait pas à conséquence, ou alors pas plus que ne le ferait le prix d'un livre de poche, l'air du temps faisait des deux une denrée stratigique. On se rassurait à l'idée de se savoir du bon côté de la barricade, parce que Sartre y était lui aussi, le mégaphone à la main... Maintenant on est plus clifté, on est juste désabusé devant son ordi, on n'adopte une idée que pour l'abandonner ensuite pour une autre, au hasard du haut débit, du flux binaire qui joue et se déjoue de nos

[img]http://home.comcast.net/~j2jensen/humor/images/nun.jpg[/img]

 

GarAmud | Le 27/10/2005 à 23:04 | [^] | Répondre

parce que je suis ...

... Djeun et perpétuellement poussé au pire

" Now of course I want peace on the streets
But realistically
Painting perfect pictures ain't never work
My misery was so deep
Couldn't sleep through all my pressures
In my quest for cash
I learned fast
Using violent measures
Memories of adolescent years
Their was unity
But after puberty we brought war
To our community
So many bodies dropping
Its gotta stop
I want to help
But still I'm stepping
Keeping my weapon
Must protect myself
The promise of a better tomorrow
ain't never reach me
Plus my teachers were to petrified in class to teach me
Sipping thunderbird
And grape kool-aid
Calling Earl since my stomach was empty
It seduced me to fuck the world
Watch my 'lil homies
Lose there childhood to guns
Nobody cries no more
Cause we all die for fun
So why you ask me if I want peace
If you cant grant it
Niggas fighting across the whole planet
So we can never be peace " (2pac Never B Peace)

quand je n'ai qu'une envie: pouvoir être meilleur.

"Be, B-Boys and girls, listen up
You can be anything in the world, in God we trust
An architect, doctor, maybe an actress
But nothing comes easy it takes much practice
Like, I met a woman who's becoming a star
She was very beautiful, leaving people in awe
Singing songs, Lina Horn, but the younger version
Hung with the wrong person
Got her strung on that
Heroin, cocaine, sniffin up drugs all in her nose...
Coulda died, so young, now looks ugly and old
No fun cause now when she reaches for hugs people hold they breath
Cause she smells of corrosion and death
Watch the company you keep and the crowd you bring
Cause they came to do drugs and you came to sing
So if you gonna be the best, I'ma tell you how,
Put your hands in the air, and take a vow

I know I can (I know I can)
Be what I wanna be (be what I wanna be)
If I work hard at it (If I work hard at it)
I'll be where I wanna be (I'll be where I wanna be)..." (Nas I can)

Puis-je vraiment avoir un idéal?

Jolie note Leblase, jolie photo. Et trés judicieuse:  tu sais bien ce qui arrive aux "vastes oiseaux des mers" lorsqu'ils sont "exilés sur le sol au milieu des huées" :..(

(pour renouveler l'idée que l'ont se fait de certaines choses: http://www.lyricattack.com/0/2paclyrics)


 

wingedfoot | Le 28/10/2005 à 09:43 | [^] | Répondre

Re: parce que je suis ...

>Wingedfoot
Quels beaux textes.
Tupac était un grand-en plus, je suppose que tu l'as vu dans l'unique film dans lequel il jouait (l'histoire de deux glandeurs pris dans une aventure rocambolesque): c'était un super acteur.
Mais le titre: Djeun et perpétuellement poussé au pire est une axcuse nulle, parce que celà fait longtemps qu'il y a des jeunes, que ceux-ci se heurent à un système conservateur, et qu'il faut pousser.
Mais le pire, n'est-ce pas forcément le choix des perdants?
La deuxième chanson, très dure aussi, est néammoins très belle mais alors, oui: peux-tu avoir un idéal?
A toi de nous le dire.
De nous dire si ça peut servir.
Si cela doit être une utopie, un rêve, une ambition, un code de valeurs, un commerce..

 

leblase | Le 28/10/2005 à 20:53 | [^] | Répondre

Leblase...
    Je reviendrai avec plein de mots sous les doigts (tu sais que je démarre parfois lentement..), mais, malgré ce choix que l'humanité a fait déjà depuis un bon moment de ne plus en être une, oui, il reste de la vie,  il n'y a que ça (non non, pas un couplet sur l'amour inconditionnel, je te jure)

    Que reste-t-il?  L'espoir, l'idéal est-il une façon de se projeter dans un futur possible? Et le présent, lui? On fait quoi avec?  S'il existe un mot pour parler d'idéal au présent, je l'ignore, mais c'est à ça que ressemble ma vision.

 (pour tes mollets, ne rase pas, surtout, ca pique en repousssant, l'horreur...)

 

Kayenne | Le 28/10/2005 à 16:13 | [^] | Répondre

Kayenne n'aime pas les mollets piquant

>Kayenne
tsst tsst
Crois-tu vraiment que l'humanité a fait un choix?
N'a t'elle pas à la fois démontré sa peur, ne voulant sans cesse contrôler le monde, et prouvé son désir de découverte, en partant sans cesse toujours un peu plus loin?
L'himanité n'est-elle pas multiforme? Et heureusement, d'ailleurs que des minorités, encore et encore, agissent en dépit de ce que la minorité gouvernante (toujours la même finalement, depuis des siècles et des siècles) fait pour nous voiler les yeux et l'esprit.
Alors, jonglant sur l'idéal qui gonfle le coeur des jeunes, cette minorité réactionnaire et manipulatrice ne se sert-elle pas de la majorité soumise et terrorisée de la vie, pour polluer le boulot afin de garder sa position dominante, confortable mais finalement pas si terrible que ça?
Et ça s'appelle une idéologie.

 

leblase | Le 28/10/2005 à 20:59 | [^] | Répondre

Re: Kayenne n'aime pas les mollets piquant

Leblase...
la peur est l'anti-vie par excellence, probablement.   Quant aux jeux de pouvoir et de domination qui existent depuis toujours sur ce qu'on nomme "civilisations" (et qu'a-t-elle de si civilisé que ça, au fond, merde, j'y comprends rien...) ils sont aussi aberrants que vrais.  La vie est multiple, et prend toutes les formes, de la plus grande laideur à la plus merveilleuse beauté . Tu parles d'idéal.   Je n'ai que des images à faire à proposer en échange d'images toutes faites.  Si un jour je deviens une adulte, abattez-moi!

(non, mais tu t'imagines avoir les mollets aussi piquants que de la barbe?? )

 

Kayenne | Le 31/10/2005 à 03:12 | [^] | Répondre

Re: Re: Kayenne n'aime pas les mollets piquant

>Kayenne,
La peur est un système d'auto-défense très utile, qui nous permet d'être avertis de dangers éventuels. Le vrai problème de la peur, c'est de la laisser nous gouverner.
Les seules personnes dépourvues de peur que j'ai connues dans mes petites aventures étaient soit des fous dangereux, soit aujourd'hui des morts.
Si tu n'as que des images à faire (et à colorier, peut-être) en échange d'images toutes faites, c'est bien.
Peut-être nous en proposeras-tu?

(ma barbe est très douce, alors si mes mollets ne piquent pas plus, c'est bon: les femmes peuvent se jeter à mes pieds)

 

leblase | Le 31/10/2005 à 13:54 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Kayenne n'aime pas les mollets piquant

leblase...
la peur pour sa survie est en effet une bonne chose, elle est nécessaire.  et tu sais tres bien que je faisais référence à la peur conditionnéew, apprise, celle qui n'est basée sur rien, celle qui assujettit l'humain dans un modus operandi parfois vicieux, ou bancal.

Images à faire et a colorier...j'aime l'idée.   D'ailleurs je détestais le coloriage quand j'étais petite fille (oui oui, plus jeune encore qu'aujourd'hui...) parce que les dessins étaient déjà tracés.

Merci de me parler de ta barbe, je sens que je viens vraiment d'obtenir une information privilégiée sur toi, là....:-P

 

Kayenne | Le 01/11/2005 à 01:10 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: Kayenne n'aime pas les mollets piquant

Kayenne,
Mais je faisais également référence à la peur conditionnée: je parlais de notre rapport indviduel à la peur en tant que telle, quelqu'en soit le déclencheur.
C'est souvent la peur qui n'est basée sur rien (qu'on appelle élégament la peur devant l'inconnu) qui est le ferment des sociétés conservatrices, dans lesquelles on te dit:
-il ne faut pas aller là!
-Pourquoi?
-Parce que c'est  mauvais, c'est mal!
-Pourquoi?
-Parce que personne ne l'a jamais fait.

Pour la douceur de mes poils, il s'agît d'une information strictement confidentielle, je compte bien sûr sur ta discrétion

 

leblase | Le 01/11/2005 à 11:43 | [^] | Répondre

Si j'étais djeun

jme battrais pour la paix en palestine et en israel
j'inventerais une nouvelle zic d'enfer, une nouvelle peinture jamais vue
j'étudierais la physique des astres
j' voudrais etre président des françois ou meme des européens
j'voudrais faire mordre la poussière à billy the gate
j'voudrais devenir le plus grand philosophe de tous les temps
j'voudrais m'occuper dma grand mère

et plein de choses encore

ca tombe bien parceque ya pleins de djeuns en 2005 qui ont envie de tout ça (malgré kles viokes y s'en rendent pas toujours compte)

 

fothp | Le 28/10/2005 à 19:06 | [^] | Répondre

Re:

>fothp,
Il y a dans ta liste des idéaux, des ambitions, des envies.
La part de rêve est donc présente.
que manque t'il pour que la recette prenne?
De la volonté tout d'abord, 'f course.
Mais pour que l'effort demeure aussi purement axé sur le but initial, malgré les inévitables aléas que la vie mettra en face du marcheur, il faudra y ajouter de l'auto discipline, non?
Sinon, ne risque t'on pas de dévier, de passer d'un truc à l'autre, bref de perdre le fil de son idée?
De la rigueur, pour ne pas se prendre pour plus génial que l'on est.
De l'humilité et de l'audace à la fois.

Et plein de choses encore;-)

ça tombe bien parce que si c'était si simple que celà, faut croire que l'on serait déjà dans un monde idéal, pas vrai?

 

leblase | Le 29/10/2005 à 12:35 | [^] | Répondre

idéal zavez dit idéal ? est ce que j'ai une tête d'idéal moi ?

et si on était dans un monde idéal, ça serait d'un chiant mais alors d'un chiant !

pas d'accord pour la discipline
pas d'accord pour une recette
vive le flou
vive l'inconstance
vive le hasard
vive la déviance

les djeuns sont  géniaux et il doivent continuer à le croire. ils découvriront plus tard

J'ai entendu un philosophe dire que l'humanité passait de la question "d'où venons nous" à la question "combien de temps l'homme va continuer à exister"

je réfute

A mi me gusta la créacion

 

fothp | Le 29/10/2005 à 13:08 | [^] | Répondre

Re: idéal zavez dit idéal ? est ce que j'ai une tête d'idéal moi ?

Foth

Si tu n'adoptes pas d'auto-discipline, ne risques-tu pas de vite tomberi dans la complaisance, base de mollesse et de corruption de tes objectifs? bref, comment un jeune devient un petit vieux.
Pour la recette(?)
"flou" n'est pas "ouverture d'esprit, flexibilité, rapidité de réaction.
 Il me semble que  "flou" rime bien avec "mou" et n'aide pas à  acquérir une certaine liberté de penser.

Inconstant? Inconstance d'être? La pusillanimité est certainement plus facile à vivre que la détermination, et c'est bien là-dessus que les détenteurs de pouvoir comptent.
Se livrer au hasard, ne serait-ce pas une forme d'abandon de ses propres capacités à choisir sa route,se livrer aux manipulations de masse, devenir une girouette?
Alors que la perspicacité et l'éveil permettent de saisir les opportunités, ouvrent plus de choix.
Car être, être libre, c'est aussi choisir, plutôt que laisser les autres (comme le hasard), le faire pour soi .
Déviance du système, oui. déviance des normes , des modèles, des cadres, des programmes que l'on fait pour nous, à notre place.
Pourquoi les Djeunes devraient-ils géniaux? Simplement parce qu'ils sont Djeunes?
Le génie serait donc une poussée hormonale fugitive, comme les boutons d'acnée?
Une des deux plus grandes qualités de la jeunesse, qui réside dans les capacités de vitesse d'acquisition des connaissances ne mène à rien si elle n'est pas suivie de l'approfondissement de ces connaissances, ne crois-tu pas?La deuxième qualité, plus difficile à préserver au fur et à mesure que l'on acquiert des connaissances, me semble être la flexibilité.
Quant à avoir foi en soi, tu as raison c'est indispensable, surtout si ça ne fait tomber ni dans l'arrogance ni dans la crédulité.

 

leblase | Le 29/10/2005 à 14:32 | [^] | Répondre

Le vilain petit canard

D’une logique floue, d’une diversité, d’erreurs, d’arrogances multipliées, de potentiels génies (avec ou sans boutons :-),  d’un manque de discipline, de paresses choisies, de tous ces défauts là, sortiront sans doute quelques génies qui porteront l’humanité bien plus loin que ne le dit le philosophe dont je parle plus haut.

Par la discipline et la méthode (dont raffolent les élites), nous avons pondu un monde au bord du gouffre

 

fothp | Le 29/10/2005 à 15:13 | [^] | Répondre

Re: Le vilain petit canard

>Fothp,
Ne confondons pas les contraintes qu'on nous impose avec la discipline personnelle que nous choisissons afin de ne pas être une simple feuille que chacun pourrra utiliser.
Une discipline personnelle pour tenter de garder une éthique, une morale qui soit les siennes propres.
Sans celà, à quelle vitesse rejoindrons-nous les corrompus les vaincus, les inertes, ceux qui se trouvent toujours les bonnes excuses pour ne pas risquer d'avancer

 

leblase | Le 29/10/2005 à 21:35 | [^] | Répondre

Re: Re: Le vilain petit canard

Arrete d'écrire fothp avec un F majuscule, cela fait arrogant !

pour le reste , nous sommes entièrement ok ; la conscience du monde et l'éthique(MAIS PAS LA DISCIPLINE ;-)

 

fothp | Le 29/10/2005 à 22:03 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Le vilain petit canard

>fOTHP
entendu, plus de f majuscule;-)

Sans discipline personnelle, c'est-à-dire sans contrôle de soi (ne pas confondre avec contrainte ou blocage), l'éthique ne devient qu'un plâtre moral!
et !

 

leblase | Le 29/10/2005 à 22:45 | [^] | Répondre

tu lâches jamais toi !

et j'aime ça ;-)

si la discipline dont tu parles concerne l'exigeance que l'on a pour soi dans ses actes de tous les jours vis à vis d'autrui, de la nature, de la morale  que l'on s'est forgée.... ok

Si par contre  la discipline doit aboutir à une sorte d'obligation de vouloir approfondir, à une interdiction d'expérimenter toujours de nouvelles choses sous prétexte que l'on serait alors superficiel, ne crains tu pas que là aussi, on puisse passer à côté du principal. Entendons nous, je ne condamne pas cette ligne de conduite.je ne comprends simplement pas que l'on considère que ce soit la seule qui vaille  

 

fothp | Le 30/10/2005 à 14:49 | [^] | Répondre

Re: tu lâches jamais toi !

>fothp
Une discipline qui t'interdirait de participer à des expériences nouvelles (encore que c'est un peu flou ça: celà peut vouloir dire apprendre une langue, une technique, prendre de l'héroïne, tuer quelqu'un, sauter à l'élastique, partir à pied trente jours sans rien d'autre que les vêtements que l'on porte, suivre un entraînement de yogi dans la grotte de complex)n'est pas tant une discipline qu' une règle contraignante.

 

leblase | Le 30/10/2005 à 17:39 | [^] | Répondre

Re: Re: tu lâches jamais toi !

fothp..

"interdiction d'expérimenter"?...je comprends que ça te rebute!  Toute discipline, quelqu'elle soit, devrait au contraire porter la mention "obligation d'expérimenter"...
Je ne sais plus qui, quand ou d'où vient cette phrase (comme la plupart des citations qui me viennent en tête d'ailleurs...), mais celle-là je l'aime bien :"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait"

 

Kayenne | Le 01/11/2005 à 01:15 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: tu lâches jamais toi !

fothp...
merci! :-)

 

Kayenne | Le 02/11/2005 à 02:01 | [^] | Répondre

"Aïe, Cornélius, on manque de bananes", dit Zira

Idéal : on dirait que le mot fait troisième âge, comme le mot « progrès » nous fait penser à notre bon vieux pépère qui a vu les premiers engins volants.

Le mot a été populaire à un moment de l’histoire pendant laquelle il y avait des bananes pour tous les singes, soit à l'époque des 68ards.

Lorsque est arrivée la pénurie de bananes, les singes se sont mis à s’énerver (je sais cela en tant que post-boomer, soit en tant que guenon de la génération no future : c’est-à-dire les « un jour je ferai... un jour, un jour... », je suis devenue une vieille croulante entretemps). On cesse ses études pour gagner des sous, on ne croit plus à l’avenir... quel avenir? De quoi je parle, moi? Économiser? Pourquoi? Faire des projets? Pourquoi? Me presser? Pourquoi? Me marier? Ahhh !! Des enfants? Yeurrrrrk ! La terre est pleine d’enfants qui crèvent de faim!! Et puis, j’ai pas les moyens de me payer la maternité...

L'idéal est un luxe de personnes économiquement aisées.

 

Parlant d’idéal, Give Peace a Chance a été écrite dans un hôtel 5 étoiles de Montréal, par un homme totalement fou qui possédait une garde-robe d’au-delà de 250 manteaux de fourrures... Imagine all the people having the same behavior, ahaa... You may say I'm a looser, but I'm not the only one...

 

Il s’agissait d’une génération du « verbe ». Nous sommes passés à la génération de "l’agir", quoique vous en pensiez. Jamais autant "djeuns" ne sont allés en coopération internationale.

Antigone continue de rêver. À l’amour, au changement, à la bonté, à la douceur, à la générosité.

Bizarrement et hors-propos, le mot "idéal" me fait penser à des filles de magazines... comme dans "la femme idéale". Femme introuvable, imaginée, qu'on nous impose d'être. Je dois être jalouse, tiens! Idéal tient donc du fait de faire partie des élus et fait échapper à la justice... Ça me fait tiquer, tiens... Mais je continue à cuver ça... trop intéressant...

 

marie-chantal | Le 28/10/2005 à 23:51 | [^] | Répondre

L'idéal, trop cher?

>Marie-Chantal
Pas mal pas mal, dis donc!
Voilà plusieurs lectures et ouvertures fortes.
Mais entre "avoir un idéal" et "être une femme idéale" il y a une sacrée marge, que le big bizness s'efforce de remplir.
Tu as raison: la femme idéale est un objet, elle est mise à la vente comme telle.
Avoir un idéal est autre chose et te semble suranné, vieillot.
Soit c'est le terme, soit la notion:
Si c'est la notion, pourquoi le fait d'entretenir un rêve serait-il déjà hors de question? La fin de l'individu, remplacé définitivement par l'égoïste? Le consommateur assujetti vainqueur du créateur, du visionnaire?
Si c'est le terme qui te semble vieillot, je comprends cela, et alors trouvons en un autre, mais il est sur la même racine qu'idéologie qui fonctionne toujours très bien malgré son passif de centaines de millions de morts violentes, et idées, qui ne parviennent plus à passer.
Mais le constat est le même que pour l'idéal en tant que notion (eh oui Marie-Chantal: la sémantique peut casser des briques, comme tu sais!): si l'illusion personnelle qu'on peut agir sur son destin (ou parcours, ou vie) entretenue par un jeune homme ou une jeune fille n'est qu'une conception vieillotte, et que la voie trop étroite n'a plus de place que pour l'idéologie, alors nous sommes dans la vraie guerre des civilisations.
Non pas celle dont parlait Huntington, qui posa les fondations des théories folles de Perle, Wolfowitz, Libby, Kaplan et autres Cheney (on ne mentionnera pas Bush, qui ne sait pas lire), mais la guerre de civilisation plus profonde: celle où l'individu continue d'exister et de vivre ses différentes phases biologiques, spirituelles et intellectuelles contre celle, annoncée et espérée par la Folie Financière, de l'humain, prévisible, prévu et corrigé, convaincu que plus rien n'est à faire, car tout se fera, tout est fait.
Fukuyama, La fin de l'Histoire.

Pour ma part, je réfute cette constatation, cette résignation, cet abandon, et je ne pense pas que ce soit lié à mon compte en banque.
Celà fait partie de la dette humaine.
Ne serait-ce que pour les plus jeunes que moi, ne serait-ce que pour les sociétés de pays émergeants, il m'est impossible d'en rester là et de me contenter de prendre un air compassé devant les images habituelles de mla misère.
Ayoub reprenait très bien la phrase d'Andy Warhol en énonçant que "les crises et les massacres ont leur quart d'heure de célébrité".
C'est pourquoi, (et si le terme idéal ne plaît pas, qu'on le remplace par un équivalent plus moderne) le rêve doit survivre!
Que ceux qui l'ont abandonné se retournent sur ce qu'ils ont été, constatent ce qu'ils peuvent encore être.
Que ceux qui n'ont pas commencé à écrire leurs propres paroles ne se disent pas qu'il n'auront aucune incidence sur l'avenir, car l'avenir est leur vie.
Et combien de choses ne sont-elles pas nées d'un rêve?
Je ne sais pas ce que tu veux dire exactement par "allés en coopération internationale", mais je constate que beaucoup de jeunes, hommes et femmes, répondent aux appels, créent des outils subversifs compétitifs, inventent de nouvelles manières d'agir politiquement en grillant les vieux ou pas si vieux hommes et femmes au pouvoir.
Certains outils d'aujourd'hui, bien utilisés, ont démontré leur efficacité dans les stratégies de faible au fort.
La vie n'est pas une question économique: elle est une obligation.
Mais être une femme idéale, tsst tsst, Marie-Chantal,...:-)
Et être un alligator idéal?

 

leblase | Le 29/10/2005 à 01:11 | [^] | Répondre

Mon paletot aussi devenait idéal

Il est tard et je commence par vous demander pardon de n'avoir lu que le commentaire d'Ayoub. Je lirai les autres demain soir, lorsque je serai de retour dans mon pays. Il m'arrive parfois, à te lire LeBlase, d'être pris de l'étrange sentiment que tes questions ont des réponses en moi. Ce soir, ce sentiment est d'autant plus étrange que je suis crevé et incapable à présent que je me mets à répondre d'aligner deux pensées l'une devant l'autre. Seulement, il y a eu un éclair à la lecture de ton texte, obscur à dessein comme d'habitude, mêlant le premier, le second et tous les degrés intermédiaires, confondant les mots pour mieux laisser au commentateur le soin de répondre tout en posant lui-même la question.

Alors, je vais juste parler de l'éclair. De ces choses qu'il me semble avoir comprises, quoique j'en doute. Je relirai tout ça demain et je verrai si j'ai quelque chose à ajouter ou si je n'ai rien à ajouter, à part le doute qui se sera sur moi à nouveau refermé.

Voici : le problème de l'idéal, tout comme celui de l'idéologie, c'est que lorsque l'un ou l'autre sont trop majoritairement partagés, ils prétendent à l'universalité, ils deviennent des diktats et n'admettent plus d'alternative.

Alors, oui, j'ai des idéaux, mais je les réserve au cadre intime.

 

wawa | Le 29/10/2005 à 01:49 | [^] | Répondre

Re: Mon paletot aussi devenait idéal

>wawa,
Tu m'impressionnes, et même si ce n'est pas la première fois, tu y ajoutes une part revendiquée d'intimité, en ce sens que tu décris un de tes processus de réaction.
C'est donc un avis fort.
Et ton éclair résume aussi une vérité profonde, dont l'Histoire témoigne depuis toujours: l'effet de taille influe et modifie l'idéal en idéologie.
De la démarche personnelle du Boudha Gautama à l'instinct de survie de Gengis Khan chassé de son clan avec sa mère et ses frères alors qu'il était enfant; du Christ et de ses poteaux ultérieurement dénommés apôtres à la Chrétienté (idem pour Mahomet); de Robespierre et St-Just à la Terreur Montagnarde; de la bande de zozos lisant Marx alors qu'ils étaient en exil soit dans le XIVème arrondisement de Paris pour Lénine ou en Allemagne pour Trotsky et consorts au Stalinisme.
S'ajoute à celà le pervertissement de l'égo: en prenant de l'ampleur, les porteurs d'une intuition ou d'une technique spirituelle ou politique,  vecteurs d'un idéal auquel personne n'aurait rien à redire genre égalité, liberté justice abandon de la souffrance, etc deviennent de dangereux  psycho-rigides, oppressifs convaincus que leurs idées premières (auxquelles ils ont fini par s'identifier comme seuls détenteurs) sont les seules valables, ils se convainquent aussi que la fin justifie les moyens.
Et là, c'est la merde.
Parallèlement, si l'on prend l'historique de certains groupuscules à qui il a suffi de donner un effet de masse pour que, comme tu le dis, leurs idéaux se transforment et se corrompent en idéologie extrémisée.

Ainsi, pour vaincre et discréditer l'OLP, les Israeliens ont cru malin il y a une vingtaine d'années ou plus, de leur mettre un rival dans les pattes. ils ont donc aidé le Hamas (souvent à son insu, mais pas toujours) à se développer. Ce groupuscule prenant de l'ampleur a dû se radicaliser pour se distinguer du rival local (historique mais corrompu) et son idéal initial d'une assistance sociale faitre selon les principes de charité religieuse de l'Islam s'est transformé sous la pression enemie-et pour satisfaire ses financiers notamment salafites en une secte justifiant au nom du Prophète suicide et sacrifice d'innocents-une donnée totalement contraire à l'Islam.
Inutile de dire que depuis, les Israeliens s'en mordent les doigts.
C'est une vieille technique que les Anglais ont beaucoup utilisée eux-mêmes en Irlande et en Ecosse, ainsi que dans toutes les colonies..
Que les Américains et Français arborent sans vergogne: l'idéal de liberté et d'égalité ne tient pas debout quand les partenaires disposent au départ de moyens totalement déséquilibrés.
Là, ce n'est plus tellement une idéologie, qu'une bonne idée pour mieux exploiter son soi-disant égal..

 

leblase | Le 29/10/2005 à 12:26 | [^] | Répondre

Mon paletot aussi devenait idéal

Tu vises juste, LeBlase, en parlant d'intimité à propos de ma réaction d'hier. J'avais beau affirmer ma volonté de circonscrire la portée de mes idéaux au domaine intime, ma réaction à chaud portait la marque d'une distanciation affectée. Et ton développement épingle, parmi d'autres, les deux grands débats internes qui ont ébranlé les idéaux de mon enfance : comment l'idéal chrétien a pu mener aux inquisitions et aux massacres, comment l'idéal communiste a pu mener aux épurations, à la coercition du peuple et aux massacres ? Porteur paradoxal de ces deux idéaux, j'étais promis à la faillitte idéale, comme celle qui s'est fait jour dans le mur de Berlin ajouré. Il y avait aussi l'idéal de la France, autre écoeurement, autre tristesse.

Or la sape n'a pas atteint que mes idéaux. J'aurais bien pu y passer moi-même. Il est dangereux de croire. Il est aussi dangereux d'inciter les "djeuns" à croire... Non qu'il soit mauvais (ou bon) de croire. Mais ce n'est pas anodin. L'argument du pari de Pascal ne me convainc pas. On mise plus qu'on ne croit à ce jeu-là. Alors la réaction qui consiste à ne plus croire en rien m'apparaît assez naturelle et saine. Elle tient du pragmatisme. Et de la prudence. Certes, je ne fais que repousser les questions : faut-il être prudent ? Est-ce une réaction de petit vieux comme tu le dis dans plusieurs réponses à d'autres commentaires ?

Il y a aussi pour moi une autre question dans ce débat. Avoir un idéal, par définition encore irréalisé, c'est croire dans un progrès. Or en admettant qu'il existe une voie meilleure que les autres pour vivre sa vie, peut-on considérer comme un progrès que tous prennent cette voie ? Pour tourner la question différemment, n'y a-t-il pas des vérités qui sont éminemment subjectives, des vérités - lumineuses, secourables - qui n'ont de portée que personnelle ? Parmi lesquelles la question du sens de la vie ?

 

wawa | Le 30/10/2005 à 00:14 | [^] | Répondre

Re: Mon paletot aussi devenait idéal

wawa

Je fais depuis longtemps (car comme toi et comme tu l'as compris, on m'a lavé le cerveau à la croyance, on m'a sans cesse dit que le doute lui-même était péché) une différence entre croyance et foi. Et je ne mets pas de majuscule à foi.
Je pense comme toi: croire, et amener des jeunes à croire, est dangereux, souvent à effets pervers, et c'est faire atteinte à ce que je considère comme la plus grande qualité de l'homme: la curiosité.
Alliée à la néoténie, c'est ce qui a permis au génie humain d'aller si loin, dans tant de directions (d'accord d'accord, il aurait pu se dispenser d'aller si loin dans la destruction et la cupidité).
Si tu es aliéné dans la croyance (même si celle-ci t'exalte) tu deviens alors détenteur de la Vérité,- et par extension tout ce qui ne s'y conforme pas doit être rejeté: c'est le chemin de l'étroitesse.
C'est pourquoi ma phrase préférée, empruntée à Wittgenstein, est : "moins il y a de doute, moins il y a de savoir".
Douter, vouloir constater par soi-même sont de fantastiques moteurs de vie.
Quant à la foi, je la réserve à l'intimité: j'ai foi en moi quand vient l'heure de l'épreuve.
Après tout, je n'ai pas le choix.
Personne d'autre n'est responsable de ma vie, de mes choix, et donc de la continuation de cette vie.
Et nous nous rejoignons là encore: la question du sens de la vie est une affaire strictement personnelle, perpétuellement changeante, insistante, dérangeante.
Vitale, quoi;-)

 

leblase | Le 30/10/2005 à 17:51 | [^] | Répondre

Re: Mon paletot aussi devenait idéal

wawa...

j'aime beaucoup ce rapprochement que tu fais entre l'idéal et la croyance.  On veut facilement nous fabriquer un modèle, une Voie, ou alors on se le fabrique soi-même, mais croire n'est-il pas en définitive un déni total de notre capacité à savoir.  J'aime le doute, j'aime ne pas être convaincue par un concept, même miroitant.  Je n'y vois aucun cynisme, au contraire, c'est l'acceptation des choses comme elles sont, et l'ouverture vers tout ce qui pourrait devenir possible, sans étroitesse de vue.  Et c'est vrai que cela peut être très personnel comme chemin. ( Pardon, j'ai toujours de la difficulté à avoir un propos articulé et sensé, moi et les mots on n'est pas vraiment en bons termes...)

 

Kayenne | Le 01/11/2005 à 01:21 | [^] | Répondre

Re: Re: Mon paletot aussi devenait idéal

Bonjour Kayenne,

Désolé d'avoir tardé à répondre, j'ai été assez occupé en début de semaine. Tout d'abord, non seulement ton propos est sensé et bien articulé, et très intéressant, mais encore, après avoir lu une partie des notes de tes 3 blogs, je dirais que tu es l'une de celle qui aborde le mieux la question parmi les blogs que je connais : tu l'abordes par des poèmes.
C'est une des choses qui me gênent dans le blog de LeBlase : il aborde des questions qui n'ont pas de réponse universelle (selon moi au moins), et on est tenté (moi le premier) de vouloir quand même y chercher une réponse rationnelle, par un discours argumenté, cartésien, hegelien thèse-anti-thèse-synthèse etc... Or le langage recèle d'autres trésors que celui du discours logique, surtout pour parler des questions philosophiques. LeBlase parlait plus haut de Wittgenstein, dont le seul livre publié de son vivant est un recueil d'aphorisme sans aucune articulations logiques bien qu'ils traitent pour l'essentiel... de la logique ! J'avais voulu souligner ça en mettant en titre de mes commentaires un vers de Rimbaud (rolala comme c'est nul de relever moi-même mes propres effets...) mais je tombe moi aussi dans le panneau en développant une argumentation raisonnée. La prochaine que je commente ici, je crois que je suivrai ton exemple : j'écrirai un poème, même si je ne suis pas franchement doué pour la chose.

Pour le reste, je doute davantage que tu ne l'imagines :) Lorsque tu dis "On veut facilement nous fabriquer un modèle, une Voie, ou alors on se le fabrique soi-même, mais croire n'est-il pas en définitive un déni total de notre capacité à savoir." par exemple, je ne suis pas sûr d'être d'accord. Outre les tentatives de manipulation par l'idéal ou la foi ("On veut facilement nous fabriquer un modèle") que je rejète évidemment, il me semble que l'idéal ou la foi partagés recèlent quelques beautés : n'est-ce pas le principe fondateur de la culture ? N'est-ce pas ce que nous allons rechercher lorsque nous voyageons, d'autres idéaux, d'autres fois ? La différence entre culture et foi est probablement que la culture est essentiellement inconsciente. Bref. Pour en revenir à l'idéal, il peut être un moteur pour de grandes actions, et partagé, il peut être un ciment pour un groupe ou une société, le lieu d'une rencontre... Ou au contraire comme je le disais plus haut, un instrument d'exclusion, de discrimination et d'oppression.

Alors, où est la vérité ? Moi je doute quoiqu'il me reste quelques idéaux même salis par les prises de conscience successives. D'autres ont des certitudes. Qui a raison qui a tort ? Personne peut-être. Ils m'apportent leurs certitudes, je leur apporte mon doute. Peut-on s'en tirer par cette pirouette : personne n'a raison, personne n'a tort, tout le monde est complémentaire ? Je ne crois pas, si l'on gratte bien on trouvera là encore problèmes et paradoxes. Alors ? Alors ?

Alors... Alors j'aime bien que tu écrives des poèmes.